Avant l’apparition des casques de chantier, de la législation du travail, des systèmes de ventilation et des mesures générales de sécurité au travail, un métier pouvait vous ruiner la santé bien avant de vous coûter la vie. Certains de ces métiers présentaient des dangers évidents, liés aux incendies, aux effondrements ou aux eaux profondes ; d’autres semblaient tout à fait ordinaires jusqu’à ce que la poussière, les produits chimiques ou les infections commencent à causer des dommages insidieux. Le pire, c’est à quel point tout cela semblait normal, comme si perdre des doigts, des poumons, des dents ou des années de vie faisait tout simplement partie du prix à payer pour gagner sa vie. Voici 20 métiers historiques qui étaient pratiquement des condamnations à mort.
1. Ramoneur
On envoyait des enfants ramoneurs dans des cheminées étroites et encrassées de suie, car leur petite taille leur permettait de se faufiler là où les adultes ne pouvaient pas passer. Ce métier était synonyme de brûlures, de chutes, de suffocation, de lésions pulmonaires et d’une vie passée à respirer la suie de charbon, avant que quiconque ne se soucie vraiment de protéger les enfants qui l’exerçaient.
2. Le fabricant d'allumettes
La fabrication d’allumettes semble être une activité délicate, jusqu’à ce qu’on en vienne au phosphore blanc. Au XIXe siècle, les ouvriers de l’industrie de l’allumette pouvaient contracter la « mâchoire phosphorique », une terrible maladie professionnelle qui attaquait les os de la mâchoire et transformait un simple travail d’usine en un lent cauchemar médical.
3. Peintre de cadrans au radium
La peinture des cadrans au radium était présentée comme un travail propre et qualifié destiné aux jeunes femmes, ce qui rend la trahison encore plus cruelle. On demandait aux ouvrières d’aiguiser les pinceaux radioactifs avec leurs lèvres, les exposant ainsi silencieusement aux radiations tandis qu’elles peignaient des cadrans de montre qui semblaient magiques dans l’obscurité.
4. Powder Monkey
Les « powder monkeys » étaient généralement des garçons à bord des navires de guerre, suffisamment petits et agiles pour transporter la poudre à canon de la soute vers les canons pendant les combats. Une étincelle, un coup, un instant d’inattention, et cette tâche pouvait cesser d’être un simple travail pour se transformer en une explosion.
5. Mineur de charbon
L’exploitation du charbon a toujours comporté des dangers bien concrets : effondrements, explosions, air vicié, inondations et poussière qui s’accumulait dans les poumons. Jour après jour, les hommes descendaient sous terre en sachant que le sol au-dessus d’eux pouvait s’effondrer à tout moment.
6. Le petit briseur de pierres
Les jeunes trieurs s’asseyaient près des tapis roulants et séparaient l’ardoise du charbon, souvent alors qu’ils n’étaient encore que des enfants, respirant la poussière tandis que leurs mains s’affairaient à toute vitesse près des machines. C’était le genre de travail qui leur volait d’abord leur enfance, puis leur santé, et parfois même leurs doigts.
7. Sandhog
Les mineurs creusaient des tunnels et construisaient les fondations de ponts sous les rivières, travaillant dans un environnement sous pression où le corps pouvait se retourner contre lui-même. La maladie des caissons, connue plus tard sous le nom de « mal des caissons », rendait le retour au surface dangereux en soi, car remonter trop vite pouvait causer des lésions irréversibles, voire la mort.
8. Le ramasseur de crottes
Les vidangeurs vidaient les fosses septiques, les latrines et les toilettes à l’ancienne avant que les réseaux d’égouts modernes ne prennent le relais pour traiter le pire. Ce travail était aussi répugnant qu’il y paraît, mais le véritable danger résidait dans les risques d’infection, l’air vicié, les effondrements et le contact quotidien avec tout ce qu’une ville préférait garder caché.
9. Tosher
Les « toshers » fouillaient les égouts de Londres à la recherche de tout objet ayant une valeur suffisante pour être vendu. Ils travaillaient dans l’obscurité, la crasse et au milieu d’eaux imprévisibles, gagnant leur vie dans des endroits où un seul faux pas pouvait entraîner la maladie, la noyade ou tout simplement ne pas être retrouvé à temps.
