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Que proposaient réellement les accords d’Istanbul?

Au printemps 2022, lors des premières semaines de la guerre, des pourparlers avaient eu lieu à Istanbul entre délégations ukrainienne et russe. Un projet de texte avait été esquissé. Poutine présente ces pourparlers comme la preuve de la bonne volonté russe et comme la base de nouvelles négociations. Mais que disait réellement ce projet? Il exigeait notamment une Ukraine «neutre» — sans alliance militaire, sans forces armées significatives, sans garanties de sécurité de l’OTAN — et reconnaissait implicitement des «réalités territoriales» favorables à la Russie.

Ces accords, si l’Ukraine les avait signés à l’époque, auraient créé un État ukrainien démilitarisé, sans défense crédible, à la merci d’une nouvelle agression russe au moment jugé opportun par Moscou. C’est ce que Poutine appelle «la base de la négociation» en 2026, auquel il ajoute les «réalités du terrain» — c’est-à-dire la reconnaissance des territoires occupés, incluant le Donbass, la Zaporijjia, la Kherson et la Crimée. La traduction directe est: l’Ukraine renonce à son intégrité territoriale, à sa sécurité et à son avenir dans l’OTAN. C’est une reddition, habillée en traité de paix.

L’ISW décortique les positions de Poutine et Lavrov

L’Institute for the Study of War a analysé le 23 juin 2026 les déclarations de Poutine et du ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov sur les négociations. Sa conclusion est sans appel: leurs positions «réaffirment les buts de guerre de 2022», soit la capitulation totale de l’Ukraine. Il n’y a pas de signe d’une évolution vers des termes que l’Ukraine pourrait accepter avec sa dignité et sa sécurité préservées. La rhétorique de la négociation est de la propagande, pas une offre diplomatique sérieuse.

La Meduza, publication russe indépendante en exil, a rapporté le même jour les déclarations de Poutine sur sa «volonté de négocier sur la base des accords d’Istanbul». La couverture de Meduza est particulièrement précieuse parce qu’elle permet de comprendre comment ces messages sont construits pour le public russe interne — où il faut projeter l’image d’un Poutine pacifique face à une Ukraine agressive — et pour le public international — où la même rhétorique est utilisée pour semer le doute dans les coalitions de soutien à l’Ukraine.


Les accords d’Istanbul de 2022 sont devenus le mantra de tous ceux qui veulent une paix rapide sans se soucier de ses conditions. Je veux dire clairement: une paix fondée sur ces termes n’est pas une paix. C’est une pause avant la prochaine guerre, avec une Ukraine encore plus affaiblie et une Russie revigorée par sa victoire. Appeler ça la «paix», c’est un mensonge que les dirigeants occidentaux ne peuvent pas se permettre d’avaler.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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