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Un archipel stratégique entre deux mondes

Zanzibar est un archipel de l’océan Indien, situé à quelques kilomètres au large des côtes de Tanzanie actuelle. Au XIXe siècle, c’était une plaque tournante commerciale majeure : le commerce des épices (clous de girofle notamment), du bois de santal, et — bien qu’officiellement aboli depuis 1873 sous pression britannique — des réseaux persistants liés à l’esclavage. L’île était gouvernée par un sultanat arabo-omanais dont les sultans successifs entretenaient des relations avec les Britanniques qui oscillaient entre vassalité consentie et friction permanente.

La Grande-Bretagne avait imposé un traité de protectorat en 1890, ce qui lui donnait de facto un droit de regard sur la politique intérieure et extérieure de l’île. En clair, les Britanniques souhaitaient que le sultan de Zanzibar soit choisi parmi des candidats pro-britanniques, coopératifs sur la question de l’abolition de l’esclavage et accommodants sur les questions commerciales. Cette exigence allait provoquer, le 25 août 1896, le début de la crise la plus courte de l’histoire coloniale.

La mort du bon sultan et l’arrivée du mauvais

Le 25 août 1896, le sultan Hamad ibn Thuwaini — considéré comme pro-britannique et coopératif — mourut subitement dans des circonstances qui restèrent obscures (empoisonné, susurrent certaines sources, sans preuve établie). À peine mort, son cousin Khalid ibn Barghash s’empara du palais avec environ 2 800 hommes armés et se proclama sultan. Or Khalid ibn Barghash n’était pas le candidat préféré des Britanniques. Il était perçu comme indépendantiste, potentiellement hostile à la présence britannique, et selon les sources diplomatiques de l’époque, entretenant des ambitions de s’appuyer sur l’Allemagne — présente dans la région — pour contrebalancer la domination britannique.

Le consul britannique Basil Cave, représentant du consul général Arthur Hardinge, envoya un ultimatum clair à Khalid : évacuer le palais avant 9 heures du matin le 27 août, ou les conséquences seraient militaires. Pendant ce temps, la Royal Navy se positionnait dans le port de Zanzibar : le contre-amiral Harry Rawson commandait cinq navires de guerre — HMS St. George, HMS Racoon, HMS Philomel, HMS Thrush et HMS Sparrow — dont les canons pointaient vers le palais.


Il y a quelque chose de glaçant dans cette image : cinq croiseurs britanniques en ligne dans le port d’une île de l’océan Indien, attendant 9h du matin comme on attend l’ouverture d’un bureau. L’impérialisme avait ses procédures.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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