La Grande Dépression a touché les familles de manière différente selon leur lieu de résidence, leurs revenus, leur communauté et leur accès à des exploitations agricoles ou à des programmes d’aide, mais les difficultés financières ont contraint des millions de personnes à repenser leur façon de préparer les repas. Les cuisiniers amateurs faisaient durer les aliments de base bon marché, réutilisaient les restes, remplaçaient les ingrédients manquants et cueillaient de la nourriture dans leurs jardins ou dans la nature environnante dès qu’ils le pouvaient. Certains plats existaient bien avant les années 1930, mais leur prix abordable les rendait particulièrement pratiques durant cette période. Ces exemples révèlent 20 façons créatives dont les gens se nourrissaient pendant la Grande Dépression.
1. Ils ont préparé un ragoût à la Hoover
Le « ragoût Hoover » était composé d’ingrédients bon marché tels que des macaronis, des tomates en conserve, du maïs, des haricots et des saucisses en rondelles. Ce nom constituait une critique à l’encontre du président Herbert Hoover, qui était étroitement associé aux difficultés économiques que traversait le pays.
2. Ils ont versé de la sauce sur du pain
Du pain nappé d’une sauce simple constituait un repas copieux sans qu’il soit nécessaire d’utiliser un morceau de viande coûteux. Les cuisiniers préparaient souvent cette sauce à partir de farine, de graisse, de lait, d’eau ou des jus de cuisson restants d’un autre plat. Bien que les ingrédients fussent modestes, ce mélange apportait moelleux et saveur au pain rassis ou fait maison.
3. Ils allongeaient la viande avec des agents de remplissage
La viande étant un produit coûteux pour les ménages en difficulté, les cuisiniers la mélangeaient en petites quantités avec de la chapelure, des flocons d’avoine, du riz, des biscuits salés ou des légumes. Les pains de viande, les galettes et les plats mijotés permettaient de nourrir plusieurs personnes avec une seule portion de viande. Les assaisonnements, les oignons et la sauce contribuaient à faire de ce plat enrichi un véritable repas familial.
4. Ils ont transformé les restes en nouveaux plats
Le gaspillage alimentaire n’était pas envisageable lorsque le budget consacré à l’épicerie était limité ; ainsi, le repas de la veille se retrouvait souvent dans l’assiette sous une autre forme. Les restes de viande et de légumes pouvaient être incorporés dans un hachis, une soupe, des croquettes, des gratins ou des tourtes salées.
5. Ils ont préparé une bouillie de semoule de maïs
La semoule de maïs était bon marché, facile à trouver et se prêtait à la préparation de nombreux plats copieux. Les familles la faisaient mijoter dans de l’eau ou du lait pour obtenir une bouillie chaude qui pouvait être servie nature ou légèrement sucrée. Une fois refroidis, les restes, qui avaient pris une consistance ferme, étaient coupés en tranches et frits pour constituer un autre repas le lendemain.
6. Ils ont servi des haricots en plat principal
Les haricots secs constituaient une source de protéines abordable et pouvaient être conservés longtemps sans réfrigération. Les cuisiniers amateurs les faisaient mijoter avec des oignons, des tomates, des épices ou un petit morceau de porc pour leur donner plus de saveur. Une grande marmite permettait de préparer plusieurs repas, surtout lorsqu’on les servait avec du pain ou du pain de maïs.
7. Ils ont créé des gâteaux sans œufs
Le beurre, le lait et les œufs n’étaient pas toujours abordables, mais les familles trouvaient tout de même le moyen de préparer des desserts de temps en temps. Les recettes que l’on appelle aujourd’hui communément « gâteau de la Dépression » ou « gâteau farfelu » utilisaient des ingrédients de garde-manger tels que la farine, le sucre, le cacao, l’huile, le vinaigre et le bicarbonate de soude. La réaction chimique entre le vinaigre et le bicarbonate de soude permettait au gâteau de lever sans œufs.
8. Ils utilisaient des pommes de terre dans la confection de bonbons
Les pommes de terre ne se limitaient pas aux soupes, aux hachis et aux accompagnements, car les cuisiniers inventifs les utilisaient également dans des desserts faits maison. On pouvait mélanger de la purée de pommes de terre avec du sucre glace pour obtenir une pâte moelleuse, sur laquelle on étalait parfois du beurre de cacahuète avant de l’enrouler.
