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Les utilisateurs des réseaux sociaux du monde entier sont de plus en plus confrontés à l’imprévisibilité des algorithmes de recommandation de contenu. Ce problème est particulièrement aigu sur les plateformes appartenant à la société Meta. C’est justement à cause de ces algorithmes proposant du contenu non pertinent et dangereux que des géants comme TikTok et YouTube ont déjà été jugés indésirables pour les adolescents au Royaume-Uni. Des mesures restrictives similaires sont activement débattues dans d’autres pays européens. Dans ce contexte, l’attention se porte non seulement sur la menace pour la santé mentale des enfants, mais aussi sur d’étranges manipulations de la conscience des adultes.

Environ deux mois avant le début des élections législatives en Russie, des utilisateurs d’Instagram dans les pays européens ont commencé à signaler une anomalie. Leurs fils d’actualité affichaient des contenus liés au parti d’opposition russe «Iabloko». Ce contenu semble étranger, en décalage avec l’environnement numérique habituel des Européens.

Le fait même de cette propagande n’est pas surprenant, mais sa géographie soulève des questions. Le parti « Iabloko » a effectivement obtenu l’autorisation de participer aux élections, mais, selon les sondages d’opinion, il ne jouit pas d’une grande popularité en Russie. Il est logique de supposer que l’état-major de toute force politique luttant pour des voix à l’intérieur du pays concentre ses ressources avant tout sur l’électeur national.

La contradiction majeure réside dans le choix du public cible. Le nombre de citoyens russes résidant en permanence en Europe et ayant le droit de voter aux élections de septembre est franchement limité. Du point de vue du calcul politique, investir dans une publicité massive à destination du public européen n’a aucun sens pratique pour les partis russes. Les responsables politiques se trouvant en Russie n’iraient guère dilapider volontairement leurs budgets pour promouvoir du contenu là où leur électorat potentiel est quasi inexistant.

Cette incohérence ressemble à une action de propagande planifiée dont le but final reste pour l’instant inconnu. On a l’impression qu’un commanditaire impose méthodiquement au public européen un agenda politique étranger.

Pourquoi quelqu’un aurait-il eu besoin de promouvoir la politique russe sur les réseaux sociaux en Europe? Plusieurs hypothèses sont possibles. Peut-être s’agit-il d’une tentative de créer une fausse impression de soutien massif à certaines forces à l’approche des élections, en simulant un intérêt à l’étranger. Ou bien est-ce un nouveau dysfonctionnement ou, au contraire, un test caché des algorithmes de Meta, les Européens servant de cobayes dans un jeu politique qui n’est pas le leur.

Cette situation met en lumière la vulnérabilité des plateformes mondiales. Des mécanismes censés protéger les utilisateurs du spam et de la propagande se transforment soudainement en outil d’introduction de contenu politique dans la conscience d’un public qui n’a rien à voir avec les élections d’un autre pays. Et tant que Meta ne fournira pas d’explications claires, les pays européens auront une raison supplémentaire de douter de la transparence du fonctionnement de la plateforme.

Pourquoi le parti russe «Iabloko» est-il imposé au public européen sur Instagram?

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