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Une révélation majeure grâce à l’analyse de l’ADN ancien

credit : saviezvousque.net (image IA)

Des chercheurs ont fait une découverte fascinante en examinant les restes osseux de mammouths laineux chassés par les premiers humains. En étudiant le matériel génétique de ces géants disparus, l’équipe scientifique a mis en évidence une tendance très nette quant à la sélection des proies par les populations préhistoriques.

D’après une étude relayée par le média IFLScience et publiée dans la revue scientifique Current Biology, les spécimens tués par l’Homme étaient majoritairement des femelles. Inversement, les individus morts de causes naturelles s’avèrent être en grande majorité des mâles.

Des comportements sociaux qui ont guidé le choix des chasseurs

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Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques du Centre de Paléogénétique ont analysé l’ADN ancien de 521 mammouths laineux issus d’Eurasie et d’Amérique du Nord, dont 448 ont été séquencés pour la première fois. Sur les 421 individus découverts sous forme de restes isolés morts dans un cadre naturel, 66 % étaient des mâles et 34 % des femelles. En revanche, dans les sites de découpe datés de 30 000 à 20 000 ans comportant une centaine d’os, les femelles représentaient 70 % des dépouilles contre seulement 30 % de mâles.

Les chercheurs estiment que ce choix n’était pas uniquement motivé par la taille plus réduite des femelles. Les habitudes sociales des pachydermes préhistoriques auraient joué un rôle déterminant dans cette stratégie d’approvisionnement.

Le Dr Hannah Moots, chercheuse postdoctorale au Centre de Paléogénétique et auteure principale de l’étude, a expliqué à IFLScience : « Si les mammouths se déplaçaient en troupeaux comme les éléphants modernes, ils se sont peut-être déplacés à travers le paysage de manière plus prévisible ou saisonnière. Les mâles adultes ont tendance à errer davantage, tandis que les troupeaux dirigés par des femelles suivent des schémas de déplacement plus réguliers, ce qui a pu les rendre plus faciles à localiser. »

Les mystères de la traque de ces géants de la Préhistoire

credit : saviezvousque.net (image IA)

Abattre un mammouth laineux constituait un défi colossal pour les chasseurs du Paléolithique. Les scientifiques rappellent que ces animaux pouvaient atteindre une hauteur de 3,7 mètres (12 pieds) et peser jusqu’à plus de 8 tonnes. La force brute seule ne permettait donc pas de venir facilement à bout de telles créatures.

Selon le Dr David Díez del Molino, chercheur au Centre de Paléogénétique et co-auteur principal de l’étude, suivre les itinéraires migratoires et rabattre les animaux dans des culs-de-sac demeure l’explication la plus intuitive. Cette méthode expliquerait la surreprésentation des femelles, qui se déplaçaient vraisemblablement en groupes plus importants.

L’équipe de recherche collabore désormais avec d’autres spécialistes afin de rassembler des preuves complémentaires. L’analyse combinée de l’ADN ancien, de données isotopiques et de découvertes archéologiques vise à comprendre avec précision les techniques employées pour réussir un tel exploit de chasse.

Une mosaïque chromosomique inédite découverte chez une espèce éteinte

credit : saviezvousque.net (image IA)

Au-delà des schémas de chasse, cette étude génétique a mis en lumière une anomalie chromosomique tout à fait exceptionnelle. L’un des mammouths analysés ne s’insérait pas dans le schéma binaire classique opposant les femelles XX aux mâles XY.

Provenant de l’île Wrangel, le dernier refuge sur Terre où les mammouths laineux ont survécu, cet individu présentait une combinaison chromosomique particulière appelée mosaïcisme X0/XX. Dans ce cas précis, certaines cellules de l’organisme ne possèdent qu’une seule copie du chromosome X, tandis que d’autres en possèdent deux. Ce phénomène est l’équivalent du syndrome de Turner chez l’être humain.

C’est la toute première fois qu’une telle combinaison de chromosomes sexuels est documentée chez une espèce éteinte. Le Dr Hannah Moots a souligné l’enthousiasme de l’équipe face à cette découverte : « Nous ne nous attendions certainement pas à trouver cela, mais c’était vraiment passionnant. »

Les avancées technologiques au service de la paléogénétique

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Déterminer l’impact d’une telle particularité génétique sur l’apparence ou le comportement de l’animal reste complexe. Comme le précise le Dr Hannah Moots : « Il est également difficile de savoir s’il y aurait eu des différences physiques visibles. Chez d’autres mammifères, les effets peuvent varier considérablement selon l’espèce et selon que l’individu est un X0 complet ou une mosaïque X0/XX. » Elle ajoute : « Par exemple, chez les chevaux, les individus X0 ne semblent généralement pas présenter de différences morphologiques externes évidentes par rapport aux femelles XX typiques, bien qu me ils soient souvent infertiles en raison d’anomalies du développement ovarien. »

L’analyse se heurte également aux limites matérielles des échantillons fossiles disponibles. Le Dr Moots observe : « Comme notre mammouth était une mosaïque X0/XX et que nous ne disposons que de l’ADN d’un os, nous ne pouvons pas savoir comment les différentes populations cellulaires étaient réparties dans le corps ni si cette condition aurait affecté l’apparence ou la fertilité de l’animal. »

Le Dr David Díez del Molino a rappelé que la chance a joué un rôle dans cette observation, mais qu’elle a été rendue possible grâce aux récents progrès technologiques. Le Dr Moots conclut : « Cela n’aurait vraiment pas été possible il y a encore deux ans. La combinaison de génomes de référence améliorés et de nouvelles méthodes d’ADN ancien est ce qui a rendu cette découverte possible. »

Selon la source : iflscience.com

L’ADN ancien révèle le mode de chasse des humains et une anomalie chromosomique inédite chez le mammouth laineux

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