Sortir de chez soi à l’époque du Pléistocène était une expérience totalement différente d’une simple balade dans une rue de banlieue d’aujourd’hui. Nos ancêtres partageaient le paysage avec toute une galerie de prédateurs gigantesques, allant des mammouths laineux imposants aux tigres à dents de sabre dotés de crocs aussi grands que des couteaux à steak. Dépourvus d’armure naturelle, de griffes acérées ou d’une vitesse fulgurante, les premiers humains devaient compter entièrement sur leur intelligence et leur créativité pour éviter de devenir un en-cas rapide pour la mégafaune locale.
1. La technique de la pique avec appui
On pourrait imaginer que les chasseurs de l’Antiquité lançaient sans cesse leurs armes à travers les airs. Mais lancer un bâton sur un mastodonte qui chargeait n’aurait surtout servi qu’à l’énerver. Au lieu de cela, les humains, pleins d’ingéniosité, ont appris à enfoncer fermement dans le sol, à un angle ascendant, le talon d’une lourde lance en bois munie d’une pointe en pierre.
2. Suivi continu de l'endurance
Le fait que les humains possèdent des millions de glandes sudoripares est en quelque sorte le secret le mieux gardé de l’évolution. Ainsi, même si vous ne parviendrez sans doute jamais à battre un rhinocéros laineux à la course, si vous le suivez assez longtemps, vous finirez par le prendre de court. À la longue, la mégafaune ne peut tout simplement pas rivaliser avec notre capacité à nous rafraîchir.
3. Exploitation des pièges naturels formés par les falaises
Attaquer de front un troupeau de bisons géants, c’est le meilleur moyen de se faire encorner. Mieux vaut donc pousser le troupeau dans le vide depuis une falaise. Les hommes préhistoriques savaient parfaitement comment provoquer des ruées à l’aide de bruits et de feux. Ils attendaient ensuite que les animaux en tête du troupeau se précipitent dans le vide depuis les corniches.
Tobias Rademacher sur Unsplas5. L'atlat, une arme redoutable
Avant l’invention de l’arc et de la flèche tels que nous les connaissons aujourd’hui, les débuts de la balistique ont connu un apogée majeur avec la création du lance-javelot. Ce dispositif simple consistait en un manche en bois sculpté qui servait de prolongement du bras, permettant ainsi de lancer un javelot avec une force et une vitesse incroyables.
6. Fabrication de pièges à fosse profonde
Creuser de profonds trous demandait énormément de temps et d’énergie aux humains. Mais si toute la tribu travaillait de concert à la réalisation d’une immense fosse, il était possible d’y piéger absolument n’importe quoi. Les paresseux terrestres géants n’étaient pas assez rapides pour échapper à ces pièges soigneusement dissimulés.
7. Protocoles stratégiques de récupération
Vous n’avez pas besoin de chasser pour vous nourrir ; parfois, vous pouvez laisser les tigres à dents de sabre faire tout le travail à votre place. Les humains les plus avisés restaient à l’affût, guettant le moment où les prédateurs attrapaient une proie qu’ils pourraient déchiqueter. Une fois que ceux-ci avaient fini de manger, les humains récupéraient les restes.
8. La supériorité numérique au sein des groupes
Parcourir seul les contrées sauvages préhistoriques revenait pratiquement à s’exposer à être la proie d’un lion des cavernes. En raison de cette extrême vulnérabilité, nos ancêtres vivaient strictement au sein de groupes tribaux très organisés et soudés, qui se déplaçaient ensemble à travers le territoire. Un prédateur imposant pouvait considérer un humain isolé comme un repas facile, mais se retrouver face à une vingtaine d’adultes hurlants brandissant des bâtons acérés, c’était une tout autre histoire.
9. La domestication des premiers chiens de garde
Il y a peu de choses plus terrifiantes, la nuit, que de savoir qu’une meute de loups rôde quelque part dans les environs. Heureusement, les premiers humains se sont liés d’amitié avec ces créatures inquiétantes et profitent depuis lors de leur compagnie. Les loups avaient un odorat et une ouïe très développés. En échange, ces louveteaux recevaient de la nourriture et un abri.
