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L’expansion de l’univers étire la lumière

Il y a une complication supplémentaire, et c’est là que la physique devient encore plus belle. Depuis le Big Bang, il y a 13,8 milliards d’années, l’univers est en expansion continue. L’espace lui-même s’étire. Une galaxie très lointaine ne s’éloigne pas de nous parce qu’elle se déplace dans l’espace — elle s’éloigne parce que l’espace entre nous et elle s’agrandit. Et ce phénomène a un effet direct sur la lumière : à mesure qu’elle voyage vers nous à travers cet espace en expansion, ses longueurs d’onde sont étirées. La lumière se décale vers le rouge — vers des longueurs d’onde plus longues. C’est ce qu’on appelle le décalage vers le rouge cosmologique, ou redshift.

Plus une galaxie est lointaine — et donc plus sa lumière a voyagé longtemps à travers un univers en expansion —, plus son redshift est élevé. La lumière visible qu’émettaient ses étoiles dans l’ultraviolet ou le visible, en voyageant pendant des milliards d’années, est tellement étirée qu’elle arrive jusqu’à nous dans le domaine infrarouge. C’est précisément pour ça que le James-Webb observe dans l’infrarouge : non seulement pour pénétrer les nuages de poussières interstellaires, mais surtout pour capter cette lumière antique qui a été étirée hors du spectre visible par les milliards d’années de voyage à travers un univers qui s’élargit.

Le redshift comme horodatage cosmique

Le redshift est devenu l’outil fondamental de la cartographie temporelle de l’univers. En mesurant à quelle longueur d’onde la lumière d’une galaxie arrive — et comment elle a été décalée par rapport à sa longueur d’onde d’émission initiale —, les astronomes peuvent calculer précisément depuis combien de temps cette lumière voyage, et donc à quel âge de l’univers cette galaxie existait. Un redshift de z = 1 signifie que la lumière a voyagé environ 7,7 milliards d’années. Un redshift de z = 10 correspond à une lumière émise à peine 480 millions d’années après le Big Bang. Et les records battus par James-Webb dépassent désormais z = 14.

En 2022, le JWST a confirmé la galaxie JADES-GS-z13-0 avec un redshift de z = 13,2, correspondant à une lumière qui a voyagé 13,4 milliards d’années — une galaxie vue telle qu’elle était 325 millions d’années seulement après le Big Bang, quand l’univers n’avait que 2 % de son âge actuel. Le record a depuis été pulvérisé : en 2025-2026, la galaxie MoM-z14 a été confirmée avec un redshift de z = 14,44, correspondant à un univers vieux de seulement 280 millions d’années. Sa lumière voyage vers nous depuis 13,5 milliards d’années — depuis 98 % de l’histoire du cosmos.


Chaque fois que j’essaie d’intérioriser ce que signifie « voir une galaxie telle qu’elle était 280 millions d’années après le Big Bang », quelque chose se bloque dans mon cerveau. Ça dépasse l’imagination ordinaire. Et c’est peut-être ça la plus grande valeur de James-Webb : il nous force à regarder en face l’échelle réelle du cosmos.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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