L’histoire regorge d’exemples de personnes ayant ignoré de bons conseils, mais il en existe une autre catégorie, plus dérangeante : celle des personnes qui ont bel et bien écouté ces conseils et qui ont tout de même fini par courir à leur perte. Des médecins ont prescrit avec assurance des traitements nocifs, des conseillers militaires ont recommandé des stratégies fatales, et des alliés de confiance ont encouragé des initiatives qui semblaient sensées jusqu’à ce qu’elles ne le soient plus. Dans plusieurs de ces cas, le conseil n’était pas la seule cause du décès, mais il a clairement contribué à la chaîne d’événements qui y a conduit. Voici 20 personnes dont la mort a été causée par de mauvais conseils.
1. On a dit à George Washington qu'il avait besoin de davantage de saignées
Lorsque George Washington contracta une grave affection de la gorge en décembre 1799, ses médecins eurent largement recours à l’un des traitements les plus en vogue à l’époque : la saignée. Washington perdit une quantité extraordinaire de sang au cours de plusieurs saignées, tandis que son état continuait de se détériorer. Sa maladie sous-jacente des voies respiratoires était extrêmement grave, mais les experts modernes se demandent depuis longtemps si ces saignées intensives n’ont pas précipité sa mort.
2. On a dit à James Garfield que sa blessure devait être sondée en permanence
Le président James Garfield a survécu à la balle qui l’a touché en juillet 1881 et est resté en vie pendant encore 79 jours. Ses médecins ont cherché à plusieurs reprises la balle avec leurs doigts et des instruments non stérilisés, contribuant ainsi à introduire une infection dans la plaie. Garfield est finalement décédé des suites d’une infection grave et de complications, laissant aux historiens la conclusion dérangeante que son équipe médicale a probablement causé plus de dégâts que la balle de l’assassin au départ.
3. Charles II a bénéficié de presque tous les traitements possibles, sauf le repos
Après que Charles II eut été pris de convulsions en 1685, ses médecins réagirent en recourant à des saignées, des purges, des vésicants, des lavements, des émétiques et toute une série impressionnante de remèdes comprenant des ingrédients que personne ne demanderait aujourd’hui dans une pharmacie moderne. Les médecins suivaient les théories médicales reconnues de leur époque et croyaient sincèrement qu’ils rétablissaient l’équilibre dans l’organisme du roi, mais les analyses médicales modernes suggèrent que leurs traitements ont probablement aggravé sa déshydratation et accéléré son déclin.
4. Lord Byron a fini par se plier aux conseils de ses médecins
Lord Byron tomba gravement malade alors qu’il se trouvait en Grèce en 1824, et ses médecins lui recommandèrent à plusieurs reprises de subir des saignées, malgré ses objections initiales. Il finit par accepter, mais ces nouvelles saignées le laissèrent étourdi et de plus en plus affaibli, tandis que sa fièvre persistait. La nature exacte de la maladie qui causa la mort de Byron fait encore l’objet de débats, mais les historiens et les auteurs spécialisés en médecine ont avancé que ce traitement agressif avait contribué à sa détérioration rapide.
5. Pompée s'est laissé convaincre par son état-major de livrer une bataille décisive
Après la défaite de Jules César à Dyrrhachium en 48 av. J.-C., Pompée occupait une position stratégique solide et aurait pu continuer à épuiser son rival. Cependant, les sénateurs et les commandants qui l’entouraient étaient impatients d’obtenir une victoire décisive, et les pressions au sein de son camp contribuèrent à précipiter les événements vers la bataille de Pharsale. La défaite de Pompée le contraignit à fuir en Égypte, où il fut assassiné peu après, donnant ainsi aux exigences d’une issue rapide des conséquences que ses conseillers n’avaient pas anticipées.
6. On a dit à Eben Byers de boire du radium
Après s’être blessé au bras, Eben Byers, riche homme d’affaires et champion de golf amateur, s’est vu conseiller par un médecin d’essayer le Radithor, un médicament breveté contenant du radium dissous dans l’eau. Byers a apprécié les effets qu’il ressentait au début et aurait consommé environ 1 400 bouteilles avant que d’horribles lésions dues aux radiations ne commencent à apparaître. Il est décédé en 1932 des suites d’un empoisonnement au radium.
