Internet récompense l’assurance, la rapidité, l’indignation, l’esprit et, parfois, un manque total de pudeur, ce qui signifie que bon nombre de personnages historiques s’y seraient un peu trop bien adaptés. Certaines étaient de brillants penseurs publics qui adoraient la polémique. D’autres ont bâti leur réputation sur le spectacle, le contrôle de leur image ou une pure obstination. Placez-les dans un contexte en ligne moderne, et vous pouvez presque imaginer les publications de citations, les excuses maladroites et les fils de commentaires dont personne ne voulait. Ces 20 personnalités, d’après ce qu’elles ont réellement dit, fait, écrit et projeté en public, auraient été de véritables cauchemars sur Internet.
1. Diogène, le maître de la réplique
En tant que l’un des pères fondateurs du cynisme, le philosophe grec antique Diogène a fait du rejet du luxe et des conventions sociales sa marque de fabrique. On l’imagine bien dans les commentaires de tout le monde, se moquant des symboles de statut social, dénonçant l’hypocrisie et transformant d’une manière ou d’une autre une innocente photo de vacances en une leçon sur la vanité.
2. Benjamin Franklin, le génie des comptes parallèles
Père fondateur et érudit reconnu, Ben aurait sans doute été trop occupé pour se livrer au « doomscrolling ». Il n’en avait pas moins une voix publique percutante et un penchant bien connu pour écrire sous un pseudonyme. S’il avait eu accès aux réseaux sociaux, il aurait eu plusieurs comptes temporaires, chacun suffisamment drôle pour devenir viral et suffisamment insaisissable pour laisser les gens dans le flou.
3. Henri VIII, le roi des lettres de motivation
Henri VIII n’était pas vraiment du genre à garder ses querelles conjugales ou religieuses pour lui. Sur Internet, chaque crise de relations publiques aurait sans doute donné lieu à des excuses bâclées postées sur une application de notes. Cela dit, ça aurait été amusant de prendre de ses nouvelles tous les deux ou trois ans et de constater qu’il avait épousé une nouvelle femme.
4. Élisabeth Ire, la responsable de marque
Élisabeth Ire maîtrisait l’art de soigner son image bien avant que quiconque ne dispose d’un fil d’actualité à gérer. Elle ne publiait jamais rien au hasard. Chaque légende, chaque portrait et chaque message public s’inscrivait dans une stratégie plus large visant à affirmer son pouvoir. Elle aurait été l’équivalent d’une Taylor Swift du XIVe siècle : tout avait une signification.
5. Martin Luther, l'initiateur du débat
Martin Luther a contribué à déclencher la Réforme protestante au XVIe siècle. Si on lui donnait accès à une plateforme moderne, il publierait un long fil de discussion détaillé sur un sujet académique ou religieux, puis passerait le reste de la journée à se disputer joyeusement avec les internautes.
6. Caravage, Le Compte banni
Caravage était un peintre célèbre, mais controversé, aux XVIe et XVIIe siècles, et sa vie personnelle reflétait son art qui divisait. Son tempérament fougueux et son attitude spontanée lui valaient d’être suspendu ou banni de presque toutes les scènes artistiques, mais il revenait toujours avec encore plus d’ardeur.
7. Tycho Brahe, le spécialiste de la viande dans le monde scientifique
Tycho Brahe était un astronome du XVIe siècle qui a contribué à lancer la révolution scientifique. Outre ses discussions sur les théories spatiales sur divers forums, on peut imaginer que son fil Instagram serait rempli de photos de nuits étoilées.
8. Voltaire, le torréfacteur professionnel
Ce célèbre écrivain français du siècle des Lumières était connu pour ses réflexions pleines d’esprit et ses critiques du christianisme et de l’esclavage. Il passait sans doute son temps à débattre avec brio avec quiconque souhaitait croiser le fer avec lui, tout en mettant régulièrement à jour son blog personnel, déjà très riche en contenu.
9. Jean-Jacques Rousseau, celui qui en dit trop
Rousseau a contribué à façonner la littérature personnelle et politique moderne au siècle des Lumières, et il avait le don de transformer ses conflits intérieurs en sujets d’intérêt public. Il publiait un texte qui le rendait vulnérable, essuyait des critiques, puis répondait par une longue explication qui, d’une manière ou d’une autre, suscitait trois nouvelles polémiques.
