Skip to content

Deux frappes en 72 heures à la mi-juin

La raffinerie de Kapotnya à Moscou — propriété de Gazprom Neft — est l’une des dix plus grandes raffineries de Russie. Elle peut traiter plus de 11 millions de tonnes de produits pétroliers par an et fournissait 40 % de l’essence de la région de Moscou et environ la moitié de son diesel. Mi-juin 2026, des drones ukrainiens à longue portée la frappaient à deux reprises en 72 heures, désactivant ses deux unités principales de traitement du pétrole brut. Les deux unités détruites représentaient une valeur de 100 milliards de roubles. Selon Reuters citant des sources industrielles, la raffinerie ne reprendra pas ses activités avant début 2027.

Frapper la raffinerie de Moscou n’est pas anodin. C’est frapper la capitale de l’État russe dans sa capacité de fonctionnement quotidien. Le maire de Moscou Sergei Sobyanin assistait à une réunion d’urgence au Kremlin consacrée à la crise du carburant. Poutine lui-même a proposé d’« envisager des mesures supplémentaires pour garantir un approvisionnement en carburant ininterrompu et stable » — une formulation qui, dans le langage du Kremlin, est un aveu implicite de crise. Quand le président russe doit discuter publiquement de l’approvisionnement en essence de ses citoyens, l’Ukraine a atteint quelque chose de stratégiquement significatif : elle a porté le coût de la guerre dans la vie quotidienne des Moscovites.

De la minimisation à l’aveu officiel

La séquence des réponses russes à la crise est révélatrice. Dans un premier temps, les gouverneurs régionaux à travers la Russie se sont précipités pour minimiser la situation, affirmant que les pénuries étaient limitées à quelques stations-service et qu’il n’y avait pas lieu de paniquer. Puis, en quelques semaines, la Russie est passée de « tout va bien » à une reconnaissance formelle par Poutine lui-même que le pays fait face à une crise d’approvisionnement en carburant qui nécessite une intervention gouvernementale supplémentaire. Yahoo News notait ce basculement avec précision : « In just a few weeks, Russia switched from ‘don’t panic, everything’s fine’ to a formal acknowledgment by Vladimir Putin that the country faces a fuel supply crisis. »

Poutine a déclaré que la Russie utilisait ses réserves stratégiques de carburant pour atténuer les pénuries, mais que les stocks avaient baissé de seulement 4 % par rapport à la même période l’année précédente. Cette mise en scène de confiance est une posture politique : dans le même souffle, il évoquait un possible « ban complet sur les exportations de diesel » — la dernière grande valvule de revenus pétroliers russes encore ouverte. La décision d’interdire les exportations de diesel serait une reconnaissance que la demande interne ne peut plus être satisfaite sans sacrifier les revenus d’exportation. C’est précisément ce que l’Ukraine cherche à forcer.


Poutine qui parle publiquement d’approvisionnement en essence pour les Moscovites — c’est un moment stratégique que beaucoup sous-estiment. Les dirigeants autoritaires ne tiennent pas de telles réunions publiques quand tout va bien. La raffinerie de Kapotnya, c’est le symbole de ce que l’Ukraine peut faire : frapper Moscou dans son quotidien, pas seulement dans ses lignes de front. C’est une pression politique d’un genre différent.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!

Commentaires

0 0 votes
Évaluation de l'article
Subscribe
Notify of
guest
0 Commentaires
Nouveaux
Anciens Les plus votés
Plus de contenu