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Mercredi, dans le Bureau ovale

« Si cela n’était pas arrivé, nous n’aurions pas de problème de diesel. »

Donald Trump parlait des raffineries russes que frappent les drones ukrainiens. C’était le 30 septembre. La presse l’interrogeait dans le Bureau ovale.

Verdict provisoire : exagéré.

Une cause existe. Trump en fait la seule. Son propre secrétaire à l’Énergie en a cité deux autres.

Deux jours plus tôt, l’EIA relevait le prix du diesel. La moyenne nationale atteignait 6,382 $ le gallon. L’agence retient le prix proposé au comptant à celui qui fait le plein.

La baisse, publiée la veille
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La baisse, publiée la veille

L’EIA décrit sa méthode sur son site. Chaque lundi, à 8 h, elle relève le prix du diesel. L’heure est locale. Elle interroge des relais routiers et des stations-service. Elle publie le mardi.

Le 21 septembre, l’agence relevait 6,529 $. Le lundi 28 septembre, le gallon avait perdu 14,7 cents. La baisse touchait presque tout le pays. Seules les Rocheuses montaient.

Sur un an, le diesel restait plus cher de 2,628 $.

L’agence a publié ces chiffres le mardi 29 septembre. Trump a parlé le lendemain.

Chris Wright l’a d’ailleurs relevé devant la presse. « Vous avez vu les prix du diesel baisser la semaine dernière. »

Le chiffre était public.

Les mots exacts de mercredi
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Les mots exacts de mercredi

Le Kyiv Post a publié les mots exacts de Trump.

Le diesel est « vraiment bien plus touché », a dit Trump. « Pas par le Moyen-Orient, mais par ce qui se passe en Russie. »

Il avance une raison. « Ces raffineries de diesel sont mises hors service à un rythme assez alarmant. »

Puis il conclut. Ce qui s’est passé en Russie avec l’Ukraine a été, selon lui, « vraiment le plus gros problème pour le diesel ».

Ce n’est pas nouveau. Mi-septembre, il demandait déjà à Zelensky de cesser de frapper le diesel russe, rappelle le Kyiv Post.

Trump ne chiffre rien. Les frappes ukrainiennes retirent bien du diesel russe au marché. Elles n’expliquent pas, seules, le prix américain.

Une cause réelle, promue cause unique.

La part russe existe
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La part russe existe

Dix pour cent du diesel livré par mer

La part russe est réelle. Selon Bloomberg, repris par Rigzone, la Russie fournissait environ 10 % du diesel mondial livré par mer. Ce chiffre précède les restrictions et l’intensification des frappes.

L’Irish Examiner note que la Russie était traditionnellement le deuxième exportateur mondial de diesel.

En juillet, écrit Bloomberg, le raffinage russe est tombé à son plus bas depuis des années, sous les drones ukrainiens. Moscou a alors interdit à ses producteurs d’exporter leur diesel.

Selon la base ukrainienne DeepStrike UA, citée par le Kyiv Post, les drones ont touché 21 raffineries russes en août. C’est un record de guerre. Bloomberg a chiffré l’effet le 28 août. La production russe de carburants aurait chuté de plus de 30 %.

La part russe a aussi un témoin au Bureau ovale. Chris Wright a rangé la Russie parmi les pertes de diesel, relève CNBC.

Le retrait du diesel russe a aggravé les effets de la perturbation d’Ormuz, écrit Bloomberg, et renchéri partout le carburant des camions. La part russe pèse donc aussi sur le plein américain.

À côté du bureau, une autre liste
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À côté du bureau, une autre liste

Le Trésor, puis l’Énergie

Le Kyiv Post cite les propos de Scott Bessent, début septembre. Le secrétaire au Trésor imputait aux drones ukrainiens un « choc énergétique » mondial. Il accusait Kyiv.

Mercredi, un autre secrétaire se tenait debout à côté de Trump, près du bureau Resolute. Chris Wright dirige l’Énergie. Sa liste est plus longue.

« Nous avons perdu une partie des exportations de diesel du Moyen-Orient », a-t-il dit, « même si nous les rétablissons ». « Nous avons perdu les exportations de diesel de Chine. » « Cela fait beaucoup d’interruptions. »

Selon CNBC, il a aussi assuré que les raffineurs américains tournaient à des niveaux records. L’Europe doit annoncer de nouveaux volumes, a-t-il promis.

Sa liste ajoute le Moyen-Orient et la Chine. Celle de Trump s’arrête à la Russie.

Un point de départ, fin février
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Un point de départ, fin février

De 28 à 82 dollars le baril

Bloomberg suit la prime du diesel sur le brut. Rigzone a repris ses données le 30 septembre. Elle tournait alors autour de 82 $ le baril en Europe.

Fin février, elle valait environ 28 $. Elle a presque triplé. C’était avant la guerre lancée contre l’Iran par Washington et Israël. C’était avant la campagne intensifiée de Kyiv contre les raffineries russes.

CNBC situe l’étranglement d’Ormuz après l’attaque contre l’Iran. Cette semaine, les exportations quotidiennes de brut du détroit ont retrouvé leur niveau d’avant-guerre.

Les deux causes sont postérieures à la fin février. Cet écart seul ne suffirait pas à les départager.

Ormuz dans chaque gallon
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Ormuz dans chaque gallon

Pendant la même séance, Trump a salué la reprise des exportations de brut par Ormuz, rapporte CNBC.

