L’histoire militaire a tendance à célébrer les victoires, mais certains de ses épisodes les plus mémorables se sont soldés par la défaite des défenseurs ou par le retrait délibéré des commandants. Une dernière résistance peut ralentir l’ennemi, protéger d’autres soldats ou symboliser un refus désespéré de se rendre, tandis qu’une retraite organisée permet de préserver des troupes expérimentées en vue d’une autre campagne héroïque. Voici 10 dernières résistances célèbres et 10 retraites stratégiques qui ont sauvé des armées.
1. Les Thermopyles, 480 av. J.-C.
Le roi Léonidas et une armée grecque ont défendu le défilé étroit des Thermopyles lors de la violente invasion de la Grèce menée par Xerxès Ier. Lorsque les Perses ont découvert un chemin permettant de contourner cette position, Léonidas a renvoyé une grande partie de l’armée, tandis que les Spartiates et les autres Grecs restants ont continué à se battre.
2. Szigetvár, 1566
Miklós Zrínyi commanda les défenseurs de Szigetvár face à une gigantesque campagne ottomane menée par le sultan Soliman Ier. Après des semaines de résistance, les défenseurs lancèrent une dernière attaque plutôt que de laisser la forteresse tomber sans opposer de résistance. Les Ottomans s’emparèrent de Szigetvár, mais cette victoire, qui leur coûta cher, mit fin à leur avancée de cette année-là plus profondément dans le territoire des Habsbourg.
3. L'Alamo, 1836
Le siège historique de l’Alamo est devenu l’un des épisodes les plus célèbres de la Révolution texane. Les forces mexicaines, commandées par Antonio López de Santa Anna, ont encerclé la mission fortifiée de San Antonio, où environ 200 défenseurs ont résisté pendant près de deux semaines. L’assaut final, le 6 mars, a coûté la vie à la quasi-totalité des défenseurs et est devenu par la suite un symbole de ralliement pour les Texans.
4. Gandamak, 1842
Le retrait britannique de Kaboul lors de la première guerre anglo-afghane s’est transformé en une retraite catastrophique à travers des reliefs montagneux glacials. La force a été pratiquement anéantie, marquant ainsi l’une des retraites les plus désastreuses de l’histoire militaire britannique.
5. Camarón, 1863
Au cours de l’intervention française au Mexique, une petite compagnie de la Légion étrangère commandée par le capitaine Jean Danjou fut encerclée près de Camarón. Seule une poignée d’hommes y survécut, et cette bataille devint un élément central de la tradition de la Légion étrangère.
6. Little Bighorn, 1876
La partie du 7e régiment de cavalerie commandée par le lieutenant-colonel George Armstrong Custer s’est heurtée à une force amérindienne bien plus importante près de la rivière Little Bighorn. Aucun des soldats du bataillon de Custer, composé de cinq compagnies, n’a survécu aux combats.
7. Shiroyama, 1877
La bataille de Shiroyama marqua la phase finale de la rébellion de Satsuma en septembre 1877. Les forces rebelles de Saigō Takamori, désormais décimées, furent encerclées par les troupes impériales japonaises près de Kagoshima et soumises à des bombardements incessants. Les rebelles survivants lancèrent une dernière attaque, mettant ainsi fin à toute résistance organisée et scellant la victoire du gouvernement.
8. Saragarhi, 1897
Seuls 21 soldats du 36e régiment sikh ont défendu le poste de communication de Saragarhi, situé sur la frontière nord-ouest de l’Inde, le 12 septembre 1897. Cet engagement reste l’une des actions les plus célèbres de ce régiment sikh.
9. Wizna, 1939
Les troupes polonaises commandées par le capitaine Władysław Raginis ont défendu des positions fortifiées autour de Wizna lors de l’invasion allemande de la Pologne. À partir du 7 septembre, leurs défenses ont dû faire face à des unités du XIXe corps d’armée de Heinz Guderian, bien plus important en effectifs. La résistance s’est poursuivie jusqu’au 10 septembre.
