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Une porte ouverte après 47 ans

Le geste du 24 août

Les États-Unis ont retiré la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme. Une étiquette vieille de 1979 vient de tomber.

Le 24 août, le département d’État a mis fin à cette désignation et aux interdictions qui l’accompagnaient. Le même jour, il a révoqué le statut terroriste mondial du Front al-Nosra, aussi connu sous le nom de Hay’at Tahrir al-Sham.

Le Trésor a simultanément retiré HTS de sa liste des ressortissants spécialement désignés et des personnes bloquées. La licence générale 25, devenue inutile selon l’OFAC, a été révoquée.

Un pays n’est plus son ancien régime

Ce basculement juridique porte une idée politique puissante : la Syrie de l’après-Assad ne doit pas rester enfermée dans les sanctions conçues contre la Syrie d’Assad. Punir indéfiniment une transition pour les crimes de l’ordre qu’elle a renversé serait une inertie déguisée en principe.

Mais l’ouverture n’est pas une absolution. Elle est un pari sur Ahmed al-Sharaa, sur ses engagements, sur les institutions qu’il n’a pas encore consolidées et sur une société qui a déjà trop payé pour les calculs des autres.

Washington vient d’ouvrir la porte; personne ne sait encore quel État la franchira.

Ce qui a réellement été levé
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Ce qui a réellement été levé

La fin des sanctions globales

L’OFAC ne maintient plus de sanctions globales contre la Syrie ni de blocage général contre son gouvernement. Le changement est structurel.

Le décret 14312, signé le 30 juin 2025 et entré en vigueur le lendemain, avait déjà révoqué six décrets qui formaient l’ossature du programme syrien. Les anciennes règles du titre 31, partie 542, ont ensuite été retirées du Code of Federal Regulations.

Les personnes désignées uniquement sous ces anciennes autorités ont été retirées de la liste SDN, et les biens bloqués pour ce seul motif ont été débloqués. Les institutions financières syriennes, dont la banque centrale, avaient aussi été retirées de la liste.

Le dernier grand verrou

La désignation d’État soutenant le terrorisme restait un obstacle pour les banques, les investisseurs, certains biens à double usage, l’aide et les transactions financières. Sa révocation retire donc davantage qu’un symbole diplomatique.

Le document conjoint des départements du Commerce, d’État et du Trésor affirme désormais que les sanctions américaines ne constituent plus un obstacle à la plupart des activités commerciales en Syrie. Le mot important est « plupart », pas « toutes ».

Un verrou de moins n’est pas encore une économie qui respire, mais c’est enfin une serrure qui tourne.

Ce qui demeure ciblé
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Ce qui demeure ciblé

Assad n’est pas blanchi

La levée générale n’efface pas Bachar al-Assad, ses associés ni les auteurs d’atteintes aux droits humains des listes américaines.

Le nouveau régime PAARSS conserve des sanctions nominatives contre l’ancien président, ses réseaux, les trafiquants de Captagon, les acteurs liés à la prolifération syrienne, les affiliés de l’État islamique et d’Al-Qaïda, ainsi que l’Iran et ses mandataires.

Cette distinction est essentielle. Une sanction générale frappe une économie entière, y compris ceux qu’elle prétend protéger. Une sanction ciblée cherche à isoler une responsabilité et à faire payer celui qui a agi.

La justice après l’étouffement

Il faut juger cette architecture sur sa capacité réelle à suivre l’argent, les sociétés-écrans, les trafics et les chaînes de commandement. Changer le nom d’un programme ne suffit pas si les responsables peuvent déplacer leurs actifs plus vite que les gouvernements ne les désignent.

Mais le principe va dans la bonne direction : desserrer l’étau sur les Syriens tout en le resserrant sur les acteurs de l’ancien régime et les entrepreneurs de violence. La responsabilité devient plus précise, donc potentiellement plus juste.

Une sanction digne de ce nom ne confond pas un peuple avec son bourreau.

Le Caesar Act appartient désormais au passé
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Le Caesar Act appartient désormais au passé

Une loi abrogée

Le 18 décembre 2025, Donald Trump a signé la loi budgétaire de défense qui abrogeait le Caesar Syria Civilian Protection Act.

