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Ce que l’AIEA a signalé ces dernières années

Pour comprendre pourquoi la question des inspections est si explosive, il faut rappeler l’historique. L’AIEA a signalé à plusieurs reprises, depuis 2018, des obstacles à ses activités d’inspection en Iran. Des sites ont été redessinés avant les inspections. Des caméras de surveillance ont été déconnectées pendant des mois. Des inspecteurs ont été bloqués à l’entrée de certains sites militaires. Des traces de matières nucléaires ont été retrouvées en des lieux non déclarés. Chacun de ces incidents a donné lieu à des protestations diplomatiques, à des résolutions de l’AIEA, et à… peu de changements concrets dans le comportement iranien.

Cette histoire nourrit le scepticisme occidental sur toute promesse iranienne d’inspections «coopératives». Les inspecteurs de l’AIEA ne sont pas naïfs — ils savent ce qu’ils n’ont pas accès et ils le signalent scrupuleusement. Mais leurs rapports produisent une documentation de la non-conformité sans déclencher de conséquences suffisamment coercitives pour changer le comportement iranien. C’est cette impuissance des mécanismes existants que le nouvel accord doit corriger — s’il est signé.

Les sites militaires : la ligne rouge iranienne

Le point de friction le plus direct concerne les sites militaires. L’Iran a toujours maintenu que les inspecteurs de l’AIEA n’avaient pas compétence pour inspecter ses installations militaires — même si des activités nucléaires s’y déroulent. Cette position est insoutenable sur le plan de la non-prolifération : si un programme d’armement nucléaire existe, c’est précisément dans les installations militaires qu’il se trouverait. Exclure ces sites des inspections revient à exclure exactement ce qu’on cherche à vérifier.

Le JCPOA de 2015 avait partiellement contourné ce problème par un mécanisme de «gestion des divergences» — en cas de désaccord sur l’accès à un site, un processus de consultation était enclenché, au terme duquel l’Iran pouvait toujours refuser. En pratique, ce mécanisme a permis à l’Iran de gagner du temps et de réduire l’intérêt de certaines inspections en modifiant les sites en question pendant les délais de consultation. Un accord solide doit prévoir un accès beaucoup plus rapide et moins conditionnel.


La formule «respect de la souveraineté iranienne» pour les inspections, je la traduis sans ambiguïté : accès limité, délais maximaux, droit de refus. C’est la formule d’un État qui veut l’apparence de la compliance sans la réalité. L’Iran l’a pratiquée avec brio depuis 2003. Si le nouvel accord ne casse pas cette logique, il n’est qu’un JCPOA 2.0 avec une durée de vie équivalente — c’est-à-dire, limitée.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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