On entend si souvent parler de membres de la royauté qui étaient de mauvaises personnes ou qui ont commis des actes répréhensibles, sans vraiment tenir compte du contexte. S’il est vrai que certains souverains ont eu des comportements peu louables, bon nombre de ceux qui figurent sur cette liste étaient malades, seuls, en deuil, effrayés ou pris au piège dans des cours royales où tout le monde n’attendait qu’un faux pas de leur part. Le terme « fou » est souvent utilisé pour décrire ces personnages, mais il ne rend pas toujours compte de toute la réalité. Certains souffraient réellement de maladies graves, tandis que d’autres étaient qualifiés d’instables parce que cela aidait leurs proches, leurs ministres ou leurs ennemis à prendre le contrôle. Voici 20 membres de familles royales dont le règne, le comportement ou la réputation ont amené les gens à se demander ce qui se passait réellement derrière les portes du palais.
1. George III, le roi qui devint le célèbre « roi fou »
George III reste l’un des « rois fous » les plus célèbres de l’histoire. Sa maladie, que l’on suppose être un trouble bipolaire, se manifestait par des épisodes récurrents, et les médecins surveillaient de près son sommeil, son alimentation, son élocution et son comportement. Les traitements qu’il recevait étaient sévères, même selon les normes royales, et ils rendaient encore plus difficile une situation déjà pénible.
2. Charles VI de France, le roi qui se prenait pour du verre
Charles VI a commencé son règne sous de bons auspices, mais a fini par souffrir d’une série de crises psychotiques. Ces crises se manifestaient notamment par de la paranoïa, des accès de violence et la célèbre conviction qu’il était fait de verre. Alors qu’il luttait contre ces troubles, de puissants nobles se disputaient le pouvoir, plongeant la France dans une situation périlleuse.
3. Henri VI d'Angleterre, le roi bienveillant qui s'est tu
Henri VI était un homme profondément croyant et d’un naturel doux, ce qui ne lui fut guère utile dans le monde impitoyable de la politique anglaise du XVe siècle. En 1453, il fut victime d’un malaise qui le rendit incapable de gouverner. La lutte pour le pouvoir autour de son trône contribua à attiser les Guerres des Roses.
4. Jeanne de Castille, la reine dont la folie a profité à d’autres
On se souvient encore aujourd’hui de Jeanne de Castille comme de « la Folle », bien que ce surnom cache bien des choses. Son mari, son père et son fils avaient tous des raisons de limiter son pouvoir, et tous ont tiré profit de son éviction. Son long emprisonnement est une triste histoire mêlant souffrance personnelle et domination politique.
5. Marie Ire de Portugal, la reine accablée par le chagrin
Marie Ire a régné sur le Portugal de plein droit, mais ses dernières années ont été marquées par une grave maladie mentale. Le chagrin, la crainte religieuse et la pression liée à la monarchie ont tous contribué à son déclin.
6. Christian VII du Danemark, le roi autour duquel les autres régnaient
La schizophrénie de Christian VII le rendait vulnérable au sein d’une cour où chacun poursuivait ses propres ambitions. Son médecin, Johann Friedrich Struensee, devint brièvement le véritable homme fort derrière le trône et fit adopter des réformes. Des scandales et des intrigues politiques mirent finalement un terme à cet étrange arrangement.
7. Louis II de Bavière, le roi de conte de fées
Louis II reste célèbre pour ses châteaux féériques, notamment celui de Neuschwanstein. Ses ministres, cependant, voyaient en lui un souverain renfermé et extravagant, en qui ils n’avaient plus confiance pour gouverner. En 1886, un rapport psychiatrique a contribué à le destituer, et sa mort mystérieuse, survenue peu après, a rendu l’affaire encore plus difficile à élucider.
8. Otto de Bavière, le roi qui n'a pratiquement pas régné
Otto hérita de la couronne de Bavière, mais une grave maladie mentale l’empêcha d’exercer véritablement le pouvoir. Des régents se chargèrent de diriger le pays tandis qu’il se tenait à l’écart de la vie publique.
9. Philippe V d'Espagne, le roi apaisé par le chant
Philippe V souffrait d’une profonde dépression qui l’éloignait parfois de la vie publique et de ses devoirs royaux. Le célèbre chanteur Farinelli fut invité à la cour, et ses prestations auraient contribué à apaiser le roi.
