Garder un foyer moderne impeccable demande un peu d’huile de coude, mais vous pouvez vous estimer heureux d’avoir des aspirateurs, des sprays antibactériens et la plomberie intérieure. Si vous remontiez quelques siècles en arrière, vous découvririez un univers domestique où la propreté était motivée par le désespoir, la superstition et un manque stupéfiant de sécurité chimique. Nos ancêtres menaient une lutte sans fin contre la suie, la vermine et la crasse, et leurs solutions étaient souvent bien plus dangereuses que la saleté qu’ils tentaient d’éliminer.
1. Le pouvoir corrosif de la soude caustique
Avant l’invention des détergents doux, les femmes au foyer utilisaient de la lessive maison pour éliminer la graisse et désinfecter les plans de travail. Elles fabriquaient ce détergent nocif en faisant tremper de la cendre de bois dur dans de l’eau jusqu’à ce que le mélange devienne suffisamment alcalin pour dissoudre les huiles et les graisses. On risquait de se brûler la peau.
2. Blanchiment des tissus
Dans le monde préindustriel, si l’on voulait que son linge taché retrouve son éclat et sa blancheur, le mieux était de se rendre au pot de chambre. Les gens récupéraient de l’urine vieillie, qui se décompose en ammoniac, pour l’utiliser comme puissant agent blanchissant et lessive. Les blanchisseuses passaient des heures les mains plongées dans des baquets d’urine fermentée, piétinant les draps pour faire pénétrer ce liquide nauséabond dans les fibres du tissu.
3. L'arsenic comme traitement des murs
Les propriétaires de l’époque victorienne raffolaient d’un magnifique papier peint d’un vert profond qui recelait un secret toxique. Cette couleur intense était obtenue à partir d’un composé d’arsenic et de cuivre qui, à chaque fois que l’on nettoyait les murs, s’effritait en une poussière toxique. Les familles s’empoisonnaient littéralement.
4. Balayer la poussière avec des feuilles de thé humides
Avant l’apparition des aspirateurs, les tapis attiraient irrésistiblement la saleté, la suie et les larves de puces. Pour éviter que des nuages de poussière n’envahissent la maison pendant le balayage, les femmes de ménage répandaient des feuilles de thé usagées et humides sur le sol afin de retenir les particules en suspension. Elles balayaient ensuite ces feuilles mouillées et tachées à l’aide d’un balai pour rassembler la saleté incrustée.
5. Blanchir les murs avec du plomb toxique
Si l’on voulait égayer une pièce avant l’apparition de la peinture, on pouvait recouvrir les murs de chaux. La chaux était souvent mélangée à des métaux lourds comme le plomb, qui s’effritaient facilement au fil du temps. Les enfants et les animaux domestiques ingéraient alors les éclats qui se retrouvaient sur le sol.
6. Lutte contre les insectes à l'aide de chlorure de mercure
Les insectes étaient un véritable cauchemar dans les vieux matelas, et nos ancêtres n’hésitaient pas à recourir à des mesures extrêmes pour s’en débarrasser. Ils peignaient leurs sommiers avec une solution de chlorure de mercure, un composé de métal lourd extrêmement toxique qui persiste dans l’environnement pendant des années. Dormir dans ces lits traités revenait à inhaler chaque nuit des vapeurs invisibles et nocives pour le cerveau.
7. Nettoyer les casseroles avec du sable et des cendres dangereux
Les poêles d’autrefois, avant l’apparition des revêtements antiadhésifs, se recouvraient d’épaisses couches de graisse brûlée et de suie. Pour éliminer ces vilaines traces noires, les cuisiniers frottaient leurs poêles avec des mélanges abrasifs composés de sable, d’os pulvérisés et de cendre de bois. À force d’utilisation, ce mélange finissait par user la poêle.
8. Les planchers en paille pourrie dans les maisons de style Tudor
Dans les grandes demeures d’antan, on utilisait souvent du jonc et de la paille pour recouvrir les sols en pierre humides et absorber les restes de nourriture et les boissons renversées. Au lieu d’enlever complètement ces débris sales, les domestiques se contentaient généralement de jeter une nouvelle couche de paille par-dessus les anciens déchets en décomposition. Cela créait, juste sous vos pieds, un milieu spongieux et répugnant, véritable nid à souris, à poux et à bactéries ancestrales.
9. Laver le linge avec de la bile de bœuf caustique
À l’époque, le savon était trop abrasif pour laver certains vêtements, comme la soie ou la laine. À la place, les gens utilisaient de la bile de vache pour nettoyer leurs vêtements délicats, car elle éliminait la graisse sans abîmer les tissus teints. Il fallait vraiment aimer l’odeur de viande rance qui se dégageait de vos vêtements chaque fois que vous les portiez.
