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1,05 million de tonnes contre 2,215 millions : la réalité du quota

En 2024, l’Ukraine a exporté 2,215 millions de tonnes d’acier fini vers l’UE. En 2025, ce volume avait augmenté de 8 %. Le nouveau quota alloué sous le Règlement 2026/1384 : 1,05 million de tonnes par an. La réduction est mathématiquement cinglante — moins de la moitié des exportations réelles de 2024, calculées sur une période (2022-2024) où l’invasion russe avait bloqué le transport maritime ukrainien pendant plus d’un an et mis certaines aciéries à l’arrêt. Utiliser ces années-là comme base de calcul revient à punir l’Ukraine pour les effets de l’agression russe.

Le président d’Ukrmetallurgprom, Oleksandr Kalenkov, l’a dit clairement : «Il aurait été plus juste pour l’Ukraine que la Commission européenne prenne en compte les années 2023-2025.» Mais ce n’est pas ce choix qui a été fait. La base de calcul retenue — 2022-2024 — est précisément la période de la dévastation maximale de l’industrie sidérurgique ukrainienne. Le résultat est un quota qui enferme l’Ukraine dans ce qu’ArcelorMittal Kryvyi Rih appelle explicitement «un niveau de dépression de guerre» sur le marché européen.

Le tarif hors quota : 50 % sur ce qui dépasse

Au-delà du quota de 1,05 million de tonnes, tout acier ukrainien supplémentaire vendu sur le marché européen sera soumis à un tarif de 50 %. Ce tarif n’est pas une incitation à produire plus — c’est un mur tarifaire qui rend non compétitif tout volume d’exportation dépassant le quota alloué. Pour une aciérie comme ArcelorMittal Kryvyi Rih — qui opère dans une zone régulièrement ciblée par des frappes russes, avec des coûts logistiques de guerre — absorber un tarif supplémentaire de 50 % tout en maintenant la production n’est pas une option économiquement viable.

La conséquence documentée est directe : les exportations ukrainiennes vers l’UE pourraient être réduites de plus de la moitié par rapport à 2025, selon l’analyse du Kyiv Independent. L’UE couvre 79 % des exportations totales d’acier ukrainien. Contraindre cet unique grand marché de débouchés revient à contraindre l’ensemble de l’industrie sidérurgique ukrainienne — sa capacité de production, ses emplois, ses recettes fiscales qui financent partiellement l’effort de guerre.


50 % de tarif sur l’acier ukrainien qui dépasse le quota. Ce chiffre devrait être mis en regard des discours sur la solidarité européenne avec l’Ukraine. La solidarité qui s’arrête au bureau de la protection des sidérurgistes européens n’est pas de la solidarité — c’est de la géopolitique à géométrie variable. Je comprends les pressions des industries européennes. Je ne comprends pas qu’elles priment sur les besoins d’un allié en guerre.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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