L’histoire regorge de rivalités, d’insultes, de trahisons et de querelles politiques qui ont duré bien plus longtemps que nécessaire. Certaines personnalités célèbres ont transformé leurs rancunes en politiques, en campagnes militaires, en vendettas personnelles ou en années de vengeance minutieusement orchestrée. Si certaines réagissaient à de véritables trahisons, d’autres semblaient tout à fait disposées à bouleverser des royaumes entiers pour une simple fierté blessée. Quoi qu’il en soit, ces 20 personnes ont poussé la « rancune » à un tel degré que leurs ennemis ont sérieusement regretté de s’être mis à dos ces personnages.
1. La reine Olga de Kiev
Après que le mari d’Olga, Igor, eut été tué par les Drevliens en 945, elle ne se contenta pas d’une réponse diplomatique. Selon la Chronique primaire, elle mena une série de représailles minutieusement orchestrées, qui comprenaient notamment l’assassinat d’émissaires, des attaques contre des membres de la tribu et, finalement, le siège de leur capitale. Que chaque détail de la chronique soit littéral ou embelli, la réputation d’Olga en matière de vengeance perdure depuis plus de mille ans.
2. Gengis Khan
Gengis Khan pouvait se montrer extraordinairement généreux envers ceux qui se soumettaient à lui, mais la résistance, c’était une tout autre histoire. Les villes qui lui tenaient tête ou s’en prenaient à ses émissaires s’exposaient à des représailles dévastatrices, l’Empire khwarazmien en étant l’exemple le plus célèbre. Après que son souverain eut humilié et tué des membres d’une mission commerciale mongole, Gengis Khan riposta par une campagne qui détruisit une grande partie de l’empire.
3. Henri VIII
Henri VIII n’était pas du genre à passer l’éponge quand quelqu’un le décevait. Comme l’a appris à ses dépens son ancien allié Thomas More, perdre les faveurs du roi pouvait se solder par l’emprisonnement ou l’exécution. Ses griefs personnels étaient souvent indissociables de la politique d’État, ce qui rendait une dispute avec Henri bien plus dangereuse qu’une dispute avec une personne ordinaire.
4. Octave
Octave, qui deviendra plus tard Auguste, aimait que la vengeance soit servie froide. Après l’assassinat de Jules César, il passa des années à traquer et à vaincre les assassins de César, notamment Brutus et Cassius. À la fin des guerres civiles, il avait éliminé la quasi-totalité de ses principaux rivaux qui se dressaient entre lui et le pouvoir sur Rome.
5. La reine Isabelle de France
Le mariage d’Isabelle avec Édouard II d’Angleterre s’est considérablement détérioré, notamment parce que le roi favorisait de puissants courtisans tels que Hugh Despenser le Jeune. Après avoir quitté l’Angleterre, Isabelle s’est alliée à Roger Mortimer, est revenue avec une armée et a contribué à renverser son propre mari en 1326. Despenser fut capturé et brutalement exécuté, ce qui montrait très clairement qu’Isabelle n’avait pas oublié la façon dont elle avait été traitée.
6. Louis XIV
Louis XIV prenait très à cœur toute remise en cause de l’autorité royale, surtout après avoir vécu les révoltes de la Fronde durant son enfance. Une fois devenu la figure dominante en France, il œuvra sans relâche pour affaiblir le pouvoir autonome de la noblesse et concentrer l’autorité autour de lui à Versailles. Il ne se contenta pas de vaincre l’opposition politique ; il contribua à remodeler la monarchie de telle sorte qu’il soit beaucoup plus difficile aux aristocrates de défier à nouveau un roi.
7. Vlad l'Empaleur
Vlad III de Valachie avait de nombreux ennemis, et il nourrissait une haine particulièrement farouche envers l’Empire ottoman et les boyards rivaux de son propre pays. Les chroniqueurs le décrivent comme infligeant des châtiments terrifiants à ceux qu’il considérait comme déloyaux ou dangereux. Les récits concernant Vlad étaient souvent exagérés par ses ennemis, mais même en tenant compte de la propagande, il est clair qu’il n’était pas du genre à réagir avec indulgence face à la trahison.
8. L'empereur Justinien Ier
Les émeutes de Nika, en 532, faillirent chasser Justinien de Constantinople ; celui-ci réagit finalement en déployant une force écrasante. Après avoir brièvement envisagé de s’enfuir, il ordonna à ses troupes de faire irruption dans l’Hippodrome, où des milliers de rebelles furent tués. Justinien continua ensuite à régner pendant des décennies, veillant à ce que le soulèvement qui avait failli mettre fin à son règne devienne au contraire un avertissement à l’idée de le contester.
9. Ivan le Terrible
On ne mérite pas le surnom de « le Terrible » en se montrant raisonnable. Au fil de son règne, Ivan IV devint de plus en plus méfiant et vindicatif. Les nobles qu’il soupçonnait de l’avoir trahi pouvaient perdre leurs biens, leur liberté, voire la vie, en particulier pendant la période brutale de l’Oprichnina. Il existait certes de véritables complots, mais la propension d’Ivan à garder en mémoire et à punir ce qu’il percevait comme de la déloyauté contribua à instaurer un climat de terreur dans toute la Russie.