7. Zachary Taylor a suivi des traitements qui n'ont pas permis de résoudre le problème
Le président Zachary Taylor a contracté une grave maladie gastro-intestinale après les célébrations du 4 juillet à Washington en 1850. Ses médecins l’ont soigné à l’aide de remèdes tels que le calomel et l’opium, avant de recourir à des saignées et à des vésicants lorsque son état s’est aggravé. La nature exacte de la maladie qui a causé la mort de Taylor reste controversée ; on ne peut donc pas attribuer avec certitude la responsabilité de son décès à ces traitements, mais il s’agissait de mesures qui ont imposé un stress considérable à un patient gravement déshydraté et très affaibli.
8. Les remèdes de la pharmacie de William Henry Harrison
Le président William Henry Harrison est tombé gravement malade quelques semaines seulement après son entrée en fonction en 1841. Son médecin lui a prescrit divers traitements, notamment des saignées, des laxatifs, des lavements, des cataplasmes à la moutarde, du laudanum et d’autres remèdes qui, bien que courants selon les normes du XIXe siècle, ne se sont guère avérés efficaces contre la maladie dont il souffrait réellement. Les chercheurs modernes remettent en question le diagnostic traditionnel de pneumonie, tandis que le traitement lui-même semble avoir imposé un stress supplémentaire à un président déjà très malade.
9. Frédéric III a reçu des conseils rassurants concernant sa gorge
En 1887, le prince héritier Frédéric d’Allemagne a développé un enrouement persistant et une excroissance suspecte dans la gorge. Le spécialiste britannique Morell Mackenzie s’est prononcé en faveur d’un diagnostic moins alarmant après que les biopsies n’eurent pas confirmé la présence d’un cancer, ce qui a contribué à retarder la mise en place d’un traitement radical alors que la maladie progressait. Frédéric est finalement devenu empereur, mais il est décédé d’un cancer du larynx après avoir régné pendant seulement 99 jours ; depuis lors, les médecins débattent pour savoir si un diagnostic correct et un traitement plus précoce auraient pu changer l’issue de la maladie.
10. Karen Wetterhahn a respecté les règles de sécurité en vigueur
Karen Wetterhahn, chimiste à Dartmouth, était une spécialiste des métaux toxiques. Dans le cadre de son travail, elle portait des gants en latex et respectait les mesures de précaution en vigueur dans les laboratoires, mais des chercheurs ont découvert par la suite que le composé pouvait traverser rapidement ces gants. Mme Wetterhahn est décédée d’un empoisonnement au mercure quelques mois plus tard, et son cas a conduit à une refonte des recommandations en matière de sécurité.
11. Qin Shi Huang a suivi des conseils concernant l'immortalité
Le premier empereur de Chine souhaitait désespérément échapper à la mort, ce qui rendait les promesses des alchimistes et des adeptes de l’immortalité particulièrement séduisantes. La tradition historique rapporte qu’il consommait des préparations à base de mercure, car on croyait que ces substances prolongeaient la vie. Loin de le rendre immortel, ces élixirs sont largement soupçonnés d’avoir contribué à sa mort en 210 av. J.-C., ce qui révèle une faille assez évidente dans cet argumentaire de vente.
12. Nicias a écouté les devins après une éclipse
Le général athénien Nicias s’apprêtait à battre en retraite après la désastreuse expédition de Sicile en 413 av. J.-C. lorsqu’une éclipse lunaire eut lieu. Les conseillers religieux y virent un présage défavorable et recommandèrent de retarder le départ, conseil que Nicias prit très au sérieux dans une culture où de tels signes revêtaient une importance considérable. Ce retard donna à Syracuse le temps de resserrer l’étau, et Nicias fut finalement capturé et exécuté après l’échec de l’expédition athénienne.
13. Władysław III fut incité à rompre la paix
Le roi Władysław III de Pologne et de Hongrie avait négocié la paix avec le sultan ottoman Murad II au cours d’une période de guerre particulièrement périlleuse. Le cardinal Julian Cesarini, légat du pape, plaida avec force en faveur de la poursuite de la croisade et contribua à justifier la reprise des hostilités malgré l’accord conclu. Władysław suivit les conseils des partisans de la guerre et trouva la mort lors de la bataille de Varna en 1444, où l’armée des croisés subit une défaite dévastatrice.
