L’histoire ne se souvient pas uniquement des personnes qui ont changé le monde pour le mieux. Certaines personnalités sont devenues célèbres par leur cruauté, leur trahison, un scandale, une fraude ou une décision particulièrement malavisée qui a éclipsé toutes leurs autres réalisations. D’autres ont vu leur réputation amplifiée par la propagande et répétée à l’envi, jusqu’à ce que la légende devienne plus familière que la vérité. Qu’ils le méritent pleinement ou que cela soit étonnamment injuste, ces 20 noms sont désormais indissociables de comportements que personne ne souhaiterait voir mentionnés dans une nécrologie.
1. Caligula
Caligula est devenu l’un des empereurs les plus tristement célèbres de la Rome antique, bien qu’il n’ait régné que moins de quatre ans. Des récits ultérieurs l’ont accusé d’avoir ordonné des exécutions, d’avoir humilié des sénateurs, d’avoir dilapidé les deniers publics et de s’être comporté comme si les règles habituelles ne s’appliquaient plus à lui. Certaines des histoires les plus extravagantes ont peut-être été exagérées par des auteurs romains hostiles, mais son nom reste synonyme d’un pouvoir chaotique, cruel et sans limites.
2. Néron
Peu de souverains ont été tenus pour responsables d’autant de catastrophes que Néron, dont la réputation est marquée par les meurtres, les persécutions, l’extravagance et de terribles représentations artistiques que personne n’osait critiquer. L’histoire bien connue selon laquelle il aurait joué de la musique pendant que Rome brûlait est un mythe, mais il a bel et bien utilisé les terrains défrichés par l’incendie pour y construire un immense complexe palatial. Même en tenant compte du caractère partial des sources antiques, le fait d’avoir orchestré la mort de sa propre mère n’a pas vraiment contribué à améliorer son image auprès du public.
3. Grigori Raspoutine
Raspoutine fit son entrée à la cour impériale russe car l’impératrice Alexandra pensait qu’il pourrait soulager l’hémophilie de son fils Alexeï. Son accès à la famille royale donna rapidement lieu à des rumeurs concernant son alcoolisme, ses écarts de conduite sexuels, ses manipulations politiques et son emprise secrète sur l’empire. Si bon nombre de ces récits ont été exagérés, sa présence est souvent associée à la chute et à la destruction brutale de la famille royale russe.
4. Benedict Arnold
Avant de devenir le traître le plus célèbre des États-Unis, Benedict Arnold avait été l’un des commandants les plus courageux et les plus efficaces de l’Armée continentale. Le ressentiment lié à des questions d’argent, de promotions et à ce qu’il percevait comme un manque de respect l’a finalement conduit à ourdir un complot visant à livrer West Point aux Britanniques. Le plan a échoué, mais il a réussi à faire de son nom un synonyme indélébile de trahison.
5. Charles Ponzi
Charles Ponzi promettait aux investisseurs des profits colossaux grâce à un système reposant sur des coupons-réponse postaux internationaux. En réalité, l’argent des nouveaux clients servait à rembourser les premiers, jusqu’à ce que l’ensemble de l’opération s’effondre inévitablement. Il n’était pas le premier à se livrer à ce type d’escroquerie, mais c’est son nom qui est resté associé à ce stratagème.
6. Al Capone
Al Capone est devenu le visage emblématique du crime organisé pendant la Prohibition, à la tête d’un réseau basé à Chicago impliqué dans le trafic d’alcool, les jeux d’argent illégaux et la violence. Avec ses costumes hors de prix et ses interventions médiatiques pleines d’assurance, il donnait parfois davantage l’impression d’être un homme d’affaires célèbre que d’un chef de gang. Après que les autorités eurent peiné à le poursuivre pour des crimes plus violents, il fut finalement incarcéré pour fraude fiscale, une fin bien moins spectaculaire que ne le laissait présager sa réputation.
7. Barbe Noire
Edward Teach, plus connu sous le nom de Barbe Noire, avait soigneusement mis au point une apparence destinée à effrayer les marins avant même que les combats ne commencent. On raconte qu’il nouait des rubans dans sa barbe et plaçait des mèches enflammées autour de sa tête lors des affrontements. Sa carrière de pirate fut étonnamment brève, mais le soin qu’il apportait à son image de marque fit de lui l’un des criminels les plus reconnaissables de l’histoire.
8. Giacomo Casanova
Casanova a été écrivain, diplomate, joueur, voyageur et, parfois, escroc, mais presque tout cela a été éclipsé par sa réputation de séducteur. Ses mémoires détaillées décrivent de nombreuses relations et aventures à travers l’Europe du XVIIIe siècle, faisant de son nom de famille un synonyme de « séducteur invétéré ». Cette réputation a perdu de son charme à la lumière d’une analyse moderne, notamment parce que plusieurs des rencontres qu’il a décrites impliquaient la tromperie, l’exploitation ou des déséquilibres de pouvoir préoccupants.
9. Mary Mallon
Mary Mallon a été surnommée « Typhoid Mary » après que les enquêteurs eurent établi un lien entre son travail de cuisinière et plusieurs épidémies survenues à New York. Comme elle était porteuse de la bactérie sans paraître malade, elle refusait de croire qu’elle pouvait contaminer qui que ce soit et a par la suite repris son travail de cuisinière sous un autre nom. Son surnom est devenu synonyme de toute personne propageant une maladie.
