Chaque génération de parents aspire aux mêmes choses simples : un enfant en bonne santé, un enfant qui se sent bien, et, si l’univers se montre généreux, un enfant qui s’endort vraiment à l’heure du coucher. Mais le chemin vers cet objectif a connu des détours pour le moins farfelus, surtout lorsqu’un médecin, un « expert » ou un produit flambant neuf promettait un raccourci. Certaines de ces idées ont perduré pendant des décennies. D’autres n’étaient que des modes éphémères qui ont brillé de mille feux avant de disparaître en l’espace de quelques années. Presque toutes ont disparu dès que les risques sont devenus évidents, que la législation a rattrapé son retard ou que quelqu’un a fini par demander : « Attendez, pourquoi faisons-nous cela ? » Ces 20 tendances prouvent que les « conseils de confiance » ont une date de péremption, et qu’elle est parfois très courte.
1. Grilles de fenêtre
Au début des années 1900, l’air frais était considéré comme un remède miracle, en particulier pour les familles vivant en ville. La solution à laquelle certains parents ont eu recours ? Des cages métalliques fixées à l’extérieur des fenêtres, à plusieurs étages de hauteur, afin que les bébés puissent faire la sieste au soleil, sous le regard de leurs parents.
2. Envoyer des enfants par la poste
Lorsque le service postal américain de colis s’est développé en 1913, personne n’avait pensé à préciser que les enfants ne comptaient pas comme des colis. Quelques familles ont d’ailleurs payé les frais d’envoi et ont demandé à un facteur de quartier qu’elles connaissaient bien d’accompagner leur enfant chez un proche habitant à proximité.
3. Concours de bébés
Les concours « Better Babies » évaluaient les nourrissons en fonction de leur état de santé, de leur croissance et de leurs mensurations ; ils se déroulaient souvent dans les mêmes foires où des cochons et des citrouilles concouraient pour remporter des rubans. À mi-chemin entre le dépistage médical et le concours de beauté, ces concours encourageaient les parents à faire examiner leurs enfants par des professionnels de santé.
4. Manque d'affection
Dans les années 1920, certains des conseils parentaux les plus écoutés de l’époque affirmaient que trop de baisers et de câlins transformeraient les enfants en adultes dépendants et émotionnellement fragiles. On recommandait aux parents de rester professionnels et distants. Certains allaient même jusqu’à saluer leurs propres enfants par une poignée de main plutôt que par un câlin.
5. Cycles d'alimentation de quatre heures
Des horaires d’alimentation stricts imposaient aux bébés de manger toutes les quatre heures pile. Une routine très répandue en Nouvelle-Zélande s’étendait du petit matin à tard le soir, sans aucune tétée nocturne prévue. Dans la pratique, de nombreuses mères épuisées ont discrètement abandonné cet horaire dès que leur bébé, affamé, leur a clairement fait comprendre que ce programme ne fonctionnait pas.
6. L'apprentissage précoce de la propreté
Certains manuels parentaux du début du XXe siècle incitaient les familles à commencer l’apprentissage de la propreté dès les premières semaines de vie du bébé. Cela exigeait une patience infinie et une tolérance encore plus grande face à la montagne de linge à laver. Finalement, les experts ont commencé à s’intéresser à la maturité physique réelle de l’enfant avant de l’asseoir sur le trône de porcelaine.
7. Dormir sur le ventre
Pendant des années, on a dit aux parents américains que dormir sur le ventre était plus sûr, car les bébés risquaient de s’étouffer en position couchée sur le dos. Cette position est ainsi devenue la norme, tant à la maison qu’à l’hôpital. Des études ont finalement établi un lien entre le sommeil sur le ventre et un risque accru de syndrome de mort subite du nourrisson, et dans les années 1990, les recommandations ont complètement changé.
8. Morphine
Les sirops apaisants promettaient un miracle aux parents épuisés : un bébé calme et une nuit de sommeil complète. Le sombre secret, c’est que certains contenaient de la morphine et de l’alcool, ce qui calmait bel et bien un enfant qui pleurait — car cela avait un effet sédatif, parfois mortel. Les parents ignoraient souvent ce que contenait réellement le flacon.
9. Poudres de mercure
Les poudres de dentition contenant des composés de mercure ont perduré jusqu’à la première moitié du XXe siècle, commercialisées comme un remède doux pour apaiser les gencives irritées et douloureuses. L’exposition au mercure pouvait toutefois provoquer la « maladie rose », une affection douloureuse entraînant une faiblesse, de l’irritabilité et des altérations cutanées chez les enfants vulnérables.
10. Biberons à tube long
Imaginez un biberon dont un bébé pourrait boire tout seul, sans l’aide d’un adulte. Pratique en théorie, mais catastrophique dans la pratique : le verre incurvé, les ouvertures étroites et le tuyau souple étaient pratiquement impossibles à nettoyer, ce qui permettait au lait rassis et aux bactéries de se nicher dans tous les recoins.
