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L’inflation comme impôt caché sur les pauvres

L’inflation en Russie reste élevée, tirée vers le haut par les dépenses militaires massives qui injectent de l’argent dans l’économie sans contrepartie productive correspondante. Quand l’État paie des soldats et des ouvriers d’usines d’armements à des salaires gonflés par les primes, mais que ces salaires ne génèrent pas de biens de consommation supplémentaires, la conséquence mécanique est l’inflation. L’argent chasse les mêmes biens disponibles, les prix montent, le pouvoir d’achat réel se réduit.

Pour les populations les moins aisées — celles qui dépendent de salaires fixes dans le secteur public civil, les retraités dont les pensions ne suivent pas l’inflation, les travailleurs des secteurs qui ne bénéficient pas des primes militaires — cette inflation est un appauvrissement silencieux mais réel. C’est une façon pour Poutine de faire payer la guerre à sa propre population sans qu’elle puisse le voir clairement : pas par un impôt explicite, mais par l’érosion graduelle de leur niveau de vie.

Le taux directeur à 21 % : qui ça pénalise vraiment

La Banque centrale de Russie a maintenu un taux directeur d’environ 21 % pour tenter de contenir l’inflation et de défendre le rouble. Ce taux est parmi les plus élevés des grandes économies mondiales. Son effet est de rendre le crédit prohibitif pour les entreprises et les ménages qui veulent emprunter pour investir ou consommer. Les PME ne peuvent pas financer leur développement. Les ménages ne peuvent pas accéder à des prêts immobiliers raisonnables. L’économie civile productive est asséchée.

Seul le secteur militaro-industriel, financé directement par les commandes de l’État à des conditions non dictées par les taux du marché, échappe à cette contrainte. C’est une économie duale qui se met en place : un secteur de guerre prospère par injections étatiques, et un secteur civil qui dépérit sous les taux prohibitifs. Ce n’est pas une économie de guerre efficace. C’est une économie de guerre destructrice, qui mange ses propres fondations.


Un taux directeur à 21 %, c’est la Banque centrale qui reconnaît implicitement que l’économie est en danger. Quand on prescrit un médicament aussi agressif, c’est que la maladie est sérieuse. Ce taux dit ce que la propagande russe tait : l’économie ne va pas bien, et les médecins du Kremlin n’ont plus beaucoup d’options.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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