Les guerres éclatent rarement à la suite d’une seule erreur, et elles prennent rarement fin grâce à un simple coup de chance. Pourtant, l’histoire regorge de conflits dans lesquels les dirigeants ont mal interprété les intentions de leur adversaire, sa puissance militaire ou sa volonté de se battre, tandis que des décès inattendus, des crises politiques ou des rebondissements sur le champ de bataille ont parfois ouvert la voie à la paix. L’étude de ces cas montre à quel point des hypothèses erronées peuvent avoir des conséquences considérables et comment des circonstances imprévues peuvent influencer la manière dont les guerres prennent finalement fin.
1. La Première Guerre mondiale
Les dirigeants européens sont entrés dans la crise de juillet 1914 en pensant pouvoir maîtriser le conflit qui a suivi l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand. Les plans de mobilisation et les engagements pris au titre des alliances ont alors restreint les options diplomatiques, jusqu’à ce que la crise régionale se transforme en guerre européenne.
2. La guerre de Crimée
L’empereur russe Nicolas Ier s’est lourdement trompé dans son évaluation de la manière dont la Grande-Bretagne et la France réagiraient face à la pression croissante exercée par la Russie sur l’Empire ottoman. La Grande-Bretagne et la France sont au contraire entrées en guerre contre la Russie, tandis que la neutralité hostile de l’Autriche a conduit Nicolas à un isolement croissant.
3. La guerre de 1812
Les dirigeants américains avaient des griefs légitimes à l’encontre de la Grande-Bretagne, notamment en ce qui concerne les restrictions maritimes et l’enrôlement forcé, mais certains ont sous-estimé la difficulté d’envahir l’Amérique du Nord britannique. Les premières tentatives d’invasion américaines se soldèrent par des échecs, et la Grande-Bretagne finit par redéployer des troupes expérimentées vers l’Amérique du Nord à mesure que la position de Napoléon en Europe s’affaiblissait.
4. La guerre franco-prussienne
Le gouvernement de Napoléon III déclara la guerre à la Prusse en 1870 sans avoir pleinement mesuré l’ampleur des forces que la Prusse pouvait mobiliser aux côtés de ses alliés allemands. Otto von Bismarck avait par ailleurs habilement exacerbé les tensions par sa gestion de la « dépêche de l’Ems ».
5. La guerre russo-japonaise
Les dirigeants russes ont sous-estimé la volonté et la capacité du Japon à mener une lutte pour la suprématie face à leurs intérêts concurrents en Corée et en Mandchourie. Le Japon a lancé une attaque surprise contre les forces russes à Port-Arthur en 1904 et a fait preuve d’une efficacité militaire supérieure à ce que de nombreux responsables russes avaient prévu.
6. La Guerre d'hiver
Joseph Staline s’attendait à ce que l’invasion de la Finlande par l’Union soviétique en 1939 aboutisse à une victoire relativement rapide. Les troupes finlandaises étaient largement surpassées en nombre, mais une résistance acharnée, un terrain accidenté et de graves problèmes de commandement du côté soviétique transformèrent cette campagne en un conflit aux coûts inattendus. La Finlande finit par accepter les conditions de paix, mais les pertes soviétiques furent bien plus importantes que ce que Moscou avait prévu.
7. La guerre de Corée
L’invasion de la Corée du Sud par la Corée du Nord en juin 1950 reposait en partie sur l’espoir de pouvoir vaincre rapidement le Sud. L’intervention des forces des Nations Unies, menées par les États-Unis, a radicalement bouleversé ce calcul. La progression ultérieure des forces de l’ONU vers la frontière chinoise a donné lieu à une nouvelle erreur d’appréciation lorsque la Chine est entrée en force dans le conflit et a repoussé les troupes de l’ONU vers le sud.
8. La guerre des Malouines
Le gouvernement militaire argentin a occupé les îles Malouines en avril 1982, tout en sous-estimant gravement la détermination de la Grande-Bretagne à recourir à la force pour les récupérer. La Grande-Bretagne a néanmoins dépêché une force opérationnelle navale et a repris les îles après plusieurs semaines de combats.
9. La guerre Iran-Irak
Saddam Hussein a envahi l’Iran en 1980, comptant tirer parti du chaos provoqué par la Révolution iranienne et obtenir rapidement des avantages stratégiques. Ce que Bagdad considérait comme une opportunité ponctuelle a finalement entraîné d’énormes pertes militaires et économiques pour les deux camps.