Cette loi exposait des acteurs étrangers à des sanctions obligatoires lorsqu’ils soutenaient le gouvernement syrien ou réalisaient certaines transactions dans des secteurs comme l’infrastructure et l’énergie. Son spectre dépassait donc largement les entreprises américaines.

Avant l’abrogation, une dérogation de 180 jours et la licence générale 25 avaient ouvert une transition temporaire. La disparition du texte a remplacé cette permission fragile par une modification plus durable du risque juridique.

La peur secondaire

Les sanctions secondaires fonctionnent même lorsqu’elles ne sont pas appliquées. Une banque renonce. Un assureur refuse. Un fournisseur se retire. Aucun ordre direct n’est nécessaire lorsque le doute suffit à fermer un contrat.

L’abrogation peut donc débloquer des projets que les licences temporaires ne rassuraient pas. Mais elle ne commande ni le crédit, ni la confiance, ni la compétence administrative. Elle retire une menace; elle ne crée pas à elle seule un investissement.

Le droit peut arrêter d’interdire. Il ne peut pas obliger le monde à croire.

Le pari Ahmed al-Sharaa
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Le pari Ahmed al-Sharaa

Du djihadisme à la présidence

Ahmed al-Sharaa dirige aujourd’hui la transition syrienne après avoir dirigé HTS, groupe issu de l’ancienne branche syrienne d’Al-Qaïda.

Le parcours n’est pas une note de bas de page. HTS était inscrit comme organisation terroriste étrangère jusqu’en juillet 2025, et sa désignation comme entité terroriste mondiale n’a été retirée que le 24 août 2026.

Sharaa lui-même avait été désigné terroriste mondial par les États-Unis en 2013. Son nom a été retiré de cette liste en novembre 2025. La politique américaine ne nie pas ce passé; elle décide qu’il ne doit plus déterminer seul le présent.

Le comportement comme nouveau test

Marco Rubio a justifié la décision par les actions positives et les engagements de Sharaa à éloigner la Syrie du terrorisme international. C’est une déclaration politique, pas encore un bilan historique.

Le test sera observable : démantèlement réel des réseaux transnationaux, monopole étatique de la force, protection des minorités, institutions civiles, justice pour les abus et place accordée aux régions rétives au pouvoir central.

Un ancien nom peut disparaître d’une liste; les anciens réflexes doivent disparaître du pouvoir.

Une transition concentrée au sommet
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Une transition concentrée au sommet

Des institutions dissoutes

La chute d’Assad a détruit un ordre. La transition n’a pas encore prouvé qu’elle savait construire un pluralisme plutôt qu’un autre centre.

Les nouvelles autorités ont annoncé la dissolution des factions militaires, de plusieurs organisations politiques, de l’ancien Parlement, du parti Baas et des appareils militaires et sécuritaires du régime. Elles ont promis leur intégration dans l’État.

Une déclaration constitutionnelle transitoire de cinq ans reconnaît des libertés et affirme la diversité, mais elle confère l’essentiel des pouvoirs à la présidence intérimaire. La loi islamique y devient la principale source de législation.

Une assemblée incomplète

Des élections indirectes ont attribué 119 des 210 sièges de l’Assemblée populaire transitoire en octobre 2025. Soixante-dix membres doivent être nommés par Sharaa, et 21 sièges n’ont pas été pourvus dans des zones hors du contrôle gouvernemental.

La Cour constitutionnelle suprême n’était pas encore entièrement constituée selon le rapport du Congressional Research Service, et le comité chargé d’une constitution permanente restait à créer. Le pouvoir promet une transition; les contre-pouvoirs, eux, attendent encore leur pleine forme.

Lever les sanctions d’un État sans renforcer ses limites peut enrichir le centre avant de protéger la périphérie.

Les minorités comme mesure de vérité
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Les minorités comme mesure de vérité

La promesse de rassemblement

La réussite ne se lira pas dans les communiqués de Washington, mais dans la sécurité vécue par les Alaouites, Druzes, Kurdes et chrétiens.

Sharaa s’est présenté comme un dirigeant rassembleur. La déclaration transitoire proclame la liberté de croyance, l’intégrité territoriale, la diversité et la paix sociale. Ces mots sont nécessaires. Ils ne sont pas encore des protections autonomes.

