Si la plupart d’entre nous sont épargnés par l’embarras public d’un rejet amoureux en public, cela n’a pas été le cas pour tout le monde. Certains rejets se retrouvent consignés dans des lettres, les intrigues de cour, les projets de traités, les ragots royaux et les biographies ultérieures, où la situation embarrassante perdure bien plus longtemps que quiconque ne l’aurait souhaité. Au cours de l’histoire, un mariage avorté était rarement une simple affaire de sentiments, surtout lorsque les personnes concernées avaient des couronnes, des armées, des héritages ou leur réputation en jeu. Ces récits s’apparentent davantage à des rejets consignés dans les archives publiques qu’à des scènes de demande en mariage modernes, car beaucoup d’entre eux se sont déroulés au sein des cours, des conseils, par correspondance et sous la pression politique. Dans cette optique, voici 20 prétendants historiques dont les espoirs ont été anéantis d’une manière qui a permis au grand public de le remarquer, d’en discuter et de s’en souvenir.
1. Alcibiade et Socrate
Alcibiade était beau, ambitieux et très habitué à être admiré, ce qui rend d’autant plus mémorable sa tentative infructueuse de séduire Socrate. Dans un célèbre dialogue de la philosophie classique, il raconte avoir tenté de conquérir Socrate, pour finalement se rendre compte que le philosophe, plus âgé que lui, s’intéressait davantage à la vertu qu’à l’amour.
2. Attila le Hun et Honoria
Honoria envoya une bague à Attila pour lui demander de l’aider à échapper à un mariage dont elle ne voulait pas, mais Attila interpréta ce geste comme une demande en mariage. La cour romaine d’Occident rejeta sa demande, y compris celle, selon certaines sources, de la moitié de l’empire en guise de dot, et cette union non désirée déboucha sur une grave crise diplomatique.
3. Guillaume de Habsbourg et Jadwiga de Pologne
Guillaume de Habsbourg avait été fiancé dès son enfance à Jadwiga, mais la situation politique en Pologne a changé dès qu’elle est devenue reine. Jadwiga a fini par épouser Jogaila de Lituanie, et les prétentions au trône de Guillaume, reléguées au second plan, se sont inscrites dans une histoire bien plus vaste, celle du pouvoir dynastique et de l’union polono-lituanienne.
4. Pedro Girón et Isabelle de Castille
Isabelle de Castille était encore une jeune princesse lorsque Pedro Girón fut proposé comme époux, considéré comme un allié politique utile. Elle se serait opposée à cette union, qu’elle jugeait indigne de sa dignité, et le projet tomba à l’eau.
5. Henri VIII et Marie de Guise
Après la mort de Jane Seymour, Henri VIII envisagea de prendre Marie de Guise pour épouse. Marie refusa cette proposition et épousa à la place Jacques V d’Écosse ; la tradition lui attribua par la suite une boutade selon laquelle son cou serait trop fin pour supporter le passé matrimonial d’Henri.
6. Henri VIII et Christine de Danemark
Christina de Danemark était jeune, veuve et représentait un atout politique lorsque la cour d’Henri VIII s’intéressa à elle. Son portrait fit partie des préparatifs du mariage, mais elle aurait rejeté cette idée en déclarant que si elle avait eu deux têtes, l’une d’elles aurait pu être offerte au roi d’Angleterre.
7. Édouard Courtenay et Marie Ire
Lorsque Marie Ire monta sur le trône d’Angleterre, Édouard Courtenay semblait être un atout pour ceux qui souhaitaient qu’elle épouse un noble anglais. Marie choisit cependant Philippe d’Espagne, laissant Courtenay publiquement écarté alors que l’Angleterre était en proie à des débats sur la religion, l’influence étrangère et la future cour de la reine.
8. Le prince Édouard Tudor et Marie, reine d'Écosse
Le projet de mariage entre le prince Édouard Tudor et Marie, reine d’Écosse, constituait une stratégie dynastique majeure. L’Écosse rejeta cette alliance, et la rupture de ce projet contribua à déclencher la violente campagne anglaise connue sous le nom de « Rough Wooing ».
9. Philippe II d'Espagne et Élisabeth Ire
Philippe II avait déjà été marié à la demi-sœur d’Élisabeth, Marie Ire, lorsqu’il devint l’un des prétendants potentiels d’Élisabeth. Celle-ci refusa cette union avec l’Espagne, souhaitant éviter d’avoir pour époux un catholique dont la présence aurait pu semer le trouble dans un royaume déjà en proie à des tensions religieuses.