10. La guerre du Golfe
Saddam Hussein a commis une nouvelle erreur stratégique majeure lorsque l’Irak a envahi le Koweït en août 1990. Les dirigeants irakiens n’ont pas su anticiper l’ampleur de la coalition internationale qui allait se former sous l’égide des États-Unis, ni sa détermination à mettre fin à l’occupation. Les forces de la coalition ont chassé les troupes irakiennes du Koweït début 1991, après des mois de pressions diplomatiques et de renforcement militaire.
1. La guerre d'indépendance américaine
La victoire américaine à Yorktown en 1781 a reposé sur des manœuvres militaires judicieuses et un timing naval bien choisi. Une flotte française commandée par l’amiral de Grasse contrôlait la baie de Chesapeake, empêchant ainsi les Britanniques de venir facilement en renfort à Cornwallis ou de l’évacuer, tandis que Washington et Rochambeau se rapprochaient et le contraignaient à se rendre.
2. La guerre de Sept Ans
Au début de l’année 1762, la Prusse semblait dangereusement proche de la défaite après des années de guerre contre de puissants adversaires, dont la Russie. L’impératrice russe Élisabeth mourut alors et fut succédée par Pierre III, un admirateur de Frédéric le Grand qui retira rapidement la Russie du conflit et améliora considérablement la situation de la Prusse.
3. La guerre de Succession d'Espagne
Le décès inattendu d’un membre de la famille royale contribua à transformer la diplomatie de la guerre de Succession d’Espagne. L’empereur du Saint-Empire romain germanique Joseph Ier mourut en 1711, faisant de son frère Charles à la fois l’empereur et le candidat des Alliés au trône d’Espagne, ce qui tempéra l’enthousiasme des Britanniques à poursuivre une guerre susceptible de donner naissance à un immense empire des Habsbourg.
4. La guerre de Crimée
Nicolas Ier mourut en mars 1855 alors que la Russie était encore engagée dans la guerre de Crimée, laissant à son fils Alexandre II une situation militaire qui ne cessait de se détériorer. La Russie ne capitula pas immédiatement, mais ce changement à la tête de l’État contribua à faciliter les négociations, et le traité de Paris mit fin au conflit en 1856.
5. La Grande Guerre du Nord
Le roi Charles XII de Suède avait personnellement été le moteur d’une grande partie de la stratégie militaire offensive de son pays pendant la Grande Guerre du Nord. Sa mort inattendue lors du siège de Fredriksten en 1718 a privé le pays du dirigeant le plus déterminé à poursuivre ces campagnes.
6. La guerre de Corée
Les négociations de paix relatives à la guerre de Corée avaient connu plusieurs blocages, notamment en ce qui concernait le sort des prisonniers de guerre. La mort de Staline en mars 1953 a modifié le contexte diplomatique général, les nouveaux dirigeants soviétiques se montrant davantage disposés à apaiser les tensions, ce qui a permis aux négociations d’aboutir à l’armistice de juillet 1953.
7. La guerre russo-japonaise
Les défaites militaires de la Russie face au Japon ont été aggravées par une vague inattendue de troubles intérieurs en 1905. Grèves, manifestations, mutineries et instabilité politique ont accru la pression sur le gouvernement de Nicolas II, alors que le Japon connaissait lui aussi des difficultés financières.
8. La Première Guerre mondiale
La défaite de l’Allemagne résulta de pressions militaires, politiques et économiques écrasantes, mais des événements inattendus accélérèrent l’effondrement des Puissances centrales. La demande soudaine d’armistice formulée par la Bulgarie en septembre 1918 affaiblit la position de l’Allemagne et fut rapidement suivie par des initiatives de paix de la part de l’Empire ottoman et de l’Autriche-Hongrie.
9. La guerre des Malouines
Le hasard a joué un rôle dans plusieurs incidents dangereux survenus au cours de la campagne navale des Malouines, notamment lorsque des bombes argentines ont touché des navires britanniques sans toutefois exploser correctement. Si davantage d’entre elles avaient explosé, les pertes britanniques auraient pu être bien plus importantes.
10. La première guerre des Boers
La défaite décisive des Britanniques à Majuba Hill, en février 1881, fit suite à l’occupation de la colline par le général George Colley, qui n’avait pas suffisamment préparé les positions défensives. Les troupes boers lancèrent une contre-attaque inattendue en remontant la pente et mirent en déroute les forces britanniques.