10. Le chapelier au mercure
Vu de l’extérieur, la fabrication de chapeaux semblait être un métier respectable, mais à l’intérieur de l’atelier, les matériaux pouvaient empoisonner insidieusement ceux qui les manipulaient. Les chapeliers exposés au mercure pouvaient développer des tremblements, des troubles de l’élocution, des sautes d’humeur et des lésions neurologiques, ce qui explique en partie l’origine sinistre de l’expression « fou comme un chapelier ».
11. Collecteur de sangsues
Les cueilleurs de sangsues satisfaisaient la demande du monde médical en matière de saignées en pataugeant dans les marais et en laissant les sangsues s’accrocher à leurs propres jambes. Ce travail s’accompagnait de pertes de sang, d’infections, d’eau froide et de l’étrange humiliation d’être à la fois ouvrier et appât.
12. Tanner
Les tanneurs transformaient les peaux d’animaux en cuir, ce qui les obligeait à vivre au milieu de peaux en décomposition, de liquides corrosifs, d’outils de grattage et d’odeurs si nauséabondes que ce métier avait été relégué aux confins de la ville. C’était un travail indispensable, mais aussi crasseux, corrosif et éprouvant pour le corps, dont les traces ne s’effaçaient jamais.
13. Ouvrier dans une poudrière
Les ouvriers des poudrières devaient faire preuve d’une prudence que la plupart des métiers n’exigent jamais. Une erreur, une étincelle, un frottement ou un moment d’inattention pouvaient réduire un bâtiment en cendres, ce qui donnait à chaque journée de travail l’impression d’être sur le point d’exploser.
14. Chasseur de baleines
La chasse à la baleine, c’était des petits bateaux, des animaux gigantesques, des mers glaciales, des outils tranchants et des ponts glissants, couverts d’huile et de sang. Avant même d’en venir aux tempêtes ou aux naufrages, le simple fait de chasser et de dépecer les baleines exposait les ouvriers à plusieurs façons différentes de mourir.
15. Chef d'équipe
Les ouvriers exposés au plomb manipulaient un matériau que l’on utilisait partout et dont on a pris conscience bien trop tard. L’extraire, le fondre, s’en servir pour peindre ou le modeler pouvait entraîner un empoisonnement chronique, dont les effets s’installaient si lentement que les employeurs les ignoraient et que les travailleurs en subissaient les conséquences.
16. Ouvrier du secteur textile spécialisé dans l'amiante
L’amiante semblait autrefois être un matériau miracle, surtout lorsqu’il pouvait être filé, tissé et transformé en produits ignifuges. Ce sont les personnes qui manipulaient ces fibres qui en ont payé le prix fort, en inhalant des poussières susceptibles de provoquer, des années plus tard, une asbestose, un cancer du poumon ou un mésothéliome.
17. Ouvrier chargé des enterrements pendant la peste
Pendant les épidémies, quelqu’un devait ramasser les corps, creuser des tombes et arpenter des rues que tout le monde s’efforçait d’éviter. Ce travail impliquait une exposition au danger, l’épuisement, le chagrin et la terrible prise de conscience que le bien public impliquait souvent un risque personnel.
18. Coupe-glace
Les coupeurs de glace s’affairaient sur les rivières et les étangs gelés avant que l’avènement de la réfrigération ne fasse disparaître ce métier. Ils utilisaient des scies, des crochets, des chevaux et leur force physique sur des surfaces instables, où un faux pas pouvait faire passer un ouvrier sous la glace au lieu de le maintenir à sa surface.
19. Plongeur de perles
Les plongeurs de perles ont rendu la beauté possible en plongeant sans cesse dans les profondeurs, avec peu de protection et sans aucune garantie de remonter à la surface. Ce travail impliquait de retenir son souffle trop longtemps, de subir la pression sur le corps, de se heurter aux coraux acérés, d’affronter des courants violents et de courir le risque constant de se noyer, tout cela pour un objet si petit qu’il pouvait disparaître dans la paume d’une main.
20. Grimpeur de châteaux
Les cordistes escaladaient les tours, les cheminées, les clochers et les cheminées d’usine avec pour seuls atouts leur sang-froid, leurs outils et leur confiance dans l’échelle ou la corde dont ils disposaient. Dans ce métier, la gravité semblait être une collègue rancunière, et un seul faux pas pouvait mettre fin à toute une carrière en quelques secondes.