Certains souverains considéraient le trône avant tout comme un moyen de lever des armées, tandis que certains généraux de carrière comprenaient suffisamment bien l’art de la guerre pour la détester profondément. Ces descriptions ne doivent pas être prises au pied de la lettre dans tous les cas, mais chaque personnage manifestait une préférence marquée pour les campagnes militaires plutôt que pour la vie de cour, ou pour le service militaire professionnel plutôt que pour la violence qui l’accompagnait. Voici 10 souverains qui aimaient la guerre et détestaient leur couronne, et 10 généraux qui détestaient la guerre et aimaient leur grade.
1. Richard Ier d'Angleterre
Richard Ier n’a passé qu’une petite partie de son règne en Angleterre, car les affaires militaires l’ont régulièrement conduit à l’étranger. L’administration l’intéressait moins que les campagnes militaires, et l’Angleterre servait souvent de source de fonds et de main-d’œuvre pour ses guerres.
2. Charles XII de Suède
Charles XII est devenu roi alors qu’il était encore adolescent et a passé la majeure partie de sa vie d’adulte à combattre pendant la Grande Guerre du Nord. Il a partagé les épreuves de ses soldats, a pris des risques considérables pour sa propre vie et est resté loin de la Suède pendant des années.
3. Alexandre le Grand
Alexandre hérita d’un puissant royaume macédonien, mais se contenter de ce qu’il possédait déjà ne lui suffisait jamais. Il s’enfonça rapidement en Asie et poursuivit ses campagnes à travers la Perse, l’Asie centrale et le nord-ouest de l’Inde. Son armée finit par exiger de rentrer au pays, ce qui montre à quel point il était prêt à aller plus loin que bon nombre de ses soldats épuisés.
4. Pyrrhus d'Épire
Pyrrhus n’a cessé de saisir les occasions qui s’offraient à lui sur le plan militaire en Macédoine, en Italie et en Sicile, au lieu de se concentrer sur l’instauration d’un gouvernement stable en Épire. Il a conquis puis perdu plusieurs trônes, car les campagnes militaires restaient au cœur tant de son ambition que de sa survie politique.
5. Henri V d'Angleterre
Henri V est étroitement associé à la guerre en France qui a marqué son règne relativement bref. Sa victoire à Azincourt a renforcé sa position et lui a finalement permis d’être reconnu comme héritier du trône de France. Plutôt que de se consacrer à la gestion des affaires intérieures, il a poursuivi ses campagnes militaires jusqu’à ce qu’une maladie mette fin à sa vie à l’âge de 35 ans seulement.
6. Alphonse Ier d'Aragon
Surnommé Alphonse le Combatif, ce roi médiéval consacra une grande partie de son règne à étendre les territoires sous contrôle chrétien dans la péninsule ibérique. La complexité de ses dispositions successorales laisse penser que la préservation d’une dynastie traditionnelle n’était pas sa priorité absolue.
7. Frédéric II de Prusse
Frédéric le Grand était un administrateur dynamique, mais la guerre devint la caractéristique principale de son règne. Il s’empara de la Silésie au début de son règne et mena ensuite la cruelle guerre de Sept Ans pour préserver la position de la Prusse. Même s’il exerçait un pouvoir rigoureux, il se rendait régulièrement près des champs de bataille et considérait les succès militaires comme essentiels à la royauté.
8. Gustave Adolphe de Suède
Gustave Adolphe a mis en place d’importantes réformes militaires et a personnellement pris la tête des armées suédoises lors des grands conflits européens. Son implication dans la Guerre de Trente Ans a renforcé l’influence internationale de la Suède, mais l’a tenu à l’écart des routines habituelles de la cour.
9. Babur
Babur hérita d’une petite principauté d’Asie centrale, mais il la perdit, la reconquit, puis la perdit à nouveau alors qu’il était encore jeune. Ses mémoires témoignent d’une affection persistante pour l’Asie centrale, ce qui laisse penser que cette conquête ne lui permit pas d’assumer immédiatement ses nouvelles responsabilités impériales avec aisance sur le plan émotionnel.
10. Édouard Ier d'Angleterre
Édouard Ier consacra une énergie et des ressources considérables à ses campagnes militaires au Pays de Galles, en Écosse et en France. Bien qu’il fût également un législateur actif, les guerres occupèrent une place si importante dans son règne qu’il mourut au cours d’une nouvelle campagne en Écosse.
1. William Tecumseh Sherman
Sherman comprenait le caractère destructeur de la guerre et rejetait, comme on le sait, les descriptions romantiques de la gloire sur le champ de bataille. Il estimait que lorsque la guerre devenait inévitable, il fallait la mener avec suffisamment de détermination pour mettre fin au conflit.
2. Ulysses S. Grant
Le caractère posé de Grant correspondait rarement à l’image populaire d’un commandant de guerre agressif. Il n’appréciait pas les effusions de sang inutiles, acceptait les conditions de reddition visant à favoriser la réconciliation et s’efforça par la suite de préserver la paix instaurée par la victoire de l’Union.
3. Dwight D. Eisenhower
Eisenhower a atteint le grade de général cinq étoiles et a dirigé l’immense campagne des Alliés en Europe occidentale pendant la Seconde Guerre mondiale. Il était conscient que chaque décision importante mettait en danger des milliers de vies, et il prenait ce fardeau très au sérieux.
4. George C. Marshall
Marshall a passé plusieurs décennies sous les drapeaux et est devenu chef d’état-major de l’armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale. Plutôt que de chercher à se mettre en avant sur les champs de bataille, il s’est concentré sur l’organisation, l’entraînement, les nominations et la stratégie à long terme.
5. Omar Bradley
Bradley s’est forgé la réputation d’être moins théâtral que plusieurs autres commandants supérieurs des Alliés. Bien qu’il ait assumé les responsabilités liées à son grade élevé, il restait méfiant à l’égard des décisions susceptibles d’aggraver les conflits ou d’exposer les troupes à des dangers inutiles.
6. William Slim
William Slim a dirigé les forces britanniques et du Commonwealth tout au long de la difficile campagne de Birmanie pendant la Seconde Guerre mondiale. Loin de présenter le combat sous un jour glamour, il a parlé en toute franchise de la peur, de l’épuisement, des erreurs et du coût humain du commandement.
7. Matthew Ridgway
Matthew Ridgway a pris le commandement pendant la guerre de Corée, à un moment où les forces des Nations Unies étaient en proie à des problèmes de moral et d’organisation. Bien qu’il ait accepté des postes de commandement de haut niveau tant en Corée qu’au sein de l’OTAN, il s’est par la suite opposé à des projets qui, selon lui, risquaient d’entraîner des guerres coûteuses et stratégiquement peu judicieuses.
8. Smedley Butler
Smedley Butler est devenu l’un des Marines les plus décorés de l’histoire des États-Unis et a atteint le grade de général de division. Après avoir pris sa retraite, il s’est toutefois fait le critique virulent des interventions militaires menées à des fins commerciales ou politiques.
9. Arthur Wellesley
Le duc de Wellington s’est forgé une réputation grâce à ses campagnes en Inde, dans la péninsule ibérique et à Waterloo. Par la suite, il est resté une figure de premier plan de la vie publique, tout en se montrant peu indulgent envers les civils qui considéraient les batailles comme un divertissement passionnant.
10. Colin Powell
Colin Powell a gravi les échelons, passant du rang d’officier subalterne de l’armée à celui de général quatre étoiles et de chef d’état-major interarmées. Il accordait une grande importance au service militaire, tout en affirmant que l’envoi de troupes ne devait pas devenir une décision politique prise à la légère.