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Le retour d’une pratique barbare

Souvenez-vous de 2018. Les images avaient fait le tour du monde. Des bébés arrachés des bras de leurs mères à la frontière mexicaine. Des tout-petits enfermés dans des cages grillagées. Plus de cinq mille enfants séparés de leurs familles. La condamnation internationale avait été massive, unanime. Même les alliés traditionnels des États-Unis avaient exprimé leur horreur face à cette politique de tolérance zéro. Trump avait fini par faire marche arrière, contraint et forcé. Mais il n’avait jamais vraiment abandonné l’idée. Sept ans plus tard, les séparations familiales sont de retour. Mais cette fois, elles prennent une forme différente, plus insidieuse, plus difficile à documenter. Avec les passages illégaux à la frontière au plus bas depuis sept décennies, la campagne de déportations massives divise maintenant les familles de statut légal mixte à l’intérieur même du pays.

Antonio Laverde en sait quelque chose. Cet homme de trente-neuf ans avait quitté le Venezuela en 2022, traversé illégalement la frontière, puis demandé l’asile comme la loi le permet. Il avait obtenu un permis de travail, un permis de conduire, travaillait comme chauffeur Uber à Miami. Il partageait des logements avec d’autres immigrants pour pouvoir envoyer de l’argent à sa famille restée au Venezuela et en Floride. Sa femme Jakelin Pasedo et leurs deux fils l’avaient rejoint en décembre 2024. Pasedo s’occupait des enfants pendant que son mari gagnait de quoi faire vivre la famille. Elle et les enfants avaient obtenu le statut de réfugié, mais pas Laverde. Un matin de juin, alors qu’il partait travailler, des agents fédéraux l’ont arrêté. Pasedo affirme qu’il s’agissait d’une erreur d’identité, que les agents cherchaient quelqu’un d’autre dans leur immeuble. Mais peu importe. Elle et ses enfants, alors âgés de trois et cinq ans, se souviennent des agents menottant Laverde sous la menace d’une arme. Les petits sont tombés malades, ont eu de la fièvre, pleuraient en réclamant leur père.

Imaginez la scène. Vous êtes un enfant de trois ans. Des hommes armés entrent chez vous et emmènent votre papa. Vous ne comprenez pas pourquoi. Vous ne comprenez pas ce qui se passe. Vous avez juste peur. Une peur viscérale, primitive. Et cette peur ne vous quittera plus jamais complètement. C’est ça, la réalité des politiques de Trump. Des traumatismes infligés à des enfants innocents au nom de la loi et de l’ordre.

Des familles déchirées pour toujours

Laverde a été détenu au Broward Transitional Center, un centre de rétention à Pompano Beach en Floride. Après trois mois de détention, en septembre, il a demandé à retourner au Venezuela. Mais Pasedo, elle, n’a aucune intention de rentrer. Elle craint d’être arrêtée ou kidnappée pour avoir critiqué le gouvernement socialiste et appartenu à l’opposition politique. À trente-neuf ans, elle travaille maintenant dans le nettoyage de bureaux et, malgré tous les obstacles, espère se réunir un jour avec son mari aux États-Unis. Mais quand? Comment? Personne ne peut le dire. Pendant ce temps, leurs enfants grandissent sans père. Ils ne le verront peut-être plus jamais. C’est ça, la réalité des séparations familiales version 2025. Pas des séparations temporaires à la frontière, mais des déchirements permanents de familles installées sur le territoire américain.

L’histoire d’Edgar et Amavilia est tout aussi déchirante. Edgar avait quitté le Guatemala il y a plus de vingt ans. Il travaillait dans la construction, avait fondé une famille en Floride du Sud avec Amavilia, une autre migrante guatémaltèque sans papiers. L’arrivée de leur fils leur avait apporté une joie immense. Edgar était si heureux avec le bébé, il l’adorait, raconte Amavilia. Il lui disait qu’il allait le voir grandir et marcher. Mais quelques jours seulement après la naissance, Edgar a été arrêté sur la base d’un mandat de 2016 pour conduite sans permis à Homestead, la petite ville agricole où ils vivaient. Amavilia s’attendait à ce qu’il soit libéré sous quarante-huit heures. Au lieu de ça, Edgar a été transféré aux autorités de l’immigration et déplacé au centre de Krome. Elle est tombée dans le désespoir, ne savait plus quoi faire. Edgar, quarante-cinq ans, a été expulsé vers le Guatemala le 8 juin. Depuis, Amavilia ne peut plus payer les neuf cent cinquante dollars de loyer pour l’appartement de deux chambres qu’elle partage avec une autre immigrée. Les trois premiers mois, elle a reçu des dons de militants pro-immigrants. Aujourd’hui, elle allaite et s’occupe de deux enfants, se lève à trois heures du matin pour préparer des déjeuners qu’elle vend dix dollars pièce.

Amavilia marche avec son fils dans une poussette pour emmener sa fille à l’école, puis passe ses après-midis à vendre des glaces maison et des bananes enrobées de chocolat de porte en porte avec ses deux enfants. Elle a peur de sortir, mais elle sort quand même en se confiant à Dieu. Chaque fois qu’elle rentre chez elle, elle se sent heureuse et reconnaissante. Cette résilience me bouleverse. Cette force face à l’adversité. Mais pourquoi devrait-elle vivre ça? Pourquoi son bébé devrait-il grandir sans père? Au nom de quoi?

Sources

Sources primaires

Le Monde, Un an de Trump et de désordres accrus, éditorial publié le 31 décembre 2025. Los Angeles Times, Trump administration separates thousands of migrant families in the U.S., article de Gisela Salomon publié le 11 décembre 2025. PBS NewsHour, Trump administration separates thousands of migrant families in the U.S., article de Gisela Salomon pour Associated Press publié le 11 décembre 2025. CLASP Center for Law and Social Policy, 10 Things to Know About the Child Tax Credit Under the New Trump Reconciliation Bill, article d’Ashley Burnside publié le 23 juillet 2025. Al Jazeera, Trump administration freezes Minnesota childcare funds over fraud claims, article d’Erin Hale publié le 31 décembre 2025.

Sources secondaires

Reuters, Trump administration freezes child day care payments to Minnesota, publié le 31 décembre 2025. The Guardian, Trump administration freezes childcare funding to Minnesota in response to viral video, publié le 31 décembre 2025. The Washington Post, Trump administration freezes child care payments to Minnesota, publié le 31 décembre 2025. ABC News, HHS says it’s freezing child care payments to Minnesota after fraud schemes, publié le 31 décembre 2025. The Hill, Walz on frozen federal child care payments: This is Trump’s long game, publié le 31 décembre 2025. MPR News, Minnesota child care aid freeze amid fraud probe leaves centers parents confused, publié le 31 décembre 2025. Bipartisan Policy Center, How the OBBB Changes to the Child Tax Credit Will Impact Families, publié en 2025. Brookings Institution, How children are treated in the One Big Beautiful Bill Act, publié en 2025.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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