10. Mustafa Ier, le sultan façonné par la captivité
Mustafa a passé des années en résidence surveillée au palais avant de devenir sultan ottoman. Ce genre de vie aurait épuisé presque n’importe qui, et il était déjà considéré comme mentalement instable lorsqu’il a pris le pouvoir. Il a régné à deux reprises, même si d’autres exerçaient en réalité une grande partie du pouvoir à sa place.
11. Murad V, le sultan qui régna 93 jours
Murad V monta sur le trône ottoman en 1876, à une période de tensions pour l’empire. Certains réformateurs plaçaient leurs espoirs en lui, mais sa santé mentale se détériora rapidement. Après seulement 93 jours, il fut destitué, mettant ainsi fin à l’un des règnes les plus courts et les plus tristes de cette liste.
12. Le prince héritier Sado, l'héritier qui semait la terreur à la cour
Le prince héritier Sado n’est jamais devenu roi, mais son histoire est trop troublante pour être passée sous silence. Des témoignages provenant de l’intérieur de la cour coréenne font état d’un comportement violent, d’un effondrement psychique et d’une crise familiale qui n’a cessé de s’aggraver. Son père a fini par ordonner qu’on l’enferme dans un coffre à riz, où il est mort.
13. Éric XIV de Suède, le roi paranoïaque
Éric XIV était intelligent et ambitieux, mais sa méfiance grandissante devint dangereuse. Les meurtres de Sture en 1567, au cours desquels des nobles emprisonnés furent assassinés, portèrent un coup terrible à son autorité. Dès lors, il fut difficile de dissiper l’impression que sa paranoïa était devenue une menace.
14. Justin II, l'empereur qui a cédé sous la pression
Justin II hérita d’un Empire byzantin en proie à des tensions, et il semble que cette pression l’ait submergé. Les rumeurs faisant état d’un comportement erratique se multiplièrent, et son épouse Sophie ainsi que le général Tibère prirent en charge une grande partie de la gestion des affaires de l’État.
15. Caligula, l'empereur à la réputation débridée
Caligula a souvent été dénigré par les auteurs de l’Antiquité, qui cherchaient à entacher définitivement sa réputation. Malgré tout, après une grave maladie survenue au début de son règne, les témoignages font état de paranoïa, de cruauté, d’insomnie et d’un comportement imprévisible. Cela a contribué à forger l’une des légendes les plus célèbres de l’histoire, celle d’un souverain instable.
16. Néron, l'empereur au jugement désastreux
La réputation de Néron a également été façonnée par les auteurs de l’Antiquité, qui n’appréciaient guère ses choix politiques et religieux. Son règne a été associé à la violence familiale, à la terreur politique et à un égocentrisme exacerbé. Son comportement a contribué à monter la classe dirigeante romaine contre lui.
17. Commode, l'empereur qui voulait être Hercule
Commodus considérait le trône romain comme une scène sur laquelle il pouvait mettre en scène sa propre gloire. Il s’inspirait d’Hercule, combattait en gladiateur et transformait le pouvoir impérial en une véritable pièce de théâtre personnelle. Malheureusement, cela ne rassurait pas vraiment le peuple quant à l’avenir de Rome.
18. Al-Hakim Bi-Amr Allah, le calife aux décrets insolites
Al-Hakim devint calife fatimide alors qu’il n’était encore qu’un enfant et devint l’un des souverains les plus controversés du monde médiéval. Ses décisions soudaines, ses décrets sévères, ses revirements et sa disparition mystérieuse lui ont valu une réputation qui fait encore aujourd’hui l’objet de débats. Selon les sources, il apparaît tantôt comme un visionnaire, tantôt comme un tyran, tantôt comme un souverain excentrique, tantôt comme une légende.
19. Ivan IV de Russie, le tsar qui a fait de la peur un système
Ivan IV fut marqué par la méfiance et la défiance qui entourèrent son règne. L’oprichnina, la terreur qui régna à Novgorod et la rumeur selon laquelle il aurait tué son propre fils contribuèrent toutes à forger sa redoutable réputation. « Ivan le Terrible » devint bien plus qu’un simple surnom.
20. Qin Shi Huang, l'empereur qui a tenté de vaincre la mort
Qin Shi Huang a unifié la Chine avec un génie impitoyable, mais il s’est malheureusement lancé à la poursuite de la seule chose que même le pouvoir ne pouvait garantir. Sa quête de l’immortalité est devenue l’un des épisodes les plus marquants de son histoire. Même l’empereur qui a redessiné les contours de la Chine n’a pas pu remporter cette bataille.