La succession royale peut sembler bien ordonnée sur le papier, mais l’histoire se déroule rarement comme un arbre généalogique. Un seul décès peut faire avancer un frère ou une sœur plus jeune, créer une revendication contestée, déclencher une guerre civile ou confier le pouvoir à quelqu’un dont personne n’aurait imaginé qu’il régnerait. Parfois, la personne décédée était le maillon d’une chaîne dont personne ne se rendait compte de l’importance jusqu’à ce qu’elle se brise. Voici 20 décès qui n’ont pas seulement mis fin à des vies ; ils ont changé des couronnes, des royaumes et le plan de table très compliqué de l’histoire.
1. William Adelin
William Adelin était le seul fils légitime du roi Henri Ier d’Angleterre, ce qui faisait de lui l’héritier de la dynastie normande. En 1120, il se noya lors du naufrage du « White Ship », laissant son père sans héritier mâle désigné. Ce décès contribua à déclencher la longue guerre civile connue sous le nom d’« Anarchie », qui fut à peu près aussi réjouissante que son nom le laisse entendre.
2. Arthur Tudor
Arthur Tudor était le fils aîné d’Henri VII et l’héritier légitime de la maison Tudor. Il épousa Catherine d’Aragon, mais mourut en 1502 à l’âge de 15 ans seulement, propulsant son frère cadet Henri sur le devant de la scène. Ce dernier devint Henri VIII, épousa Catherine à son tour et finit par bouleverser l’histoire religieuse de l’Angleterre en tentant de mettre fin à ce mariage, déclenchant ainsi la Réforme anglaise.
3. Édouard, le Prince Noir
Édouard, dit le Prince Noir, était le célèbre fils aîné du roi Édouard III et semblait destiné à devenir roi. Il mourut en 1376, un an avant son père, ce qui fit que la couronne revint à son jeune fils. Ce garçon devint Richard II, dont le règne tumultueux se termina par une destitution et contribua à déclencher les conflits ultérieurs autour du trône d’Angleterre.
4. Richard II
Richard II ne mourut pas paisiblement sur le trône ; il fut destitué par Henry Bolingbroke en 1399 et mourut plus tard en captivité. Sa destitution et sa mort permirent à Bolingbroke de devenir Henri IV, marquant ainsi le début de la lignée des rois lancastriens. Ce changement ne régla pas tout, car les revendications rivales de la branche yorkiste contribuèrent par la suite à alimenter la Guerre des Deux-Roses.
5. Henri VI
Henri VI fut deux fois roi d’Angleterre et fut deux fois submergé par la violence de la guerre des Deux-Roses. Après que les Yorkistes eurent rétabli Édouard IV au pouvoir en 1471, Henri mourut à la Tour de Londres. Sa mort élimina le principal roi lancastrien de la partie et renforça l’emprise d’Édouard IV sur le trône.
6. Édouard V
Édouard V fut l’un des célèbres « princes de la Tour », et son bref règne ne fut jamais vraiment exercé dans les faits. À la mort de son père, Édouard IV, le jeune Édouard fut proclamé roi, mais son oncle Richard prit le pouvoir et devint finalement Richard III. Édouard et son frère disparurent, et leur mort présumée ouvrit la voie au règne de Richard.
7. Richard III
La mort de Richard III lors de la bataille de Bosworth en 1485 a bouleversé la monarchie anglaise en l’espace d’un après-midi. Sa défaite a permis à Henri Tudor de monter sur le trône sous le nom d’Henri VII, mettant fin à la lignée des Plantagenêt et marquant le début de la dynastie des Tudor. La victoire d’Henri a également contribué à mettre un terme à la Guerre des Deux-Roses, du moins sur le plan politique.
8. Le prince Henri-Frédéric
Le prince Henri-Frédéric, fils aîné de Jacques Ier d’Angleterre, était considéré comme un héritier prometteur et dynamique. Il mourut de la fièvre typhoïde en 1612, laissant son frère cadet Charles comme nouvel héritier. Charles devint plus tard Charles Ier, et ses conflits avec le Parlement conduisirent à la guerre civile et à son exécution.
9. Le prince William, duc de Gloucester
Le prince Guillaume, duc de Gloucester, était le seul enfant de la reine Anne à avoir survécu à la petite enfance ; il jouait donc un rôle crucial dans la succession protestante. Il mourut en 1700 à l’âge de 11 ans, laissant Anne sans héritier direct. Sa mort contribua à l’adoption de l’Acte de succession, qui finit par amener les Hanovriens sur le trône britannique.
