Skip to content

L’expérience de Melbourne qui a tout déclenché

En 2018, des chercheurs des Universités RMIT et Monash à Melbourne, en collaboration avec l’Université de Toulouse en France, ont conçu une expérience élégante. Deux groupes de dix abeilles ont été entraînés à distinguer des images selon le principe « plus petit que » ou « plus grand que ». Les abeilles apprenaient à s’approcher de la carte avec le moins de symboles pour recevoir une récompense en eau sucrée, ou à fuir celle avec le moins de symboles pour éviter une solution amère de quinine.

Une fois que les abeilles maîtrisaient le principe avec des valeurs entre un et six éléments, les chercheurs ont introduit une carte totalement vide — représentant le zéro. Sans jamais avoir été entraînées sur cette valeur, les abeilles du groupe « plus petit que » ont choisi la carte vide comme étant la plus petite valeur. Elles avaient extrapolé spontanément la notion de zéro comme valeur inférieure à un. Cette spontanéité est la clé : les abeilles n’apprenaient pas une règle mécanique, elles appliquaient une compréhension abstraite. L’étude a été publiée dans Science le 8 juin 2018 et a immédiatement été reprise par le CNRS, Smithsonian Magazine, Popular Science et des dizaines d’institutions scientifiques mondiales.

En 2026, les abeilles prouvent encore leur sens du nombre

En 2026, une nouvelle étude publiée dans les Proceedings of the Royal Society B (relayée par Science News et Tomorrow’s World Today) est venue contester puis finalement renforcer les résultats de 2018. Des critiques avaient soulevé l’hypothèse que les abeilles réagissaient à des indices visuels (densité, contraste) plutôt qu’aux nombres eux-mêmes. Le neuroscientifique Mirko Zanon de l’Université de Trente, en Italie, et son équipe ont reanalysé les stimuli en tenant compte de la façon dont les abeilles perçoivent réellement le monde visuel. Résultat : les abeilles répondent bien aux nombres, pas aux indices visuels accessoires. La conclusion s’est renforcée : « Nos résultats montrent que cette critique ne tient pas quand on considère la biologie de l’animal. »

Ces abeilles peuvent distinguer les quantités jusqu’à six, comprennent les relations d’ordre numérique, et semblent utiliser ces capacités dans leur environnement naturel — notamment pour évaluer les fleurs (nombre de pétales, densité de ressources). La cognition numérique des abeilles n’est pas un artefact de laboratoire : c’est une adaptation fonctionnelle sélectionnée par l’évolution pour maximiser l’efficacité du butinage.


L’évolution a donné aux abeilles le sens du nombre pour trouver les meilleures fleurs plus vite. Elles font des maths pour survivre. Et nous, on met des années à apprendre les fractions. L’intelligence est décidément beaucoup plus répandue dans la nature qu’on ne l’a longtemps cru — on fermait simplement les yeux.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!

Commentaires

0 0 votes
Évaluation de l'article
Subscribe
Notify of
guest
0 Commentaires
Nouveaux
Anciens Les plus votés
Inline Feedbacks
View all comments
Plus de contenu