11. Préparer du lait maternisé avec du lait concentré
Bien avant que le lait infantile du commerce ne devienne la norme, de nombreux parents du milieu du siècle dernier préparaient eux-mêmes leur lait infantile à partir de lait concentré, d’eau et de sucre. Cette solution était bon marché, se conservait longtemps et s’avérait bien plus pratique que le lait frais dans les foyers dépourvus de réfrigérateur fiable. À mesure que le lait infantile du commerce s’est généralisé et que les recommandations en matière d’alimentation ont évolué, la version maison a progressivement cédé la place.
12. Lumière artificielle
Pour lutter contre le rachitisme, on exposait parfois les enfants à de puissantes lampes à ultraviolets ; une sorte de « soleil » d’intérieur qui semblait alors à la pointe de la technologie, surtout pendant les hivers maussades. Cela semblait être une solution astucieuse jusqu’à ce que les aliments enrichis en vitamine D offrent une alternative bien plus simple, et que la prise de conscience croissante des risques liés à la surexposition aux UV rende ces séances de lumière à domicile bien moins attrayantes.
13. Commencer la diversification alimentaire dès les premières semaines
Dans les années 1950, on conseillait à certains parents de commencer à donner à leurs bébés des céréales, des légumes et des purées alors qu’ils n’avaient que quelques semaines. Des recherches ultérieures ont mis l’accent sur la maturité réelle de l’enfant, et la recommandation « des aliments solides dès six semaines » est devenue obsolète.
14. L'aspirine
L’aspirine était autrefois le remède de premier choix pour les enfants souffrant de fièvre, de grippe ou de varicelle. L’utilisation de ce médicament très répandu a finalement été associée au syndrome de Reye, une maladie rare mais dévastatrice qui touche le cerveau et le foie.
15. Spectacles de l'Incubateur
Avant que les hôpitaux ne disposent d’unités néonatales spécialisées, certains prématurés étaient pris en charge dans des incubateurs exposés au public, installés lors de foires et dans des parcs d’attractions, où les visiteurs payants pouvaient observer à travers une vitre les infirmières s’occupant de ces tout petits bébés. Cela peut sembler relever de l’exploitation, mais les recettes générées par la vente des billets finançaient en réalité des soins médicaux gratuits que les familles n’auraient pas pu se permettre autrement.
16. Dispositifs de positionnement pour le sommeil
Les coussins triangulaires en mousse et les matelas rembourrés promettaient de maintenir les bébés dans une position de sommeil « sûre » toute la nuit, parfois en avançant des arguments supplémentaires concernant le soulagement du reflux ou la forme du crâne. En réalité, les bébés pouvaient rouler dans le rembourrage ou se retrouver coincés contre celui-ci, et une série de cas de suffocation signalés a dissuadé les nouveaux parents d’utiliser ces « pièges mortels » apparemment douillets.
17. Traverses inclinées
Les lits inclinés ont été commercialisés comme la solution idéale pour les bébés difficiles ou sujets au reflux, promettant des périodes de sommeil plus longues et plus confortables. Cette invention a toutefois été suivie d’une vague de décès de nourrissons, de problèmes respiratoires et de rappels de produits. En 2022, les États-Unis avaient interdit les lits inclinés dont la surface présentait une inclinaison supérieure à 10 degrés.
18. Alèses de lit bébé
Les tours de lit avaient pour but d’empêcher les bébés de se cogner la tête contre les barreaux du lit ou de se coincer un membre entre les barreaux, tout en apportant la touche finale à un ensemble de chambre d’enfant coordonné. À mesure que la conception des lits d’enfant s’est améliorée, l’argument initial de sécurité a perdu de son poids, et les inquiétudes croissantes concernant les risques d’étouffement et de coincement ont conduit les États-Unis à interdire eux aussi les tours de lit rembourrés en 2022.
19. Jouer du Mozart
Une étude réalisée en 1993 a révélé que les étudiants obtenaient de meilleurs résultats, bien que de façon marginale, à certaines tâches spatiales après avoir écouté du Mozart. La culture populaire s’est emparée de cette affirmation, laissant entendre aux parents qu’ils pourraient élever des génies en faisant écouter un peu de musique classique à leurs enfants. Des analyses ultérieures n’ont toutefois trouvé aucune preuve durable indiquant qu’un peu de Mozart rendait les bébés plus intelligents.
20. Vidéos éducatives pour bébés
Ces vidéos destinées aux tout-petits promettaient un enrichissement du vocabulaire, une initiation précoce à la langue et un enrichissement culturel, le tout présenté dans un décor aux couleurs vives, avec des marionnettes et une musique douce. Pour les parents épuisés, elles offraient en outre quelques précieuses minutes de tranquillité. Mais ces grandes promesses éducatives ne se sont jamais concrétisées, et une nouvelle analyse des données linguistiques a révélé que les effets réels du visionnage de ces vidéos pour bébés étaient pratiquement négligeables.