10. Le soulèvement du ghetto de Varsovie, 1943
Les organisations de résistance juives ont lancé un soulèvement armé lorsque les forces allemandes ont entrepris de liquider le ghetto de Varsovie en avril 1943. Des combattants disposant d’un armement limité ont résisté pendant des semaines à des unités allemandes lourdement armées, bien qu’ils n’aient eu aucune perspective réaliste de victoire militaire conventionnelle. La révolte a finalement été réprimée, mais elle est restée un exemple durable de résistance organisée contre la persécution nazie.
1. La Marche des dix mille, 401–400 av. J.-C.
Les mercenaires grecs au service de Cyrus le Jeune se sont retrouvés bloqués au cœur de l’Empire perse après la mort de celui-ci lors de la bataille de Cunaxa. Après que leurs commandants en chef eurent été tués ou faits prisonniers, de nouveaux chefs, dont Xénophon, ont contribué à organiser une retraite combative vers la mer Noire.
2. La retraite de Washington de Long Island, 1776
La défaite subie lors de la bataille de Long Island a laissé l’armée continentale de George Washington dangereusement exposée à Brooklyn. Dans la nuit du 29 au 30 août, les troupes américaines ont traversé discrètement l’East River pour rejoindre Manhattan à bord de bateaux, la mauvaise visibilité leur permettant de dissimuler les dernières étapes de leur traversée. Environ 9 000 soldats ont ainsi pu s’échapper, permettant à l’armée de Washington de poursuivre la guerre d’indépendance.
3. La retraite de Moore vers La Corogne, 1808-1809
Sir John Moore fit battre en retraite son armée britannique à travers le nord de l’Espagne après que les forces de Napoléon eurent menacé de l’encercler. Cette retraite hivernale fut épuisante, mais Moore parvint à La Corogne et repoussa ses poursuivants français le 16 janvier 1809.
4. La retraite de Wellington vers Torres Vedras, 1810
Face à l’invasion du Portugal par le maréchal André Masséna, Wellington, après avoir livré bataille à Buçaco, se replia vers des lignes défensives préparées en secret près de Lisbonne. Masséna finit par se retirer, laissant l’armée de Wellington intacte et la capitale portugaise solidement défendue.
5. Le retrait de Koutouzov de Moscou, 1812
Après la coûteuse bataille de Borodino, le commandant russe Mikhaïl Koutouzov choisit de ne pas prendre le risque de voir le reste de son armée anéantie dans une nouvelle bataille immédiate pour Moscou. Cette armée, qui avait survécu, mit par la suite les Français sous pression lors de la retraite désastreuse de Napoléon de Russie.
6. La retraite de Mons, 1914
Après avoir combattu à Mons en août 1914, le Corps expéditionnaire britannique (BEF) s’est replié vers le sud aux côtés des armées françaises, alors que les forces allemandes progressaient à travers la Belgique et le nord de la France. Fait déterminant, le BEF est resté opérationnel et a rapidement pris part à la première bataille de la Marne.
7. La grande retraite russe, 1915
Les offensives allemandes et austro-hongroises ont contraint les armées russes à abandonner de vastes territoires au cours de l’été 1915. Malgré tout, ce retrait a empêché l’Allemagne d’anéantir définitivement les principales armées russes, ce qui a permis à la Russie de rester en guerre pendant encore deux ans.
8. L'évacuation de Gallipoli, 1915-1916
Après des mois d’attaques infructueuses des Alliés contre les positions ottomanes, la poursuite de la campagne de Gallipoli ne présentait guère d’intérêt stratégique. Des évacuations soigneusement organisées ont permis de faire sortir environ 83 000 soldats d’Anzac Cove et de la baie de Suvla en décembre, puis le reste des forces stationnées au cap Helles en janvier.
9. L'évacuation de Dunkerque, 1940
L’avancée rapide de l’Allemagne à travers la France a pris au piège les forces britanniques et alliées près de Dunkerque en mai 1940. L’opération Dynamo a mobilisé des navires de guerre et de nombreuses embarcations plus petites pour évacuer des centaines de milliers de soldats à travers la Manche.
10. La retraite du réservoir de Chosin, 1950
Pendant la guerre de Corée, les forces chinoises ont encerclé les troupes des Nations Unies autour du réservoir de Chosin, dans des conditions hivernales particulièrement rudes. Malgré de lourdes pertes, les principales formations ont réussi à s’échapper et à rejoindre la zone d’évacuation.