« Nous sommes en très bonne position », a-t-il lancé. Le pétrole, selon lui, va commencer à baisser.

Ormuz pèse donc sur le brut, à ses propres dires. Sur le diesel, il l’écarte.

Or le diesel est fait de brut. Selon l’EIA, le brut, que Trump attend en baisse grâce à Ormuz, formait en mai 42 % du prix du diesel. Le gallon valait alors 5,60 $. Aucune autre part ne pesait autant.

On ne peut pas saluer Ormuz pour le brut et l’écarter pour le diesel.

Un diesel russe interdit deux fois
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Un diesel russe interdit deux fois

À l’importation, depuis 2022

Joe Biden a signé le décret 14066 le 8 mars 2022. Il interdit d’importer aux États-Unis les produits pétroliers russes : brut, carburants et produits de leur distillation.

Trump a lui-même rappelé cette interdiction dans un décret du 6 février 2026. L’interdiction tient toujours. Le diesel russe ne peut pas entrer, en droit, dans les pompes américaines.

Trump envisage toujours, d’après CNBC, d’interdire les exportations américaines de diesel. L’essence monterait « un peu », a-t-il dit. Le diesel baisserait « un peu ». Le prix américain dépendrait donc aussi de ce que l’Amérique exporte.

À l’exportation, jusqu’au 31 octobre

Le gouvernement russe a agi le jour même des propos de Trump, rapporte Rigzone. Il a prolongé son interdiction d’exporter le diesel. Le diesel russe des producteurs reste interdit à l’export jusqu’au 31 octobre.

Moscou invoque son marché intérieur et les récoltes.

CNBC, Reuters et le Kyiv Post ne rapportent aucune remarque de Trump sur ce décret.

Moscou garde son diesel pendant que Washington accuse Kyiv.

Le lendemain, à Samara
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Le lendemain, à Samara

Une installation pétrolière sans nom

Le 1er octobre, Volodymyr Zelensky annonce de nouvelles frappes à longue portée. Des « sanctions », écrit-il, ont aussi visé une installation pétrolière de la région de Samara.

Le site reste anonyme. Aucun dégât n’est chiffré. Le Kyiv Post n’a pas pu vérifier ces affirmations de façon indépendante.

Ni Zelensky ni le Kyiv Post ne parlent de raffinerie.

Zelensky cite aussi une cible en mer Noire et un dépôt de ravitaillement dans la région de Briansk. S’y ajoute un site de drones dans la région d’Orel. Moscou n’avait pas confirmé l’ensemble de ces frappes, ajoute le journal.

Son message parle de « réponses justes » à la guerre russe. Il ne mentionne ni Washington ni le diesel. Zelensky promet de continuer.

Tant que Moscou frappe
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Tant que Moscou frappe

Le même matin, selon Zelensky, un drone russe a frappé une école de Kyiv, sans faire de blessé.

La veille, Zelensky recensait sept morts, dont un enfant, et 24 blessés sous les drones et les missiles russes. C’était le jour des propos de Trump.

Mykola Bielieskov est analyste militaire à l’Institut national d’études stratégiques, un organisme public ukrainien. L’Irish Examiner rapporte qu’il juge improbable que Kyiv épargne le pétrole russe tant que Moscou frappe chaque jour.

« Nous devons priver la Russie de revenus », a-t-il dit.

En Russie, des régions toujours plus nombreuses rationnent de nouveau l’essence et le diesel, note le Moscow Times.

Une part, pas le tout
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Une part, pas le tout

Verdict : exagéré.

Réel, parce que les drones de Kyiv privent le marché de diesel russe. Exagéré, parce que Chris Wright lui-même cite le Moyen-Orient et la Chine. Exagéré, parce que le brut, lié à Ormuz, pèse aussi dans chaque gallon.

Trump pose une condition : sans les frappes, pas de problème de diesel. Ni l’EIA, ni Bloomberg, ni son secrétaire à l’Énergie ne l’étayent. Elle reste sans preuve.

Le relevé du lundi ne tranche pas. L’enquête de l’EIA demande un prix, jamais une cause.

Une cause réelle, promue seule coupable.

Lundi prochain, 8 h
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Lundi prochain, 8 h

Qui, à Washington, publiera la part russe du prix du diesel ?

Le prochain relevé est prévu le lundi 5 octobre. Sa publication suivra le 6 octobre.

Un chiffre officiel changerait le verdict. Il mesurerait la part de chaque perte dans ce prix. Un homme a déjà nommé ces trois pertes.

Chris Wright.

Les frappes de Kyiv n’expliquent qu’une part du diesel à 6,382 $.

Signé Maxime Marquette, chroniqueur

Encadré de transparence du chroniqueur
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Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur, expert et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.

Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. La règle de méthode est constante : une information factuelle n’est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous Sources, jamais ici.

Familles de sources primaires retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d’organisations intergouvernementales, dépêches d’agences de presse internationales reconnues.

Familles de sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche établies, rapports d’organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d’institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l’institution exacte est nommée sous Sources.

Nature de l’analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.

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Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n’est promise d’avance; lorsqu’un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

Pour toute demande de correction, veuillez envoyer un courriel à maximem@mad-max.co.

FACT-CHECK : Trump impute le diesel cher aux frappes de Kyiv et son secrétaire à l’Énergie nomme trois pertes

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