9. Ils faisaient de la soupe avec presque n'importe quoi
La soupe permettait aux familles de combiner de petites quantités d’ingrédients pour préparer un repas pouvant nourrir plusieurs personnes. Pommes de terre, haricots, choux, tomates, pâtes, os et restes de légumes trouvaient tous leur place dans la marmite. L’ajout d’eau ou de bouillon permettait d’augmenter le nombre de portions, tandis que le pain rendait chaque bol plus copieux.
10. Ils ont mangé des feuilles de pissenlit
Certaines familles cueillaient des plantes sauvages comestibles pour compléter ce qu’elles pouvaient s’offrir ou cultiver. Les feuilles de pissenlit pouvaient être lavées et ajoutées à des salades, cuites à l’eau comme d’autres légumes verts, ou préparées avec un peu de matière grasse. La cueillette exigeait des connaissances locales solides, car toutes les plantes sauvages n’étaient pas comestibles.
11. Ils comptaient sur leurs potagers familiaux
Les familles disposant d’un terrain adapté cultivaient des légumes afin de réduire leur dépendance vis-à-vis des aliments achetés. Les haricots, les tomates, les pommes de terre, les choux, les carottes et les courges permettaient d’obtenir des récoltes intéressantes sans nécessiter de matériel sophistiqué.
12. Ils conservaient les produits de saison
La mise en conserve, le marinage, le séchage et la confection de confitures permettaient aux ménages d’éviter le gaspillage alimentaire pendant les saisons de production. Les fruits et légumes conservés dans des bocaux pouvaient subvenir aux besoins des familles une fois que les potagers cessaient de produire ou que les produits frais devenaient trop chers.
13. Ils ont fait frire du pain rassis
Le pain qui était devenu sec n’était pas forcément bon à jeter. On pouvait le faire frire dans de la graisse, le faire tremper dans du lait ou des œufs quand on en avait, le faire griller ou l’incorporer dans des puddings et des farces.
14. Ils ont associé des hot-dogs à des pommes de terre
Les hot-dogs constituaient un moyen relativement peu coûteux d’ajouter de la viande et des assaisonnements à un plat plus copieux. Les familles les coupaient en morceaux et les ajoutaient à des poêlées composées de pommes de terre, d’oignons, de chou ou d’autres légumes bon marché.
15. Ils ont préparé du bœuf effiloché sur des toasts
Le « creamed chipped beef on toast » était préparé à partir de fines lamelles de bœuf en conserve, nappées d’une sauce blanche simple. Le fait de servir ce mélange sur du pain grillé permettait de rendre une petite quantité de viande plus copieuse et plus facile à répartir.
16. Ils ont fabriqué des aliments factices
Les recettes utilisaient parfois le mot « mock » pour désigner des plats qui imitaient des mets plus coûteux à l’aide d’ingrédients moins chers. Une « mock apple pie », par exemple, pouvait être préparée avec des biscuits salés, du sucre, des épices et un arôme acidulé, plutôt qu’avec des pommes fraîches.
17. Ils servaient souvent du chou
Le chou était très apprécié car il était bon marché, polyvalent et se conservait plus longtemps que de nombreux légumes fragiles. On pouvait le faire bouillir, le faire frire, l’ajouter à une soupe, le mélanger à des pommes de terre ou le conserver sous forme de choucroute.
18. Ils utilisaient la mélasse comme édulcorant
Le sucre raffiné pouvant être difficile à intégrer dans un budget alimentaire restreint, certains foyers se tournaient vers la mélasse lorsqu’ils pouvaient s’en procurer. Ce sirop épais servait à sucrer le pain, les biscuits, les flocons d’avoine, les haricots et les desserts simples, tout en leur conférant une saveur forte et caractéristique.
19. Ils ont partagé de la nourriture dans le cadre de programmes communautaires
Toutes les familles en difficulté ne pouvaient pas subvenir à leurs besoins uniquement grâce à leur ingéniosité. Les files d’attente pour le pain, les soupes populaires, les églises, les associations caritatives, les écoles et les programmes d’aide gouvernementaux distribuaient des repas ou des produits alimentaires de première nécessité aux personnes souffrant de la faim.
20. Ils échangeaient de la nourriture contre du travail
Le manque d’argent a incité certains voisins et proches à échanger directement des biens ou à s’apporter une aide pratique. Une personne pouvait ainsi échanger des œufs, des produits du potager, des conserves, des services de réparation ou une aide à la récolte contre quelque chose qu’un autre foyer pouvait fournir.