10. Nettoyer les sols à l'acide sulfurique
Les usines de l’ère industrielle et les habitations urbaines se couvraient souvent d’épaisses couches de suie de charbon graisseuse que le savon ordinaire ne parvenait pas à éliminer. Les femmes de ménage recouraient à de l’acide sulfurique dilué pour décaper le goudron noir qui recouvrait la maçonnerie et les foyers en pierre. Un seul faux mouvement avec le seau pouvait abîmer vos vêtements, faire fondre vos bottes ou vous rendre aveugle à vie d’une simple éclaboussure.
11. La conservation des livres à l'aide d'acide carbolique toxique
Les livres étaient exposés aux rongeurs et aux vers, qui rongeaient les pages et détruisaient des collections entières. Les propriétaires vaporisaient de l’acide phénique sur les étagères pour empêcher la vermine de ronger ces ouvrages coûteux. Or, l’acide phénique provoque des lésions pulmonaires à long terme.
12. Désodoriser les pièces en brûlant du charbon de bois
Sans ventilation adéquate, les maisons anciennes se mettaient rapidement à sentir la laine humide, la nourriture pourrie et la sueur. Pour lutter contre cette odeur nauséabonde, les gens disposaient dans toute la maison des casseroles en fer remplies de charbon incandescent, censées absorber les odeurs grâce à la fumée et à la chaleur. Cette pratique remplissait souvent les chambres non ventilées de monoxyde de carbone mortel, transformant ainsi une simple astuce de désodorisation en un piège mortel pendant le sommeil.
13. Désinfection des couvertures à la vapeur brûlante
Si un proche contractait une maladie, il fallait laver ses draps avec le plus grand soin et en prenant toutes les précautions nécessaires. Les femmes faisaient bouillir de grandes couvertures en laine jusqu’à ce qu’elles rétrécissent, puis en pressaient la vapeur toxique au-dessus de leur tête.
14. Purifier l'air grâce aux vapeurs toxiques de vinaigre
Lors des épidémies de peste ou de fièvre jaune, les gens croyaient que les mauvaises odeurs présentes dans l’air étaient la véritable source de la maladie. Les propriétaires versaient du vinaigre fort sur des plaques de fer chauffées afin de remplir leurs habitations de nuages épais et âcres de vapeur acide. L’inhalation de ces vapeurs concentrées irritait les poumons et la gorge, rendant ainsi toutes les personnes présentes à l’intérieur plus vulnérables aux véritables infections respiratoires.
15. Nettoyer les vitres avec des pommes de terre pourries
Avant le XXe siècle, il n’existait pas de produits nettoyants pour vitres vendus dans le commerce ; il était donc difficile de nettoyer les vitres. Une astuce consistait à frotter les vitres avec la face coupée d’une pomme de terre crue, puis à les essuyer avec du papier journal.
16. Parfumer les placards avec des boules de naphtaline
La nécessité de protéger les garde-robes d’hiver contre les dégâts causés par les insectes a conduit à l’utilisation généralisée du naphtalène, le principe actif des boules antimites traditionnelles. Ces petites sphères blanches se transformaient en un gaz dense qui étouffait efficacement les insectes, mais qui était également très toxique pour les humains et les animaux de compagnie. Vos vêtements empestaient ce produit chimique pendant des mois, vous obligeant à respirer ce poison partout où vous alliez.
17. Éliminer la saleté avec du lait tourné
Croyez-le ou non, nettoyer le marbre avec du lait caillé était une méthode très répandue pour nettoyer les plans de travail. L’acide lactique éliminait les taches sans abîmer la pierre. Dommage que vous sentiez l’odeur de lait tourné chaque fois que vous entrez dans votre salon.
18. Nettoyer les meubles avec des résidus de combustion
Pour donner aux tables en bois un éclat brillant et lustré, les femmes de ménage d’autrefois mélangeaient de la cire d’abeille avec de la térébenthine et de la suie de lampe, c’est-à-dire la suie de carbone pure raclée à l’intérieur des lampes à huile. Cette pâte salissante était très efficace pour entretenir le bois, mais elle laissait un résidu sombre et inflammable sur tout ce qu’elle touchait. Elle emplissait également la maison de vapeurs toxiques de solvants qui provoquaient des maux de tête chroniques et des vertiges.
19. Blanchir les parquets à l'acide oxalique
Au XIXe siècle, les parquets en chêne étaient souvent blanchis pour servir de symbole de statut social. Pour ce faire, les familles frottaient leurs parquets avec de l’acide oxalique, un acide naturel extrait des feuilles d’oseille. Une fois les parquets secs, une poussière toxique restait déposée sur le sol.
20. Extermination des rats domestiques à l'aide de strychnine
Avant l’apparition des services professionnels de lutte contre les nuisibles, le fait de partager sa cuisine avec des rats était une réalité courante et désagréable du quotidien. Les propriétaires répandaient des miettes de pain mélangées à de la strychnine sur le sol du garde-manger afin d’éliminer rapidement les rongeurs. Cette méthode peu rigoureuse avait souvent pour conséquence que les chiens, les chats ou même les tout-petits curieux de la famille ingéraient accidentellement le poison à la place des proies visées.