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Le séisme judiciaire du 20 février 2026

Pour comprendre pourquoi ce décret existe, il faut remonter au 20 février 2026. Ce jour-là, la Cour suprême des États-Unis a rendu une décision 6 contre 3 dans l’affaire Learning Resources, Inc. v. Trump : le président ne peut pas imposer des tarifs douaniers en vertu de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA). La décision est cinglante — imposer des tarifs est un pouvoir fiscal du Congrès, et l’IEEPA ne délègue pas ce pouvoir de manière suffisamment explicite. Conséquence directe : les fameux tarifs « Liberation Day » d’avril 2025, ainsi que les droits liés au fentanyl imposés à la Chine, au Mexique et au Canada, ont été invalidés. La CBP a dû commencer à traiter des remboursements qui pourraient atteindre 127 à 182 milliards de dollars.

L’administration Trump n’a pas capitulé. Elle a immédiatement pivoté vers la section 122 du Trade Act de 1974 pour imposer une surtaxe de 10 % sur presque toutes les importations pendant 150 jours. Le 7 mai 2026, le Tribunal du commerce international a jugé que ce recours à la section 122 dépassait les limites légales du texte — mais la décision est en appel, et les tarifs continuent d’être perçus en attendant. L’Atlantic Council, dans son Trump Tariff Tracker mis à jour le 17 juin 2026, note que l’administration a lancé deux grandes enquêtes au titre de la section 301 pour maintenir les recettes tarifaires « pratiquement inchangées ».

Construire une stratégie qui tient juridiquement

C’est dans ce contexte de défaite judiciaire répétée que le décret du 3 juin 2026 prend tout son sens. Plutôt que d’inventer une nouvelle base légale pour des tarifs supplémentaires — une démarche qui risquerait une nouvelle fois d’être retoquée —, l’administration Trump a choisi une voie beaucoup plus robuste : utiliser des autorités existantes, clairement inscrites dans le Code de commerce américain (19 U.S.C. 66, 1484, 1498, 1623, 1624, 4320), pour forcer la conformité douanière. Le cabinet Sidley Austin, dans son analyse du 8 juin 2026, souligne que « le signe que la politique commerciale America First de Trump vise à être complète en portée, s’étendant au-delà des nouveaux régimes tarifaires. »

La stratégie est donc double : d’un côté, reconstruire le mur tarifaire via les sections 301 et 232 — des fondements légaux que les cours ont historiquement plus de mal à invalider. De l’autre, maximiser la collecte sur les tarifs existants en traquant l’évasion, la fausse déclaration et la sous-évaluation. Le tout en s’appuyant sur des autorités douanières que le Congrès a déléguées sans ambiguïté depuis des décennies. Moins exposé aux attaques judiciaires. Beaucoup plus dangereux pour les fraudeurs.


Voilà ce qui distingue ce décret des habituelles gesticulations tarifaires : il s’appuie sur du droit douanier vieux de plusieurs décennies, pas sur une lecture créative d’une loi d’urgence. Difficile pour un juge de le renverser en deux audiences. C’est, à sa façon, un acte de maturité juridique de la part d’une administration qui en a manqué cruellement sur le dossier tarifaire.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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