10. Thomas Becket
La querelle entre Thomas Becket et Henri II d’Angleterre est devenue l’une des rivalités politiques les plus célèbres du Moyen Âge. Autrefois proches, les deux hommes se sont violemment brouillés au sujet des droits de l’Église et de l’autorité royale. Becket a préféré passer des années en exil plutôt que de renoncer à ses convictions, et leur conflit s’est finalement soldé par son assassinat dans la cathédrale de Canterbury en 1170.
11. Napoléon Bonaparte
Napoléon n’oubliait que rarement les humiliations, qu’elles proviennent d’un autre souverain, d’un général rival ou d’un pays tout entier. Son long conflit avec la Grande-Bretagne prit une tournure particulièrement personnelle, et il tenta à maintes reprises d’affaiblir la puissance britannique par le biais de campagnes militaires et du Système continental. Même lorsque l’idée d’une invasion directe devint irréaliste, il resta déterminé à porter préjudice à ce pays sur les plans économique et politique.
12. Catherine de Médicis
Catherine de Médicis a passé des décennies à naviguer entre les rivalités politiques et religieuses meurtrières de la France du XVIe siècle. Elle est devenue particulièrement hostile envers la puissante famille de Guise et d’autres factions qui, selon elle, menaçaient l’autorité de ses enfants. Sa réputation de femme intrigante a parfois été exagérée, mais il ne fait aucun doute qu’elle n’oubliait pas ses ennemis et qu’elle mettait tout en œuvre pour les empêcher d’acquérir trop de pouvoir.
13. Richard III
L’accession de Richard III au trône d’Angleterre s’est déroulée dans un contexte de conflit acharné avec la famille Woodville, dont faisaient partie des proches de la reine de son frère Édouard IV. Dès que Richard devint protecteur, puis roi, plusieurs alliés éminents des Woodville furent arrêtés ou exécutés. Les historiens débattent encore aujourd’hui de ses motivations, mais l’hostilité politique entre Richard et cette faction était tout sauf subtile.
14. Marie Ire d'Angleterre
Marie n’oublia jamais comment sa mère, Catherine d’Aragon, avait été écartée et comment sa propre légitimité avait été remise en cause sous le règne d’Henri VIII. Une fois devenue reine, elle revint sur bon nombre des politiques religieuses associées à son père et à son frère et se réinstalla à la place qui, selon elle, lui avait été injustement retirée. Son règne fut animé par de sincères convictions religieuses, mais les années d’humiliation qu’elle avait subies influencèrent clairement sa vision de l’ordre établi par les Tudor dont elle avait hérité.
15. Alexandre le Grand
Alexandre pouvait se montrer clément envers ses ennemis vaincus, mais il était bien moins enclin à pardonner une trahison personnelle. Lorsque Philotas fut accusé de ne pas avoir dénoncé un complot, Alexandre le fit juger et exécuter, puis ordonna la mort du père de Philotas, le général chevronné Parménion. Qu’Alexandre ait réellement cru que ces deux hommes étaient dangereux ou qu’il ait simplement voulu éliminer une menace potentielle, il s’assura que l’affaire soit réglée une fois pour toutes.
16. L'empereur Caracalla
Les relations entre Caracalla et son jeune frère Geta devinrent si hostiles qu’il s’avéra impossible de partager le pouvoir sur l’Empire romain. Après la mort de leur père, les deux frères régnèrent ensemble pendant une brève période, avant que Caracalla ne fasse assassiner Geta en présence de leur mère. Il ordonna ensuite que le nom et l’effigie de Geta soient effacés des monuments publics, montrant ainsi que tuer son rival ne lui suffisait apparemment pas.
17. Édouard Ier d'Angleterre
Les guerres menées par Édouard Ier contre l’Écosse devinrent de plus en plus acharnées à la suite de rébellions répétées contre la domination anglaise. William Wallace, en particulier, fut traité comme un traître plutôt que comme un commandant ennemi légitime lorsqu’il fut capturé. La détermination d’Édouard à imposer son autorité sur l’Écosse perdura pendant des années, alors même que la résistance ne cessait de resurgir.
18. Sylla
Le général romain Lucius Cornelius Sulla a transformé ses rancunes politiques en listes officielles d’ennemis. Après avoir marché sur Rome et vaincu ses rivaux, il a instauré des proscriptions désignant les personnes qui pouvaient être tuées et dont les biens pouvaient être confisqués. Règlements de comptes personnels, rivalités politiques et motivations financières se sont entremêlés dans l’une des purges les plus effroyables de la République romaine.
19. Élisabeth Ire
Élisabeth Ire pouvait se montrer d’une patience remarquable envers les courtisans indisciplinés, mais tout avait une limite. Robert Devereux, comte d’Essex, remit à plusieurs reprises en cause son autorité, ignora ses ordres et finit par mener une rébellion contre la Couronne qui se solda par un échec. Après l’avoir toléré pendant des années, Élisabeth signa finalement son arrêt de mort en 1601, mettant ainsi un terme tragique à l’une de ses relations personnelles et politiques les plus difficiles.
20. Le pape Alexandre VI
Rodrigo Borgia, plus connu sous le nom de pape Alexandre VI, évoluait dans un monde politique où les familles rivales n’oubliaient que rarement une insulte. Les Borgia se sont heurtés à maintes reprises à de puissants adversaires, tels que les familles Orsini et Colonna, recourant à des alliances, à des confiscations et à la force militaire pour régler leurs différends. Les ennemis d’Alexandre nourrissaient certes leurs propres rancunes, mais il était tout à fait capable de rendre la pareille lorsque quelqu’un menaçait le pouvoir de sa famille.