Les portraits royaux ont toujours eu une fonction qui allait bien au-delà de la simple représentation physique d’un roi, d’une reine, d’un prince ou d’une princesse. Ils contribuaient à donner aux membres de la famille royale une image de puissance, d’imposante prestance, de sympathie, de sérieux ou de maturité pour le mariage, selon les exigences du moment. C’est pourquoi un mauvais portrait royal peut rester si mémorable. Quand le visage ne rend pas bien, on ne l’oublie pas. Ces 20 portraits royaux sont célèbres pour les éloges qu’ils ont suscités, les critiques qu’ils ont essuyées, leur histoire embarrassante et le genre de réactions qui font tout l’intérêt de l’art.
1. Le portrait en rouge du roi Charles III
Le portrait du roi Charles III réalisé par Jonathan Yeo a fait sensation dès sa première apparition. Charles y apparaît dans l’uniforme rouge des Welsh Guards, sur un fond cramoisi vif qui semble presque l’engloutir, avec un papillon près de son épaule. Certains ont apprécié ce style audacieux, tandis que d’autres ont trouvé que cette couleur rouge intense donnait une impression inquiétante, sanglante ou trop forte pour un portrait royal.
2. La reine Élisabeth II, par Lucian Freud
Lucian Freud n’était pas réputé pour donner à ses sujets un aspect doux, radieux ou particulièrement flatteur ; son portrait de la reine Élisabeth II ne pouvait donc qu’être un choix audacieux. Il s’agit d’un petit portrait en gros plan, où la reine apparaît au visage lourd, sévère et inhabituellement mise à nu.
3. Catherine, princesse de Galles, par Paul Emsley
Le portrait de Catherine réalisé par Paul Emsley avait pour but de montrer une facette naturelle et détendue de la personnalité de la reine. De nombreux spectateurs ont estimé que le tableau ne rendait pas la chaleur à laquelle ses photos avaient habitué le public et qu’il la faisait paraître plus âgée que prévu. Cette réaction a montré à quel point il peut être difficile de peindre une personne que le public a déjà l’impression de bien connaître.
4. Catherine, princesse de Galles, par Hannah Uzor
Le portrait de Catherine réalisé par Hannah Uzor a retenu l’attention, notamment parce qu’il s’inspirait d’images publiques plutôt que d’une séance de pose en direct. Ce tableau visait à dégager une impression de grâce et de sérénité à un moment délicat de la vie publique de Catherine. De nombreux spectateurs se demandaient toutefois s’il lui ressemblait vraiment.
5. La reine Élisabeth II, par Rolf Harris
Le portrait de la reine Élisabeth II réalisé par Rolf Harris avait initialement été associé à une célébration publique de son anniversaire et à un projet artistique diffusé à la télévision. À l’époque, cela semblait être un moment convivial et familier, centré sur la reine. Les condamnations pénales prononcées par la suite à l’encontre de Harris ont changé la façon dont beaucoup de gens percevaient ce tableau, rendant bien plus difficile de le considérer comme un simple hommage.
6. Le prince Philip, par Stuart Pearson Wright
Le portrait du prince Philip réalisé par Stuart Pearson Wright est devenu célèbre pour son concept original et insolite. La première version aurait représenté le prince les épaules nues, avec une mouche bleue et du cresson poussant sur l’un de ses doigts, ce qui n’est pas exactement ce à quoi la plupart des gens s’attendent d’un portrait royal.
7. Charles IV d'Espagne et sa famille, par Francisco Goya
Le portrait de Charles IV et de sa famille, réalisé par Goya, est un chef-d’œuvre, ce qui rend son inclusion ici quelque peu délicate. La famille royale y apparaît vêtue de riches atours, mais ses visages semblent grossiers, mis à nu et étonnamment ordinaires. Loin de présenter la monarchie sous un jour raffiné et distant, ce tableau donne au pouvoir un aspect humain et maladroit.
8. Anne de Clèves, par Hans Holbein le Jeune
Le portrait d’Anne de Clèves réalisé par Hans Holbein est magnifique, minutieux, mais lié à une histoire royale très délicate. Henri VIII avait chargé Holbein de peindre Anne alors qu’il envisageait de l’épouser, puis s’était plaint par la suite que le portrait l’avait induit en erreur. Le tableau en lui-même n’est pas laid, mais son lien avec cette union royale avortée lui a valu une réputation controversée.
9. Napoléon Ier sur son trône impérial, par Jean-Auguste-Dominique Ingres
Ingres a peint Napoléon entouré de symboles de pouvoir, et ceux-ci sont nombreux. La robe, le trône, les sceptres et la pose rigide, le regard tourné vers l’avant, contribuent tous à lui donner une image imposante de commandement. Certains des premiers spectateurs ont trouvé le résultat trop guindé, trop chargé et étrangement démodé pour un souverain qui souhaitait paraître moderne.
