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Une découverte astronomique majeure au cœur de l’Anatolie

credit : lanature.ca (image IA)

Un impact de comète cataclysmique survenu il y a 13 000 ans pourrait-il être l’élément déclencheur de l’avènement de la civilisation humaine ? C’est l’hypothèse fascinante soulevée par une analyse scientifique des gravures de Göbekli Tepe, le célèbre site préhistorique situé dans le sud de la Turquie. Selon les chercheurs, ces pierres ne racontent pas seulement une catastrophe cosmique majeure, mais abritent également le plus ancien calendrier solaire connu à ce jour.

Göbekli Tepe est un complexe monumental du Néolithique sans poterie, estimé à environ 12 000 ans d’âge. Une étude publiée à l’origine en août 2024 et parue dans la revue scientifique Time and Mind propose une lecture totalement inédite des bas-reliefs qui ornent les piliers de ce temple considéré comme le plus ancien du monde.

L’analyse menée sur l’un des piliers finement sculptés suggère que les habitants de l’époque utilisaient un système complexe d’écriture et d’observation du ciel pour consigner des événements temporels et cosmiques marquants. Cette interprétation pourrait transformer radicalement notre compréhension des compétences intellectuelles des sociétés préhistoriques.

Le décryptage du plus ancien calendrier lunisolaire

credit : lanature.ca (image IA)

En étudiant de près les gravures d’un pilier spécifique, l’auteur de l’étude suggère que des symboles en forme de V sculptés sur la pierre représentent chacun une journée de l’année. Les chercheurs ont dénombré un total de 365 marquages, judicieusement divisés en 12 mois lunaires complétés par 11 jours supplémentaires, dits épagomènes.

Le solstice d’été est représenté de manière symbolique par une divinité semblable à un oiseau. Cet animal pourrait incarner la constellation de la Vierge, la zone du ciel où le Soleil se situait à cette période de l’année à cette époque reculée. La figurine porte un symbole en forme de V autour du cou, un détail crucial pour les scientifiques.

Selon les observations rapportées dans la recherche, des représentations de personnages arborant des colliers similaires en forme de V sur d’autres sites archéologiques associés ont été interprétées comme des représentations de « divinités créatrices ou contrôlant le temps ». En combinant les cycles du Soleil et de la Lune, ce pilier s’impose comme le plus ancien calendrier lunisolaire de l’histoire humaine.

La précession des équinoxes comprise avec un millénaire d’avance

credit : lanature.ca (image IA)

Les révélations de cette étude ne s’arrêtent pas à la simple mesure des jours et des mois. Les gravures de Göbekli Tepe semblent également illustrer avec précision les changements de position des constellations dans le ciel étoilé au fil du temps. Cela démontre que ces populations comprenaient le phénomène complexe de la précession des équinoxes.

La découverte de cette compétence astronomique est stupéfiante. En effet, ce concept scientifique n’a été documenté pour la première fois par écrit qu’en l’an 150 avant notre ère par l’astronome grec Hipparque, soit près de 10 000 ans après la construction de Göbekli Tepe.

Cette maîtrise de la mécanique céleste montre que les bâtisseurs du site n’étaient pas de simples chasseurs-cueilleurs dénués de connaissances théoriques, mais bien des observateurs rigoureux de leur environnement spatial. Leurs connaissances étaient transmises de génération en génération à travers ces monuments de pierre durable.

Le témoignage gravé d’un cataclysme cométaire

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L’élément le plus marquant de la recherche réside dans l’analyse d’un autre pilier du complexe. Les gravures semblent y décrire la trajectoire d’un essaim de météores, identifié comme celui des Taurides. Ce flux de bolides traverse les constellations du Verseau et des Poissons sur une période s’étalant sur plusieurs semaines.

Cette pluie de débris cosmiques est suspectée d’être à l’origine d’un impact de comète majeur survenu vers 10 850 avant notre ère. Cet événement catastrophique aurait provoqué un refroidissement climatique brutal de la Terre, ouvrant une période de mini-glaciation connue sous le nom de Dryas récent.

Il convient toutefois de souligner que l’hypothèse de l’impact du Dryas récent fait l’objet d’une forte opposition de la part de nombreux scientifiques, qui affirment qu’il n’existe aucune preuve matérielle indiscutable d’une telle collision cosmique. Par conséquent, ces théories doivent être accueillies avec une grande prudence scientifique.

La naissance de la civilisation par la peur du ciel

credit : lanature.ca (image IA)

Malgré les controverses académiques, l’auteur de l’étude suggère que le complexe de Göbekli Tepe a pu être érigé à l’origine comme un mémorial dédié à cet impact hypothétique. Dans un communiqué diffusé par l’Université d’Édimbourg, le Dr Martin Sweatman, unique auteur de cette étude, détaille sa pensée.

« Il semble que les habitants de Göbekli Tepe soient de fins observateurs du ciel, ce qui est tout à fait prévisible compte tenu du fait que leur monde a été dévasté par un impact de comète », explique le scientifique. Selon lui, « cet événement pourrait avoir déclenché la civilisation en initiant une nouvelle religion et en motivant des développements dans l’agriculture pour faire face au climat froid ».

Le Dr Sweatman développe l’idée selon laquelle la spiritualité préexistait sans doute dans d’autres régions du monde, « mais l’impact du Dryas récent pourrait avoir déclenché une forme nouvelle et catastrophique » de croyances, structurant la société d’une manière totalement inédite face à l’angoisse de l’anéantissement.

Un culte du crâne pour fédérer les communautés

credit : lanature.ca (image IA)

L’étude conclut que la peur générée par des phénomènes célestes d’une telle violence a pu agir comme un catalyseur social hors norme. « La peur est un puissant principe d’organisation dans la société humaine et l’impact du Dryas récent a sans aucun doute inspiré une grande peur et un immense effroi. Ainsi, cet événement peut fournir la motivation nécessaire aux grands projets de construction de Göbekli Tepe et des sites associés », affirme le Dr Martin Sweatman.

Cette religion de la terreur, qui intégrait potentiellement un culte du crâne documenté par les archéologues sur le site, aurait fourni l’étincelle nécessaire à la mise en place d’une organisation collective à grande échelle. C’est ce besoin d’unification face à la menace qui aurait permis l’édification de structures monumentales.

En définitive, cette recherche suggère que l’angoisse face au cosmos et l’obligation de s’adapter à un climat soudainement hostile ont poussé l’humanité à se sédentariser, initiant ainsi les premiers pas de la civilisation moderne. Les pierres gravées de Göbekli Tepe continuent de susciter un vif débat scientifique entre astronomes et archéologues du monde entier.

Selon la source : iflscience.com

Un impact de comète gravé à Göbekli Tepe ? Une étude décrypte le plus vieux calendrier solaire du monde

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