14. L'empereur Valens a choisi les conseillers qui lui ont recommandé d'« attaquer »
L’empereur romain Valens affronta une armée gothique près d’Andrinople en 378 apr. J.-C., alors que les renforts envoyés par l’empereur Gratien n’étaient pas encore arrivés. Certains de ses principaux conseillers lui recommandèrent la patience, mais d’autres l’encouragèrent à livrer bataille sans attendre, faisant apparemment appel à son désir de remporter lui-même la victoire. Valens opta pour la stratégie offensive ; Rome subit une défaite catastrophique et l’empereur fut tué quelque part dans le chaos.
15. Harald Hardrada prit connaissance des ambitions de Tostig en Angleterre
Le comte anglais en exil Tostig Godwinson avait besoin d’un soutien militaire important s’il espérait défier son frère, le roi Harold II. Il s’allia au roi norvégien Harald Hardrada et contribua à encourager une invasion de l’Angleterre, un plan qui remporta dans un premier temps des succès remarquables dans le nord. L’aventure prit fin à Stamford Bridge en septembre 1066, où Tostig et Hardrada furent tous deux tués par l’armée d’Harold.
16. Odoacre a accepté un accord de paix qu’on lui avait conseillé de considérer comme fiable
Après des années de combat contre Théodoric l’Ostrogoth, Odoacre accepta, en 493, d’entamer des négociations menées sous la médiation de Jean, évêque de Ravenne. L’accord prévoyait que les deux souverains se partageraient le contrôle de l’Italie, ce qui donna à Odoacre des raisons de croire que la guerre était enfin terminée. Il accepta cet arrangement et se rendit à un banquet destiné à sceller la paix, au cours duquel Théodoric l’assassina, rendant ainsi fatalement inopportun le conseil, en apparence judicieux, de régler le conflit par la voie de la négociation.
17. George Donner a pris le raccourci
L’entrepreneur californien Lansford Hastings avait fait la promotion d’un soi-disant raccourci vers l’ouest, qui fut baptisé « Hastings Cutoff », alors qu’il avait rédigé des textes sur cet itinéraire avant même de l’avoir testé comme il se doit. George Donner et ses compagnons d’émigration suivirent ses conseils, perdant ainsi un temps précieux à traverser péniblement les montagnes et le désert du Grand Lac Salé. Ce retard contribua à piéger le groupe de Donner dans la neige de la Sierra Nevada, où Donner et des dizaines d’autres périrent durant l’hiver 1846-1847.
18. Pyrrhus accepta une invitation à se rendre à Argos
Pyrrhus d’Épire menait une campagne militaire en Grèce lorsque l’homme politique argien Aristeas l’invita à intervenir dans une lutte pour le contrôle d’Argos. L’occasion semblait suffisamment prometteuse pour que Pyrrhus pénètre dans la ville de nuit avec son armée. Les combats devinrent chaotiques dans les rues étroites, et Pyrrhus fut frappé par une tuile avant d’être tué dans la confusion.
19. Ferdinand Magellan a accepté de mener la bataille de quelqu’un d’autre
Une fois arrivé aux Philippines, Ferdinand Magellan conclut une alliance avec le rajah Humabon de Cebu. Humabon souhaitait mettre sous son contrôle Lapulapu, le souverain voisin, et persuada Magellan de l’aider. Magellan accepta, débarqua à Mactan avec une troupe relativement réduite et fut tué lors de la bataille qui s’ensuivit en 1521.
20. On avait conseillé à Maximilien de ne pas renoncer au Mexique
Alors que les troupes françaises se retiraient du Mexique, l’empereur Maximilien envisageait sérieusement d’abdiquer et de retourner en Europe. Des ministres et des partisans conservateurs se rendirent sur place pour le persuader de rester, lui promettant de l’argent, des troupes et un soutien politique continu qui s’avéra insuffisant. Maximilien resta, son empire s’effondra, et les forces républicaines le capturèrent et l’exécutèrent en 1867.