10. Richard III, par un artiste inconnu
Le célèbre portrait de Richard III a été peint bien après sa mort, alors que sa réputation avait déjà été façonnée par la politique, les rumeurs et le théâtre. Son visage austère et ses difformités physiques ont contribué à renforcer l’image d’un Richard sinistre et difforme. Que cela soit juste ou non, ce portrait est devenu bien plus qu’une simple représentation ; il a contribué à façonner la manière dont les gens se le représentaient.
1. Buste de Néfertiti
Le buste de Néfertiti reste l’une des représentations royales les plus célèbres jamais réalisées. Sa surface peinte, son long cou, son visage serein et ses traits soigneusement ciselés confèrent à la reine égyptienne une présence saisissante.
2. Le diptyque de Wilton
Le diptyque de Wilton présente Richard II comme bien plus qu’un simple roi vêtu d’habits somptueux. Il est agenouillé devant des figures sacrées dans une scène de dévotion richement illustrée qui établit un lien entre son règne et la religion. L’œuvre est de petite taille, mais le message qu’elle véhicule sur la royauté est tout sauf insignifiant.
3. Henri VIII, d'après la fresque de Hans Holbein à Whitehall
Le portrait d’Henri VIII réalisé par Holbein a façonné l’image que la plupart des gens se font encore aujourd’hui de ce roi. Sa posture large, ses vêtements imposants, son regard perçant et sa carrure imposante font d’Henri VIII l’incarnation même de la puissance des Tudor.
4. Le portrait d’Élisabeth Ire face à l’Armada
Le portrait d’Élisabeth Ire intitulé « L’Armada » transforme une victoire politique et militaire majeure en une image royale empreinte d’assurance. Sa main repose sur un globe terrestre, tandis que les scènes en arrière-plan évoquent la victoire de l’Angleterre sur l’Armada espagnole.
5. L'empereur Charles Quint à Mühlberg, par Titien
Le portrait de l’empereur Charles Quint réalisé par Titien après la bataille de Mühlberg fonctionne parce qu’il ne dramatise pas outre mesure ce moment. Charles apparaît en armure, à cheval, portant le poids de la victoire sans paraître ostentatoire ni agité. Le tableau donne une impression de pouvoir sérieux, maîtrisé et mérité.
6. Louis XIV en habits de couronnement, par Hyacinthe Rigaud
Le portrait du couronnement de Louis XIV est une véritable démonstration de puissance royale. La robe imposante, la pose raffinée, la profusion de symboles et la mise en scène soignée placent tous le roi au centre de la scène. Rares sont les portraits qui ont su donner à la monarchie absolue une image aussi sûre d’elle-même et aussi satisfaite d’elle-même.
7. « Las Meninas », de Diego Velázquez
« Las Meninas » ne se présente pas comme un simple portrait royal, ce qui explique en partie pourquoi on en parle encore aujourd’hui. La jeune infante se tient près du centre, entourée de ses dames d’honneur, tandis que le peintre et les silhouettes royales qui se reflètent dans le miroir confèrent à la scène une impression de profondeur et d’étrangeté.
8. Charles Ier sous trois angles, par Anthony Van Dyck
Le triple portrait de Charles Ier réalisé par Van Dyck a été conçu pour des raisons pratiques, mais il s’est avéré bien plus intéressant qu’une simple image de référence. Le fait de représenter le roi sous trois angles différents a aidé un sculpteur à créer un buste. Ce format confère également à Charles une présence réfléchie et personnelle qu’une seule pose n’aurait peut-être pas su rendre.
9. Marie-Antoinette et ses enfants, par Élisabeth Vigée Le Brun
Le portrait de Marie-Antoinette avec ses enfants avait pour but d’adoucir une image publique déjà ternie. Loin de mettre en avant le luxe, il la représente en mère, vêtue d’une robe sobre, entourée de sa famille. Le berceau vide ajoute une note douloureuse de perte, conférant à l’image une dimension plus émouvante qu’une simple opération de relance de l’image royale.
10. La reine Élisabeth II, « La légèreté de l'être », par Chris Levine
L’œuvre de Chris Levine, intitulée Lightness Of Being, offre à la reine Élisabeth II un rare moment de sérénité. Les yeux fermés, le portrait dégage une impression de calme plutôt que de raideur ou de solennité. Loin de montrer une souveraine imposant son autorité, il capture un moment intime et serein qui révèle une dimension inattendue de son humanité.