Les régions kurdes du nord-est n’ont pas participé au dialogue national ni à la rédaction de la déclaration constitutionnelle, selon le CRS. Elles demandent une révision du texte et une solution plus décentralisée.

Le danger du chèque en blanc

Si l’allègement américain devient une récompense sans conditions politiques, le message sera terrible : rompre avec l’Iran, contenir les djihadistes transnationaux et stabiliser les frontières suffiraient, même si les minorités demeurent vulnérables.

Les États-Unis ne doivent pas réinstaller par confort le vieux marché du Moyen-Orient : la stabilité en échange du silence sur les droits. La Syrie a déjà vécu un demi-siècle sous cette définition mutilée de l’ordre.

Une transition qui protège seulement la majorité n’est qu’une domination avec un nouveau drapeau.

L’économie ne redémarre pas par décret
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L’économie ne redémarre pas par décret

La banque qui hésite

Les textes américains retirent des interdictions; ils ne réparent ni les réseaux électriques, ni les bilans bancaires, ni la confiance commerciale.

Une entreprise étrangère devra encore mesurer les sanctions résiduelles, les contrôles à l’exportation, les risques de sécurité, les litiges de propriété et la capacité des partenaires locaux. Le changement juridique réduit l’incertitude sans l’abolir.

Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a déclaré que l’allègement devait favoriser de nouveaux investissements et soutenir la stabilité politique et économique. Le verbe « favoriser » compte : il décrit une possibilité, non un résultat.

Le capital regarde aussi la politique

Les investisseurs ne lisent pas seulement la liste SDN. Ils regardent les tribunaux, la monnaie, la corruption, les assurances, les sanctions européennes, la sécurité des travailleurs et la possibilité de rapatrier un revenu.

La Syrie peut donc connaître une période cruelle où les obstacles juridiques disparaissent plus vite que les projets n’arrivent. Il faudra résister à la tentation de déclarer l’échec trop tôt, mais aussi à celle de confondre une annonce avec des emplois.

Les contrôles à l’exportation ajoutent une autre couche. L’avis conjoint américain décrit des assouplissements, mais aussi des licences et des restrictions résiduelles selon les biens. Une turbine, un logiciel ou un équipement à double usage ne traverse pas une frontière parce qu’un seul statut a changé. Les entreprises devront encore comprendre la règle, documenter le destinataire et convaincre leurs propres services de conformité.

Une économie ne renaît pas au moment où l’interdiction finit, mais au moment où quelqu’un ose enfin signer.

La reconstruction comme urgence humaine
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La reconstruction comme urgence humaine

Plus que du béton

La levée des sanctions peut aider les Syriens à retrouver des services, des échanges et des emplois. Voilà sa justification la plus forte.

Des experts des Nations unies ont salué l’assouplissement international en soulignant la nécessité de reconstruire le pays et de garantir les droits économiques et sociaux. Les secteurs bancaire, énergétique et des transports avaient été particulièrement contraints.

La reconstruction ne se limite pas aux grands contrats. Elle touche la disponibilité de pièces, le financement d’une clinique, la remise en service d’une centrale, le paiement transfrontalier d’un fournisseur et la capacité d’une famille à recevoir de l’argent.

Ne pas faire payer les survivants

Les sanctions générales ont pu compliquer des transactions licites même lorsque des exemptions humanitaires existaient. Le risque de conformité pousse souvent les acteurs privés à éviter un pays entier plutôt qu’à interpréter une permission complexe.

Remplacer cette architecture par des cibles nominatives peut réduire ce phénomène de surconformité. C’est un progrès moral autant qu’économique : la pauvreté d’une population ne devrait jamais être l’instrument commode d’une pression sans échéance.

La dignité commence parfois par une transaction que personne n’a plus peur d’autoriser.

Donald Trump a pris le bon risque
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Donald Trump a pris le bon risque

Reconnaître le mouvement

Sur ce dossier, Donald Trump a choisi de donner une chance à la transition plutôt que de conserver par inertie une punition collective.

Il avait annoncé la levée des sanctions en mai 2025, puis signé le décret 14312 en juin. Son administration a poursuivi la démarche avec l’abrogation du Caesar Act, le retrait des dirigeants de certaines listes et la décision du 24 août.

