Au XIXe siècle, les pratiques de séduction variaient énormément selon les pays, les cultures, les classes sociales et les communautés, mais quelle que soit votre situation, courtiser quelqu’un était rarement une affaire anodine. Un homme plein d’espoir devait parfois maîtriser un code social complexe ou imaginer un cadeau bien plus original qu’un simple bouquet de fleurs. Certaines coutumes étaient charmantes, d’autres envahissantes, et plusieurs d’entre elles font paraître les rencontres amoureuses modernes remarquablement simples — et nous sommes là pour vous dévoiler les épreuves les plus farfelues que pratiquement tous les hommes devaient surmonter.
1. Elle avait écrit à son père auparavant
Même un prétendant américain respectable du milieu du siècle ne pouvait pas rendre visite à une femme chez elle. S’il souhaitait obtenir l’autorisation de la voir, il devait écrire à son père pour lui présenter sa famille, sa situation sociale et ses perspectives financières. L’ouvrage The Art of Good Behavior, publié en 1845, proposait même aux prétendants inquiets un modèle de lettre de demande.
2. Un canapé spécialement conçu pour les rendez-vous galants
Et nous qui pensions que les premiers rendez-vous du XXIe siècle étaient gênants… Une fois admis dans le salon, un homme pouvait s’asseoir avec sa prétendante sur un « tête-à-tête », un canapé à deux places dont les sièges étaient tournés dans des directions opposées. Ces canapés ont connu un grand succès aux États-Unis au milieu du XIXe siècle ; leurs côtés jointifs permettaient à deux personnes de converser en toute discrétion sans être assises dans une étreinte conventionnelle.
3. Partager son lit avec une planche de bois
Ce que l’on appelait le « bundling » a perduré jusqu’au XIXe siècle, permettant aux couples d’amoureux de partager un lit tout en restant entièrement habillés. Une planche en bois (ou plusieurs couches de vêtements spéciaux) servait à maintenir le couple séparé tout au long de la nuit ; pire encore, tout ce rituel se déroulait généralement au domicile familial de la jeune femme, avec l’autorisation de ses parents.
4. Réserver du temps dans son agenda de bal
Lors des bals officiels, les messieurs ne pouvaient pas simplement s’approcher d’une femme en belle robe. Non, non : ils devaient demander une danse en particulier et faire inscrire leur nom à côté de celle-ci sur la carte de danse de la dame, un petit livret qui répertoriait les danses de la soirée et qui était parfois même muni de crayons. Si toutes les cases étaient déjà prises, ils n’avaient pas de chance.
5. Lui glisser discrètement une carte de flirt
Les cartes de bal n’étaient d’ailleurs pas les seuls articles de papeterie utilisés. À la fin du XIXe siècle, les hommes américains contournaient parfois les présentations formelles en glissant aux femmes des cartes de séduction imprimées. L’une d’entre elles, dont l’existence est attestée, demandait en effet : « Puis-je te raccompagner chez toi ? », tandis qu’une autre proposait les services de l’expéditeur pour assurer la protection de la destinataire.
6. La publicité dans les journaux
Ce n’est plus vraiment courant aujourd’hui, mais les hommes qui ne disposaient pas d’un réseau prometteur passaient des annonces dans les journaux ou dans des publications spécialisées dans les rencontres. Parmi les exemples qui nous sont parvenus, on trouve notamment celui d’un célibataire de 49 ans à la recherche d’une femme de ménage ou d’une veuve plus âgée et de petite taille, ainsi que celui d’un Allemand de 35 ans espérant rencontrer une femme active. Certains journaux consacraient même toute leur une à des personnes recherchant ouvertement l’amour.
7. Faire sa demande en mariage à une femme qu’il n’avait jamais rencontrée
Comme vous pouvez l’imaginer, les relations par correspondance permettaient à des inconnus de se fiancer après seulement quelques mois d’échange de lettres — voire moins souvent. Certains messages ne contenaient guère plus qu’une description physique afin que les deux personnes puissent se reconnaître à la gare. Une fois sa demande en mariage acceptée, il envoyait généralement de l’argent pour couvrir les frais de voyage de sa future épouse afin qu’elle puisse venir le rejoindre.
8. Copier des lignes d'un manuel
À l’époque, les hommes n’avaient pas Internet, mais ils n’étaient pas pour autant à court d’options. Un homme ayant du mal à s’exprimer pouvait consulter l’un des nombreux manuels du XIXe siècle regorgeant d’exemples de lettres d’amour et de demandes en mariage. Les guides de savoir-vivre recommandaient également d’utiliser du papier coûteux, à bords dorés ou parfumé, et même l’enveloppe devait faire l’objet d’une attention particulière : on attendait des prétendants raffinés qu’ils la scellent à l’aide d’une pastille décorative ou de cire à cacheter. (Évidemment !)
9. Offrir des cadeaux qui se périment rapidement
Avant qu’une demande en mariage officielle ne soit formulée, on n’attendait pas vraiment d’une femme célibataire qu’elle accepte un cadeau somptueux de la part d’un homme. Après tout, cela risquait de créer une obligation, et c’est précisément pour cette raison qu’un guide de 1847 indiquait que les fleurs, les fruits et les bonbons étaient des cadeaux acceptables.
