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Depuis novembre 2020, Trump a perfectionné la technique

Novembre 2020 : Biden gagne. Trump crie à la fraude. Soixante et un tribunaux — dont plusieurs présidés par des juges nommés par Trump lui-même — rejettent les recours. Pas un seul, pas un seul sur soixante et un, ne trouve de preuves suffisantes pour invalider un seul bulletin. Le procureur général William Barr, républicain, nommé par Trump, déclare publiquement le 1er décembre 2020 : « Nous n’avons pas trouvé de fraude à l’échelle qui aurait pu changer le résultat de l’élection. » Trump le vire trois semaines plus tard.

Mi-termes 2022 : les candidats trumpistes perdent dans des États-clés — Arizona, Pennsylvanie, Nevada. Trump crie à la fraude. Aucun recours n’aboutit. Janvier 2025 : Trump prend ses fonctions après avoir gagné en novembre 2024. Il ne crie pas à la fraude. Tiens donc. La fraude, dans la cosmologie de Mar-a-Lago, est une maladie sélective — elle n’infecte que les élections perdues.

Ce qui me révolte, ce n’est pas l’accusation. C’est la cadence. C’est que personne n’est plus surpris. Les rédactions du monde entier ont désormais un template prêt pour ce moment : « [Trump/candidat allié] perd un vote et dénonce une fraude non documentée. » On remplit les blancs. On publie. On passe à autre chose. Et le mensonge, lui, reste. Il sédimente. Il devient couche géologique dans l’esprit de millions d’Américains.

Le coût réel de ce réflexe — ce que les articles ne calculent jamais

Une étude publiée par l’Université du Michigan en mars 2024 mesure l’érosion de confiance dans les institutions électorales américaines entre 2016 et 2023. Chez les électeurs républicains, 68 % estiment que les élections « ne reflètent pas toujours réellement la volonté populaire » — contre 21 % en 2012. Ce n’est pas une opinion abstraite. C’est le terreau dans lequel poussent les milices, les menaces contre les assesseurs de bureau de vote, les démissions en masse des agents électoraux dans des comtés ruraux qui ne trouvent plus personne pour les remplacer parce que la pression est devenue insupportable.

À Maricopa County, Arizona, plus de 40 % du personnel des bureaux de vote a démissionné entre 2020 et 2023, selon le Brennan Center for Justice. Ces gens-là ne partent pas parce qu’ils ont trouvé un meilleur emploi. Ils partent parce qu’ils reçoivent des menaces de mort. Parce que leur adresse personnelle est publiée en ligne. Parce qu’un président des États-Unis a répété, des centaines de fois, qu’ils volaient les élections. Ce sont ces gens-là — Katie, 54 ans, assessrice depuis dix-huit ans dans un bureau de vote de Phoenix, qui a pris sa retraite anticipée en janvier 2022 après avoir reçu 23 menaces par email en une semaine — qui paient le prix des accusations sans preuves.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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