Ce n’est pas une simple opération de communication. La séquence a démonté, pièce par pièce, un appareil juridique accumulé pendant des décennies. Elle mérite d’être reconnue comme une décision stratégique cohérente.

Le crédit n’efface pas l’obligation

Justement parce que le geste est réel, ses conséquences doivent être surveillées sans complaisance. Si Sharaa concentre le pouvoir, tolère des représailles ou échoue à protéger les minorités, Washington devra utiliser les sanctions ciblées qu’il a conservées.

Être favorable à l’ouverture ne signifie pas être naïf sur son bénéficiaire. La bonne politique n’est pas celle qui ne risque rien. C’est celle qui sait quel risque elle prend, au nom de qui, et comment elle réagira s’il tourne mal.

Donner une chance n’est pas donner l’impunité.

Éloigner Damas de Moscou et Téhéran
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Éloigner Damas de Moscou et Téhéran

La géopolitique sous l’aide

L’ouverture américaine cherche aussi à empêcher que la Syrie de l’après-Assad retombe dans l’orbite de la Russie ou de l’Iran.

Ce calcul est légitime. Les réseaux iraniens ont contribué à soutenir l’ancien régime, tandis que la Russie lui a offert une puissance militaire et un refuge. Une Syrie capable d’échanger avec l’Occident dispose de plus d’options.

La levée des obstacles peut aussi affaiblir les trafics et les canaux parallèles qui prospèrent lorsque l’économie officielle est étranglée. Plus la transaction licite devient possible, moins le marché clandestin peut se présenter comme la seule porte.

La Syrie n’est pas une case à reprendre

Mais les Syriens ne doivent pas devenir les figurants d’un déplacement de sphère d’influence. Remplacer une dépendance russe ou iranienne par une tutelle occidentale ne constituerait pas une souveraineté.

L’objectif devrait être une Syrie assez stable pour choisir ses partenariats, assez pluraliste pour les débattre et assez forte pour refuser qu’une puissance extérieure utilise son territoire. L’Occident gagne davantage en soutenant cette autonomie qu’en cherchant un client.

Sortir d’une orbite n’a de sens que si le pays retrouve son propre centre de gravité.

La mémoire des crimes ne se négocie pas
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La mémoire des crimes ne se négocie pas

Sanction et justice ne sont pas synonymes

Lever une sanction économique n’annule ni une torture, ni une disparition, ni une responsabilité. Cela change seulement l’instrument.

Les mesures ciblées contre Assad et ses associés demeurent. Elles doivent accompagner les enquêtes, la conservation des preuves, la recherche des disparus et les procédures judiciaires possibles, sans prétendre remplacer ces démarches.

Une liste financière peut geler un bien. Elle ne peut pas établir seule toute la vérité d’un système carcéral, entendre une victime ou rendre un verdict pénal. Confondre ces fonctions affaiblit à la fois la sanction et la justice.

Ne pas acheter la stabilité avec l’oubli

La transition sera tentée d’intégrer des structures, d’amnistier des acteurs ou de repousser les comptes au nom de l’urgence. Certaines mesures peuvent être nécessaires pour éviter une nouvelle guerre; elles ne doivent pas effacer les crimes les plus graves.

Washington et ses alliés doivent soutenir une justice syrienne crédible et les mécanismes internationaux existants. Une reconstruction bâtie sur le silence des victimes aurait des fondations politiques aussi fragiles que les bâtiments qu’elle relève.

La paix demande parfois de différer; elle ne demande jamais d’oublier.

La précision contre l’euphorie
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La précision contre l’euphorie

Ce que la décision ne prouve pas

Le retrait d’une liste ne prouve pas que les capitaux arriveront, que les prix baisseront ou que les minorités seront protégées.

Il ne prouve pas non plus que HTS a complètement disparu dans les nouvelles institutions. Un groupe d’experts des Nations unies rapportait encore en février 2026 que plusieurs États considéraient son intégration comme une transition en cours.

La décision américaine est donc une condition favorable, pas un résultat économique, social ou sécuritaire. Elle ouvre des chemins; elle ne garantit pas que les institutions syriennes sauront les emprunter.

