Skip to content

Un homme prévisible — c’est-à-dire le pire négociateur possible

Wang Huning, 70 ans, idéologue en chef du Parti communiste chinois, l’homme qui a écrit la doctrine du « rêve chinois », a publié en 1991 un livre intitulé L’Amérique contre l’Amérique. Il y décrit un pays qui se ronge de l’intérieur par excès de confiance, par culte du spectacle, par incapacité à penser le long terme. Trente-cinq ans plus tard, ce livre est devenu le manuel de lecture de Xi Jinping sur Washington.

Trump est l’incarnation parfaite de la prophétie de Wang Huning. Vaniteux, donc manipulable. Allergique aux dossiers, donc ignorant. Obsédé par les images, donc négligent sur les substances. Quand Xi serre la main de Trump devant les caméras, Xi sait exactement ce qu’il fait. Trump, lui, pense qu’il « gagne » parce que la photo est belle.

Et pourtant, dans chaque rencontre passée, c’est la Chine qui est repartie avec quelque chose de concret. En 2017 : aucune concession sur la Mer de Chine méridionale, aucun engagement sur Taïwan, aucun accord sur les droits humains au Xinjiang. En échange : un dîner à la Cité interdite, un défilé militaire spectaculaire, et un Trump qui rentre à Washington en disant « Xi est un grand ami ».

Il y a quelque chose de profondément triste dans cette mécanique. Un président américain qui ne comprend pas qu’il est le produit qu’on lui vend. Xi ne le respecte pas. Xi l’utilise. Et chaque fois que Trump rentre en disant qu’il a « gagné », il vient de perdre — sans le savoir.

La doctrine du temps long contre la pulsion du moment

Xi Jinping pense en décennies. Sa « Belt and Road Initiative » lancée en 2013 a déjà investi 962 milliards de dollars dans 149 pays. Le projet est conçu pour aboutir en 2049 — centenaire de la République populaire. Trump pense en cycles électoraux de quatre ans, et souvent en cycles médiatiques de quatre heures.

Cette différence n’est pas culturelle. Elle est structurelle. Une démocratie populiste ne peut pas négocier avec un régime patient. Elle peut tonner, tweeter, sanctionner — mais elle ne peut pas tenir une position trois ans, parce que dans trois ans, l’opinion aura bougé, le Congrès aura tourné, le président aura changé. Pékin le sait. Pékin attend.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!

Commentaires

0 0 votes
Évaluation de l'article
Subscribe
Notify of
guest
0 Commentaires
Newest
Oldest Most Voted
Inline Feedbacks
View all comments
Plus de contenu