10. Techniques avancées de camouflage
Savoir se fondre parfaitement dans son environnement était une compétence impressionnante lorsqu’il s’agissait de s’approcher furtivement de sa proie. Se barbouiller de boue permettait de sentir moins l’humain, et porter des peaux d’animaux permettait de ressembler moins à un humain. Si un tigre ne peut ni vous voir ni vous sentir, vous avez toutes vos chances.
11. Fabrication de pointes de projectiles toxiques
La nature offrait une vaste pharmacie de substances chimiques mortelles, à condition de savoir exactement quelles plantes et quels insectes récolter. Les premiers chasseurs faisaient bouillir certaines racines ou récupéraient le venin de grenouilles toxiques pour en enduire la pointe de leurs flèches en pierre. Même une égratignure mineure infligée par une arme empoisonnée pouvait ralentir une bête imposante.
12. Recourir aux embuscades sur les voies navigables
Les grands mammifères terrestres sont souvent particulièrement vulnérables lorsqu’ils pataugent dans de la boue épaisse ou traversent une rivière au courant rapide. Les groupes de chasseurs préhistoriques campaient patiemment près des points d’eau fréquentés, attendant qu’un mammouth imposant s’enlise partiellement dans la vase épaisse des berges. L’eau limitait considérablement la capacité de l’animal à se retourner ou à défendre ses flancs.
13. Comprendre les migrations saisonnières régionales
Les hommes préhistoriques ne se déplaçaient pas au hasard, sans savoir où ils allaient. Ils savaient où se trouvaient les grands troupeaux d’animaux terrestres à certaines périodes de l’année et planifiaient leur migration en conséquence.
14. Utilisation de leurres pour détourner l'attention
De nos jours, il faut un effort collectif pour abattre un ours gigantesque, et c’était déjà le cas à l’époque. Détourner l’attention de l’ours pendant que ses coéquipiers l’attaquaient par derrière n’était qu’une des méthodes utilisées par les humains préhistoriques pour éviter de finir en casse-croûte.
15. Porter une armure de protection à plusieurs couches
Oui, les humains de l’Antiquité portaient eux aussi des armures. Ils fabriquaient des gilets à partir de cuir épais, de peaux d’animaux et d’herbe tressée pour se protéger des attaques. Comme toutes les armures, celles-ci n’étaient pas efficaces à 100 %, mais elles suffisaient à vous garder en vie en cas de bagarre.
16. Développement de signaux sonores à haute fréquence
La survie dépendait souvent de la capacité à transmettre des informations à ses compagnons de chasse sans effrayer la proie. Comment les hommes préhistoriques s’avertissaient-ils donc mutuellement de la présence de prédateurs cachés dans l’herbe ? En imitant le chant des oiseaux.
17. Recourir massivement aux réserves de graisses
Personne ne veut gaspiller la nourriture. Ainsi, lorsque vous chassez un mammouth laineux, vous trouvez un moyen de conserver toute cette viande et cette graisse pour que votre tribu ne souffre pas de la faim. En l’absence de réfrigération, les fosses à glace et les fumoirs constituaient à peu près la meilleure solution dont disposaient les chasseurs.
18. Le choix d'habitats surélevés offrant une protection
Lorsqu’il s’agissait de trouver un lieu permanent où fonder une famille, l’altitude géographique constituait une priorité absolue pour les premiers bâtisseurs. Le choix de grottes ou d’abris sous roche situés en hauteur, sur des falaises escarpées, rendait pratiquement impossible pour les grands prédateurs lourds de grimper jusqu’à eux et de prendre les habitants par surprise. Ces habitations surélevées offraient également une vue panoramique incroyable sur la vallée en contrebas, permettant à la tribu de repérer les menaces qui s’approchaient.
19. Recours à l'intimidation sonore
Dès que vous vous sentiez menacé par un prédateur à proximité, il vous suffisait d’attirer son attention et de lui faire peur. Les humains préhistoriques excellaient à produire des bruits forts et inhabituels que les grands félins n’appréciaient guère. Inonder les oreilles d’un prédateur d’une avalanche de bruits le poussait souvent à faire demi-tour.
20. Cartographie psychologique des territoires
Pour éviter les animaux prédateurs, il suffisait souvent de savoir où ils vivaient. Les hommes préhistoriques avaient en tête des cartes très détaillées des lieux où les prédateurs aimaient nicher. Respecter ces limites naturelles et rester à l’écart des zones de nidification des prédateurs était, en fin de compte, le moyen le plus simple de rester en vie.