10. La princesse Charlotte de Galles
La princesse Charlotte était l’unique enfant légitime et très chérie du futur George IV, et semblait promise à devenir reine. Sa mort en couches, en 1817, provoqua une véritable panique quant à la succession, car la génération suivante semblait soudainement dangereusement dépourvue d’héritiers. Les fils célibataires de George III se précipitèrent alors pour engendre des héritiers légitimes, et l’un de ces enfants était la future reine Victoria.
11. Frédéric, prince de Galles
Frédéric, prince de Galles, était le fils aîné du roi George II et était destiné à hériter du trône britannique. Il mourut en 1751 avant son père, de sorte que la succession revint à son fils. Ce petit-fils devint George III, le roi dont on se souvient pour la Révolution américaine et son très long règne.
12. Alexandre III d'Écosse
Alexandre III d’Écosse mourut en 1286 après être tombé de cheval, et sa mort posa un grave problème de succession. Ses enfants étaient déjà décédés, laissant sa jeune petite-fille Marguerite, la Pucelle de Norvège, comme héritière. L’avenir de la royauté écossaise dépendait soudainement d’une enfant vivant loin de là.
13. Marguerite, la demoiselle de Norvège
Margaret, la « demoiselle de Norvège », hérita de la couronne d’Écosse alors qu’elle était encore enfant, mais elle mourut en 1290 alors qu’elle se rendait dans son royaume. Sa mort laissa l’Écosse sans monarque légitime et ouvrit la voie à des revendications concurrentes de la part de puissants nobles. Ce conflit finit par amener Édouard Ier d’Angleterre à jouer le rôle d’arbitre, marquant ainsi le début de la longue lutte de l’Écosse pour son indépendance et sa souveraineté.
14. Louis, duc de Bourgogne
Louis, duc de Bourgogne, était le petit-fils de Louis XIV de France et l’héritier présomptif après son père. En 1712, il mourut lors d’une épidémie qui emporta également son épouse et l’un de ses fils. Ces décès ne laissèrent qu’un seul enfant en vie, qui devint par la suite Louis XV.
15. Charles II d'Espagne
Charles II d’Espagne mourut en 1700 sans descendance, mettant ainsi fin à la lignée des Habsbourg d’Espagne. Son testament désignait Philippe d’Anjou, petit-fils de Louis XIV de France, comme héritier, mais ce choix terrifia les autres puissances européennes. Il en résulta la guerre de Succession d’Espagne.
16. Toutankhamon
Toutankhamon mourut jeune sans laisser d’héritier, ce qui rendit la succession royale égyptienne instable. Après sa mort, le vieux courtisan Ay monta sur le trône, suivi plus tard par Horemheb, qui effaça une grande partie de l’héritage royal de l’époque d’Amarna. Si la renommée de Toutankhamon repose aujourd’hui sur sa tombe, sa mort eut une importance politique, car elle contribua à mettre fin à une lignée royale fragile.
17. Alexandre le Grand
Alexandre le Grand mourut en 323 av. J.-C. sans avoir laissé d’héritier adulte capable de diriger son vaste empire. Son demi-frère et son fils à naître faisaient certes partie de la ligne de succession, mais le pouvoir réel tomba rapidement entre les mains de ses généraux. L’empire se fragmenta en royaumes rivaux dirigés par les Diadoques.
18. Le prince héritier Rodolphe d'Autriche
Le prince héritier Rodolphe, héritier du trône austro-hongrois, est décédé en 1889 lors de l’affaire de Mayerling. Sa mort a détourné la succession de la lignée directe de l’empereur François-Joseph et a finalement contribué à faire de François-Ferdinand l’héritier présomptif. Cela a eu une importance considérable, car l’assassinat de François-Ferdinand a par la suite déclenché la crise qui a conduit à la Première Guerre mondiale.
19. L'archiduc François-Ferdinand
L’archiduc François-Ferdinand était l’héritier du trône austro-hongrois lorsqu’il fut assassiné à Sarajevo en 1914. Sa mort fit passer la succession à l’archiduc Charles, qui devint plus tard l’empereur Charles Ier après le décès de François-Joseph en 1916. Bien sûr, cet assassinat déclencha également une série d’événements qui conduisirent à la Première Guerre mondiale.
20. Nicolas Alexandrovitch de Russie
Nicolas Alexandrovitch était le fils aîné du tsar Alexandre II et l’héritier initial du trône de Russie. Il mourut en 1865, ce qui fit de son frère cadet Alexandre le nouvel héritier. Ce dernier devint plus tard Alexandre III, dont le règne conservateur a façonné le contexte dont hérita son fils, Nicolas II.