10. Napoléon Bonaparte, le maître de la narration
Napoléon était animé par l’ambition, la confiance en soi et un immense désir de contrôler l’opinion publique. Sa présence en ligne se caractériserait par des images héroïques et un discours rigoureux, ses partisans affirmant que chaque revers s’inscrivait dans son plan d’ensemble.
11. Lord Byron, Le Beau Désastre
Byron avait le charisme, le goût du scandale, le talent littéraire et la capacité à se créer une légende propre à quelqu’un qui aurait dominé toutes les tribunes. Ses publications seraient poétiques et irrésistibles, tandis que les commentaires débattraient sans fin pour savoir s’il était un génie, une menace, ou les deux à la fois.
12. Andrew Jackson, Le collectionneur de rancunes
Andrew Jackson n’était pas du genre à laisser les gens l’insulter sans réagir. Si on le transposait dans le monde médiatique d’aujourd’hui, il tiendrait sans doute une rubrique « roast », où il proposerait à ses abonnés des stories TikTok en cinq parties sur les derniers scandales.
13. P.T. Barnum, le maître du clickbait
Barnum comprenait l’art du spectacle et savait parfaitement comment attirer l’attention. Sur Internet, il saurait exactement comment présenter un article ou une vignette YouTube de manière à inciter même les plus méfiants à cliquer.
14. Charles Dickens, le rédacteur de déclarations publiques
Dickens écrivait avec force sur la vie sociale et faisait preuve d’un instinct sûr pour gérer sa propre réputation. Il publiait des commentaires poignants sur l’injustice, puis diffusait un communiqué personnel soigneusement rédigé qui le mettait à l’abri de toute réaction négative à laquelle il pouvait être confronté.
15. Oscar Wilde, L'assassin des légendes
Avec son talent pour l’esprit vif et raffiné, Wilde aurait fait des ravages dans les sections de commentaires. Il n’aurait pas eu besoin de longs discours pour remporter un débat public. Une seule réplique élégante aurait suffi à faire passer les réponses des autres pour des tentatives bien trop maladroites.
16. Thomas Edison, fondateur de The Tech Feud
Edison était inventif, tenace et tout à fait capable de transformer une rivalité technique en une campagne publique. Ses batailles autour des systèmes électriques sont l’équivalent au XIXe siècle des drames actuels des start-ups technologiques, avec leur lot d’avertissements, de contre-arguments et de partisans se disputant pour savoir quel avenir était le plus sûr.
17. William Randolph Hearst, La machine à scandales
Hearst comprenait parfaitement le sens du sensationnalisme et l’intérêt commercial qu’il y avait à capter rapidement l’attention du public. S’il avait vécu à l’ère du web, il aurait été un as de la manipulation médiatique, transformant la peur, les scandales et l’incertitude en contenu avant même que quiconque ait eu le temps de vérifier ses informations.
18. Joseph McCarthy, L'usine à accusations
McCarthy a démontré comment les accusations publiques pouvaient semer la panique, attirer l’attention et générer un pouvoir politique. Sur les réseaux sociaux, il tirait profit des insinuations, des déclarations spectaculaires et des avertissements vagues qui poussaient les gens à se défendre, même s’ils n’avaient rien fait de mal.
19. J. Edgar Hoover, L'Observateur
Hoover n’aurait pas besoin de publier des messages toute la journée pour devenir un véritable cauchemar sur Internet. Ce serait lui qui surveillerait tout le monde, recueillerait des informations, constituerait des dossiers et considérerait la dissidence, le militantisme et la vulnérabilité des individus comme des éléments à répertorier.
20. Richard Nixon, le président aux comptes fictifs
Nixon avait ce côté méfiant, secret et cette manie des listes noires qui se seraient terriblement mal adaptés à Internet. C’est le genre de personne à créer ses propres comptes anonymes pour inonder sa section de commentaires d’éloges et d’adulation. Connaissant Nixon, il aurait fini par se faire prendre.