Ce qu’elle change quand même

Minimiser le geste serait tout aussi faux. La désignation terroriste de l’État et le statut de HTS avaient des conséquences juridiques concrètes. Leur suppression clarifie la capacité d’agir des banques, des entreprises et des gouvernements.

La bonne mesure se trouve entre le triomphalisme et le cynisme : reconnaître qu’un obstacle majeur a disparu, puis observer si l’espace libéré devient un service, un investissement, une institution et une protection.

L’espoir sérieux ne promet pas le résultat; il nomme enfin la possibilité.

Les conditions d’une vraie réussite
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Les conditions d’une vraie réussite

Des indicateurs humains

La politique doit désormais être évaluée par des effets concrets : accès bancaire, électricité, emplois, retours, sécurité locale et droits protégés.

Il faudra distinguer les contrats annoncés des projets financés, puis les projets financés des services réellement livrés. Une cérémonie d’investissement n’est pas une centrale qui fonctionne. Une ligne de crédit n’est pas encore un salaire.

Il faudra aussi mesurer qui bénéficie de l’ouverture. Si les réseaux proches du pouvoir captent les contrats tandis que les régions marginalisées demeurent privées, la levée des sanctions aura consolidé une nouvelle élite sans réparer le pays.

Des conditions politiques assumées

Washington devrait publier clairement les comportements qui déclencheraient de nouvelles sanctions ciblées : massacres, détentions arbitraires, trafic, soutien au terrorisme, attaques contre des minorités ou obstruction grave à la transition constitutionnelle.

Cette prévisibilité protège tout le monde. Elle évite l’arbitraire, prévient le pouvoir syrien et rassure les investisseurs sur le fait qu’une crise future ne produira pas automatiquement un retour aux sanctions générales.

La crédibilité d’une ouverture dépend autant de ses garde-fous que de son courage.

Le peuple ne doit plus être la cible
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Le peuple ne doit plus être la cible

Changer de doctrine

La meilleure leçon de cette décision tient en peu de mots : une politique juste vise les responsables sans condamner les innocents à l’asphyxie.

Pendant des décennies, les sanctions se sont empilées au rythme des crimes, des guerres, du terrorisme et de la répression. Elles avaient une logique. Puis le régime est tombé, et conserver la même architecture aurait servi davantage le passé que l’avenir.

Le passage à des mesures ciblées reconnaît que le contexte a changé. Il garde des outils contre Assad, les trafiquants, les réseaux iraniens, l’État islamique et Al-Qaïda, tout en libérant l’activité ordinaire d’une interdiction générale.

La chance et le devoir

Ahmed al-Sharaa reçoit une chance rare : gouverner sans pouvoir attribuer chaque échec à l’étau américain. Les États-Unis reçoivent un devoir tout aussi rare : aider sans fermer les yeux, investir sans acheter le silence, sanctionner sans recommencer à punir tout un pays.

Deux jours après la décision, personne ne peut mesurer son effet réel. On peut seulement voir sa logique, ses risques et la direction qu’elle rend possible.

La Syrie n’est plus officiellement un État paria aux yeux de Washington. Elle doit maintenant devenir un État où aucun Syrien n’est traité comme un intrus dans son propre avenir.

Après 13 années de guerre et plus d’un demi-siècle de pouvoir familial, le pays n’a pas besoin d’un récit de rédemption instantanée. Il a besoin de temps, d’argent, de règles et de garanties que les vainqueurs acceptent eux-mêmes de respecter. La décision américaine ne fournit pas ces quatre choses. Elle cesse simplement d’en bloquer plusieurs à la fois, et c’est déjà une différence que les Syriens ont le droit d’éprouver dans leur vie plutôt que dans nos discours.

La liste est levée. La peur, elle, attend encore ses preuves.

Signé Maxime Marquette, chroniqueur

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.

Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. La règle de méthode est constante : une information factuelle n’est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous Sources, jamais ici.

Familles de sources primaires retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d’organisations intergouvernementales, dépêches d’agences de presse internationales reconnues.

Familles de sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche établies, rapports d’organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d’institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l’institution exacte est nommée sous Sources.

Nature de l’analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n’est promise d’avance; lorsqu’un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

ANALYSE : En Syrie, lever les sanctions ne suffit pas à lever la peur

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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