10. William Bligh
On se souvient surtout du capitaine William Bligh comme du commandant sévère dont l’équipage s’est mutiné à bord du Bounty. Les livres et les films l’ont souvent dépeint comme un tyran presque insupportable qui poussait ses marins au-delà de leurs limites. Les archives historiques révèlent toutefois un personnage plus nuancé, car Bligh était également un navigateur très compétent dont la conduite n’était pas exceptionnellement brutale au regard des normes navales de l’époque.
11. Élisabeth Báthory
Elizabeth Báthory a été accusée d’avoir torturé et assassiné de jeunes femmes dans ses domaines hongrois, ce qui lui a valu plus tard le surnom de « comtesse sanglante ». Des récits à sensation affirmaient qu’elle se baignait dans le sang de ses victimes pour préserver sa jeunesse, bien que ce détail ne soit apparu que bien après sa mort. Les historiens continuent de débattre pour savoir si elle était une meurtrière prolifique, la cible d’un complot politique, ou quelque chose entre ces deux extrêmes.
12. Vlad l'Empaleur
Vlad III de Valachie est tristement célèbre pour avoir recouru à l’empalement comme châtiment à l’encontre de ses ennemis et des criminels présumés. Les récits faisant état de « forêts de cadavres » ont contribué à faire de lui un symbole de la cruauté médiévale et, plus tard, à l’associer au personnage de Dracula. Dans certaines régions de Roumanie, cependant, on se souvient également de lui comme d’un souverain énergique qui a résisté à l’expansion ottomane et a su rétablir l’ordre au cours d’une période marquée par la violence.
13. Gilles de Rais
Gilles de Rais a débuté sa carrière publique en tant que noble fortuné et commandant militaire ayant combattu aux côtés de Jeanne d’Arc. Son héritage a radicalement changé après qu’il eut été jugé et exécuté en 1440 pour abus et meurtres d’enfants. Des questions ont été soulevées quant aux enjeux politiques et aux procédures entourant son procès, mais ces accusations effroyables ont définitivement éclipsé sa réputation militaire antérieure.
14. Madame LaLaurie
Delphine LaLaurie était une riche mondaine de La Nouvelle-Orléans dont l’élégante demeure cachait les mauvais traitements brutaux infligés à ses esclaves. Ces exactions ont été révélées au grand public après qu’un incendie, survenu en 1834, eut conduit les sauveteurs à pénétrer dans la propriété. LaLaurie s’enfuit de la ville, laissant derrière elle une réputation si troublante que son manoir devint par la suite l’un des sites de tourisme noir les plus connus de La Nouvelle-Orléans.
15. P.T. Barnum
P.T. Barnum a contribué à transformer le monde du divertissement populaire grâce aux musées, aux expositions et au cirque qui a fini par porter son nom. Il a également bâti sa carrière en mettant en avant des canulars et en exposant des personnes dont le physique, les origines ou l’identité étaient présentés comme des curiosités à un public payant. Son talent pour la publicité était indéniable, mais bon nombre de ses méthodes apparaissent aujourd’hui comme une forme d’exploitation.
16. Niccolò Machiavelli
Le nom de Machiavel en est venu à être associé à la manipulation, à la malhonnêteté et à la quête impitoyable du pouvoir. Cette réputation tient en grande partie à Le Prince, ouvrage qui traite de la manière dont les dirigeants acquièrent et conservent le pouvoir dans un monde politique instable. La question de savoir s’il approuvait ce type de comportement ou s’il se contentait de le décrire de manière réaliste fait encore débat, mais être qualifié de « machiavélique » n’est certainement pas un compliment que la plupart des gens espèrent recevoir.
17. Marie-Antoinette
Marie-Antoinette est devenue le symbole de l’extravagance royale alors que les Français du peuple souffraient de la faim et de difficultés économiques. On l’associe encore aujourd’hui largement à la phrase dédaigneuse « Qu’ils mangent de la brioche », même s’il n’existe aucune preuve fiable qu’elle ait réellement prononcé ces mots. Ses dépenses excessives et son manque de discernement politique ont terni son image, mais la propagande en a fait un bouc émissaire commode pour des problèmes bien plus graves que la garde-robe d’une reine.
18. Lucrèce Borgia
Pendant des siècles, Lucrezia Borgia a été dépeinte comme une empoisonneuse séductrice qui a aidé sa puissante famille à éliminer ses ennemis. Cette réputation tenait en grande partie aux rumeurs entourant son père, le pape Alexandre VI, et son frère César, qui utilisaient tous deux les mariages et les alliances à des fins politiques. Les sources qui nous sont parvenues suggèrent que Lucrezia a souvent servi de pion dans les plans de sa famille et qu’elle est ensuite devenue une administratrice et une mécène respectée à Ferrare, mais cette image passée est restée ancrée dans les esprits.
19. Mata Hari
Mata Hari est devenue célèbre en tant que danseuse glamour qui aurait séduit des officiers et volé des secrets pendant la Première Guerre mondiale. La France l’a condamnée et exécutée pour espionnage en 1917, la présentant comme une agente allemande redoutablement efficace. Des historiens ultérieurs ont remis en question la solidité du dossier, suggérant que son image scandaleuse avait fait d’elle un bouc émissaire commode durant une période désastreuse de la guerre.
20. Le marquis de Sade
Le marquis de Sade s’est rendu tristement célèbre pour ses œuvres à caractère sexuellement explicite, empreintes de violence, de cruauté et d’abus de pouvoir extrêmes. Sa vie privée était presque aussi scandaleuse, marquée par des arrestations répétées, des accusations d’agression et de longues périodes d’emprisonnement. Son nom a fini par donner naissance au terme « sadisme », garantissant ainsi que sa réputation littéraire resterait à jamais associée à un comportement que la plupart des gens trouvent profondément dérangeant.