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Le mythe d’Ubar, la cité engloutie de la péninsule Arabique

credit : lanature.ca (image IA)

Dans le folklore arabe traditionnel, la cité d’Ubar occupe une place légendaire depuis plusieurs siècles. Présentée comme une métropole prospère et fortifiée érigée au milieu d’une oasis, elle constituait une étape majeure sur la route commerciale reliant le sud de la péninsule Arabique à la mer Méditerranée. Ses réservoirs d’eau alimentaient de hautes tours tandis que de nombreuses caravanes chargées d’encens et de myrrhe y faisaient halte. Selon les récits ancestraux, la ville aurait subitement disparu, engloutie par les sables sous l’effet d’un châtiment divin punissant la vanité et l’immoralité de ses habitants.

Bien que ce récit relève en partie du mythe populaire, les données historiques attestent qu’une oasis florissante a bel et bien existé dans le désert du Rub al-Khali, reconnu comme le plus grand désert de sable continu au monde. Selon un rapport du journaliste Tim Newcomb, la quête de cette métropole oubliée suscite depuis près d’un siècle la fascination des chercheurs et des aventuriers du monde entier, sans que le mystère ne soit totalement levé.

Un siècle d’expéditions et de recherches dans le Quart Vide

credit : lanature.ca (image IA)

L’intérêt du monde occidental pour cette cité surnommée l’ « Atlantide des sables » s’est intensifié à partir de l’année 1931, lorsque l’explorateur britannique Bertram Thomas entreprit de devenir le premier Européen à traverser le Quart Vide. Guidé par des Bédouins locaux, il collecta des témoignages oraux évoquant la cité perdue et consigna sur ses cartes la trace des anciennes pistes caravanières. Il a publié ses conclusions dans le *Geographical Journal*, popularisant définitivement le concept d’une Atlantide enfouie sous les sables.

La diffusion de ces travaux a déclenché une vague d’expéditions à travers la région. Des figures illustres comme Thomas Edward Lawrence, connu sous le nom de Lawrence d’Arabie, ainsi que les explorateurs britanniques Harry St. John Philby et Wilfred Thesiger, ou encore l’Américain Wendell Phillips, se sont tous lancés sur les traces de la ville perdue. Cependant, malgré des décennies de recherches intenses au milieu des dunes, chacune de ces tentatives s’est soldée par un échec.

L’expédition des années 1980 et la redécouverte de Shisr

credit : lanature.ca (image IA)

Au cours des années 1980, le réalisateur et archéologue amateur Nicholas Clapp a relancé les investigations en mettant sur pied une équipe d’experts comprenant l’aventurier Sir Ranulph Fiennes et l’archéologue Juris Zarins. En s’appuyant sur des images satellitaires fournies par la NASA, le groupe est parvenu à identifier d’anciennes pistes caravanières convergeant vers un site spécifique situé à Shisr, dans le Sultanat d’Oman.

Les fouilles menées sur ce site ont permis de mettre au jour des structures fortifiées, des tours effondrées ainsi que les vestiges d’un puits d’eau permanent. L’annonce de la découverte a suscité un écho international considérable. Comme l’indique un article du New York Times paru en 1992 : « Guidés par des cartes anciennes et des observations précises depuis l’espace, des archéologues et des explorateurs ont découvert une cité perdue au cœur des sables d’Arabie, et ils sont pratiquement certains qu’il s’agit d’Ubar, le fabuleux centre commercial du riche commerce de l’encens il y a des milliers d’années. »

Controverses et remises en question scientifiques

credit : lanature.ca (image IA)

Malgré l’enthousiasme initial, la communauté scientifique a rapidement émis de nombreuses réserves quant à l’identification de Shisr comme étant la mythique Ubar. En réalité, le site de Shisr n’avait jamais été véritablement perdu : l’explorateur Wilfred Thesiger en avait déjà consigné l’existence plusieurs décennies auparavant. De plus, dès les années 1940, des géologues de compagnies pétrolières avaient répertorié les ruines de son fort avant de rejeter l’hypothèse qu’il s’agisse de la légendaire métropole.

Les analyses archéologiques indiquent que la forteresse visible aurait été construite au XVIe siècle, même si l’équipe de Clapp a soutenu qu’elle reposait sur un habitat beaucoup plus ancien. Des responsables saoudiens ont publiquement contesté cette attribution, tandis que l’UNESCO classe Shisr comme un établissement médiéval. À ce jour, aucun vestige ne prouve que le lieu ait été plus qu’un simple poste de traite fortifié.

Nouvelles études et déclin des routes caravanières

credit : lanature.ca (image IA)

L’équipe de recherche n’a pas renoncé à sa thèse pour autant. Dans une étude de 2007 publiée dans Remote Sensing in Archaeology, les explorateurs ont documenté la découverte d’objets provenant de Perse, de Rome et de Grèce, confirmant l’importance commerciale du site. Ils ont également identifié une doline d’effondrement ayant englouti la porte principale, provoquée par le ponctionnement excessif des réserves d’eau souterraine par les habitants.

Analysant la situation de manière plus globale, l’archéologue Juris Zarins a déclaré auprès de PBS que les textes anciens décrivent Ubar comme une région ou un groupe humain plutôt que comme une ville unique. Avec le transfert du commerce vers les voies maritimes et l’assèchement progressif de la nappe phréatique, Shisr est tombée dans l’oubli, posant ainsi les bases du mythe d’Ubar. La véritable cité perdue repose peut-être encore sous les dundes du Rub al-Khali.

Selon la source : popularmechanics.com

Une équipe de tournage pourrait avoir découvert la légendaire « Atlantide des sables »

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