Une découverte majeure dans le cimetière néolithique de Coeby

C’est au cœur d’un paysage dense, recouvert d’arbres et de broussailles près du cimetière néolithique de Coeby, dans la commune de Trédion en France, qu’une équipe de scientifiques a réalisé une avancée archéologique majeure. Les chercheurs ont arpenté le terrain point par point pour effectuer des milliers de mesures manuelles afin de scruter le sous-sol.
Leur objectif était de percer le mystère de deux imposants tumulus allongés, désignés sous les codes TRED30 et TRED31. Ces structures de terre et de limon, vieilles de près de 7 000 ans et remontant au Ve millénaire avant notre ère, adoptent une forme évoquant des cigares allongés.
Comme le rapporte une étude publiée dans la revue Archaeological Prospection par des spécialistes de l’Université de La Rochelle, ces tertres pourraient abriter des chambres funéraires cachées en granit et témoigner de rituels d’inhumation encore inexplorés.
La résistivité électrique pour cartographier le sous-sol

Pour analyser l’intérieur des monuments sans procéder à des destructions, les archéologues de l’Université de La Rochelle ont employé la cartographie par résistivité électrique. Cette technique fonctionne comme un détecteur élaboré en envoyant des courants électriques dans le sol afin d’en mesurer la densité.
Les couches de limon conduisent facilement l’électricité, tandis que la présence de dalles de granit renvoie des lectures nettement différentes. Ces variations ont révélé des anomalies structurelles significatives sous la surface des tertres.
L’ensemble du site de Coeby, découvert initialement en 1986, abrite plusieurs ensembles de longs tumulus — dont certains dépassent 80 mètres de longueur — entourés de pierres dressées et de tombes à couloir. Aujourd’hui recouverts par une végétation luxuriante, les lieux sont également traversés par une route de service.
Des monuments comparables aux structures de type Passy

Les données récoltées indiquent que ces tertres présentent des caractéristiques très proches des monuments dits de type Passy. Ce style architectural était particulièrement répandu de la Normandie jusqu’à la vallée de l’Yonne au milieu du Ve millénaire avant notre ère. Cette découverte confirme une extension importante de cette tradition vers le sud-ouest.
Selon les conclusions de l’équipe scientifique relayées dans la revue, « les résultats pointent vers des structures qui pourraient être similaires aux constructions de type Passy recouvrant des pierres dressées brutes et anthropomorphes. »
Les auteurs précisent également dans leur rapport : « Plusieurs groupes de longs tumulus de forme et de taille significatives révèlent des anomalies inhabituelles qui soulèvent des questions sur la fonctionnalité et l’origine de ces structures », ajoutant qu’il « semble raisonnable de confirmer que ces deux tumulus sont en effet des monuments funéraires appartenant au cimetière de Coeby. »
La présence révélatrice de stèles en granit

Les relevés géophysiques soulignent la très forte probabilité d’amas de pierres et de chambres funéraires construites en dalles de granit à l’intérieur même des tumulus. Un phénomène d’érosion naturelle a d’ailleurs confirmé ces hypothèses en mettant au jour un menhir de granit situé exactement sur l’axe central de l’un des tertres, là où les densités mesurées étaient les plus fortes.
Cette visibilité de surface constitue un atout précieux pour les spécialistes. Les chercheurs notent à ce sujet : « Nous avons la chance d’avoir, dans notre zone d’étude, des exemples bien conservés de ces géants de terre avec des structures hors sol clairement visibles. »
Ils ajoutent également dans le texte de l’étude que « la coexistence de pierres dressées encastrées dans les tumulus et positionnées au-dessus d’eux suggère des interactions scientifiquement intéressantes. »
Des énigmes persistantes et le besoin de futures fouilles

Ce site n’en est pas à son premier mystère. Lors d’une campagne d’exploration menée dans les années 1990 sur un autre tumulus du secteur, deux dalles de pierre sculptées en forme humaine (anthropomorphes) avaient déjà été découvertes, soulevant de nombreuses interrogations sur la vocation exacte du complexe cérémoniel.
La fonction exacte de ces pierres dressées intégrées au cœur de structures funéraires reste mal comprise par la communauté scientifique. L’association entre dépôts funéraires, dalles de granit et menhir central pose la question des rites spirituels des populations néolithiques régionales.
En conclusion de leurs travaux, les chercheurs de l’Université de La Rochelle rappellent : « La présence de pierres dressées dans ces tumulus reste un mystère à ce jour. Une fouille approfondie de ce type de monument fournirait plus d’informations sur ces anomalies internes. »
Selon la source : popularmechanics.com
Des archéologues auraient découvert un mystérieux rituel funéraire datant de 7 000 ans