10. Éric XIV de Suède et Élisabeth Ire
Éric XIV de Suède fut un autre prétendant royal qui espérait qu’Élisabeth transformerait les pourparlers de mariage en une alliance. Élisabeth sut tirer parti de ces avances au service de sa politique sans se laisser piéger, et Éric vint s’ajouter à la longue liste des hommes qui avaient compris que son indépendance n’était pas éphémère.
11. L'archiduc Charles d'Autriche et Élisabeth Ire
L’archiduc Charles d’Autriche proposa à Élisabeth une autre union matrimoniale prestigieuse sur le continent, mais les divergences religieuses étaient difficiles à ignorer. Un époux catholique de la maison de Habsbourg aurait inquiété bon nombre de ses sujets ; les négociations s’essoufflèrent donc, tandis qu’Élisabeth conservait sa couronne.
12. Robert Dudley et Élisabeth Ire
Robert Dudley, comte de Leicester, était le favori d’Élisabeth, et les rumeurs qui les concernaient étaient dangereuses. Il resta à ses côtés pendant des années, mais elle ne l’épousa jamais, préférant préserver l’image publique plus sûre d’une reine appartenant à son royaume.
13. François, duc d'Anjou, et Élisabeth Ire
François, duc d’Anjou, fut celui qui se rapprocha le plus d’Élisabeth parmi tous ses prétendants, allant même jusqu’à la courtiser en personne. La perspective de leur mariage suscita l’inquiétude dans toute l’Angleterre, et après des années de flirt et de négociations, Élisabeth préféra laisser cette histoire d’amour s’éteindre plutôt que de risquer un tollé général.
14. Charles Gustave et la reine Christine de Suède
La reine Christine de Suède subissait des pressions pour se marier, et son cousin Charles-Gustave constituait le choix dynastique qui s’imposait. Christine refusa ce mariage et le désigna plutôt comme son successeur, offrant ainsi à la Suède un héritier tout en s’épargnant une vie qu’elle ne souhaitait manifestement pas mener.
15. Guillaume d'Orange et la princesse Charlotte
La princesse Charlotte de Galles a été poussée vers William, prince héritier d’Orange, dans le cadre d’une union dictée par la diplomatie et les pressions familiales. Elle a rompu ses fiançailles, en partie parce qu’elle ne souhaitait pas s’installer aux Pays-Bas, et a ensuite épousé le prince Léopold.
16. Peter Townsend et la princesse Margaret
La relation entre la princesse Margaret et Peter Townsend a fait l’objet d’un véritable cirque médiatique national, car il était divorcé et elle était la sœur de la reine. En 1955, Margaret a annoncé publiquement qu’elle ne l’épouserait pas, transformant ainsi une déception amoureuse privée en l’une des décisions royales les plus suivies du siècle.
17. Wolfgang Amadeus Mozart et Aloysia Weber
Avant d’épouser Constanze Weber, Mozart était tombé amoureux de sa sœur aînée, Aloysia, une soprano de talent. Aloysia ne partageait pas ses espoirs de mariage, et ce rejet est entré dans la biographie publique consacrée aux débuts de la carrière de Mozart et à la famille de musiciens qu’il a rejointe par la suite.
18. Hans Christian Andersen et Jenny Lind
Hans Christian Andersen admirait Jenny Lind, la célèbre chanteuse dont la renommée s’étendait bien au-delà de sa Suède natale. Lind considérait Andersen comme un ami, mais elle ne souhaitait pas l’épouser, et son amour non partagé est devenu un élément de la mythologie émotionnelle entourant sa vie et son œuvre.
19. Friedrich Nietzsche et Lou Andreas-Salomé
Les espoirs que Friedrich Nietzsche plaçait en Lou Andreas-Salomé se sont retrouvés pris dans l’un des triangles amoureux les plus étranges de l’histoire des idées. Il aspirait au mariage ; elle aspirait à l’indépendance ; et son refus l’a blessé, tout en lui permettant de préserver la liberté qui a façonné sa remarquable carrière.
20. Abraham Lincoln et Mary Owens
Bien avant d’accéder à la présidence, Abraham Lincoln avait vécu une histoire d’amour maladroite avec Mary Owens. Sa demande en mariage relevait davantage du devoir que de la passion ; elle en avait clairement conscience et avait donc décidé de le rejeter.