10. Transmettre un message avec des fleurs
Les gentlemen victoriens consultaient des dictionnaires du langage des fleurs avant de choisir celles qu’ils allaient inclure dans un bouquet de séduction. Voici comment cela se déclinait : les roses symbolisaient l’amour, le lierre représentait l’amitié, et un arrangement traditionnel de la Saint-Valentin associait des roses, des myosotis, de la mousse humide et une fougère, signe de sincérité.
11. Un sac à main « puzzle »
Hé, les hommes aussi avaient un sacré sens artistique à l’époque. Si l’un d’entre eux avait l’âme créative, il pouvait transformer une simple feuille de papier en un « sac à énigmes » recouvert de vers, de cœurs et de motifs peints. La destinataire devait déplier les carrés les uns après les autres pour découvrir le message romantique dans son intégralité, accompagné de petits cadeaux comme une mèche de cheveux.
12. Cacher des cartes de Saint-Valentin sous une toile d'araignée en papier
Si le simple papier plié semblait trop banal, on pouvait également envoyer une carte de Saint-Valentin mécanique, appelée « toile d’araignée », « ruche », « cage à fleurs » ou « cage à oiseaux ». En gros, en tirant sur un fil, on soulevait une couche de papier de soie délicatement découpée, dévoilant ainsi l’image ou le message qui se trouvait en dessous.
13. Lui offrir un portrait de son œil
Bon, on sait que ça peut paraître un peu insolite, mais ce n’était pas le cas au début du XIXe siècle. Certains admirateurs commandaient de minuscules tableaux ne représentant qu’un seul de leurs yeux. On les appelait les « yeux d’amoureux » et ils étaient sertis dans des bagues, des pendentifs ou des broches, ce qui permettait à la personne qui les portait de garder secrète l’identité de celui qui les lui avait offerts.
14. Transformer des cheveux humains en bijoux
On ignore pourquoi les amants victoriens étaient si fascinés par l’échange de mèches de cheveux, mais certains allaient bien au-delà du simple fait d’en glisser quelques-unes dans un médaillon. Des années 1850 aux années 1880, les bijoutiers tressaient des mèches de cheveux humains pour en faire des colliers, des bracelets, des chaînes, des broches et divers ornements.
15. Frotter une pièce de monnaie pour elle
Si vous étiez d’un naturel plus sentimental, vous pourriez toujours prendre une vraie pièce de monnaie, en effacer une partie du motif officiel et y faire graver des initiales, des dates, des dessins ou un petit message. Ces pièces, communément appelées « gages d’amour », ont connu un grand succès en Grande-Bretagne et aux États-Unis à la fin du XIXe siècle.
16. Écrire un message avec des pierres précieuses
Certains prétendants transmettaient des messages cachés à l’aide de bijoux acrostiches, qui utilisaient les premières lettres des noms de pierres précieuses pour former un mot. Une bague « REGARD », par exemple, comportait un rubis, une émeraude, un grenat, une améthyste, un autre rubis et un diamant, disposés dans cet ordre.
17. Sculpter une énorme cuillère en bois
Au Pays de Galles, les hommes exprimaient traditionnellement à la fois leur affection et leur habileté manuelle en sculptant des « cuillères d’amour » aux motifs complexes à partir d’un seul morceau de bois. Ces cadeaux pouvaient comporter toutes sortes de motifs, allant de cœurs et de chaînes à des cercles pivotants et des boules enfermées dans une cage. Certains comportaient plusieurs cavités ou les initiales de la femme.
18. Jouer d'une flûte ornée d'un élan
Chez les Lakota, à la fin du XIXe siècle, les jeunes hommes jouaient d’un petit instrument appelé « flûte de séduction » pour attirer les femmes. Les prétendants imitaient le cri du wapiti mâle et allaient parfois jusqu’à orner leurs instruments d’images représentant cet animal. Les hommes pouvaient également porter des amulettes en cornes de wapiti pour renforcer l’effet de leur séduction.
19. Attendre avec une couverture
Les sources indiquent que plusieurs cultures des Plaines pratiquaient une coutume de séduction selon laquelle un jeune homme intéressé attendait le long d’un chemin que la femme empruntait régulièrement. Cela peut paraître un peu inquiétant, mais elle pouvait manifester son intérêt réciproque en le regardant ou en s’arrêtant pour lui parler. Il enroulait alors sa couverture autour d’eux deux, tandis qu’une femme qui n’était pas intéressée était libre de poursuivre son chemin.
20. L’emmener faire un tour à vélo pour la courtiser
Dans les années 1890, le tandem était devenu si pratique pour les couples qu’il avait été surnommé « vélo des amoureux ». Un couple pouvait ainsi se déplacer ensemble, ce qui les plaçait dans une proximité inhabituelle tout en obligeant les deux cyclistes à coordonner leurs mouvements. Quel scandale !