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Une découverte inespérée dans les sables du Tchad

credit : saviezvousque.net (image IA)

En 1988, une opportunité inattendue s’est présentée sur un aérodrome isolé situé en plein cœur du désert tchadien. Un hélicoptère soviétique Mi-24 de type Hind gisait là, abandonné au milieu d’une étendue aride et inhospitalière. Ce qui ressemblait à une simple épave représentait en réalité une mine d’or technologique pour les forces occidentales.

D’après les informations rapportées dans un récit détaillé du journaliste Tim Newcomb, les agences de renseignement américaines cherchaient désespérément à mettre la main sur cet appareil depuis plus d’une décennie. L’objectif était clair : percer ses secrets, analyser ses vulnérabilités et développer des tactiques pour le neutraliser sur le champ de bataille.

Cependant, s’emparer de la machine n’était pas une mince affaire. L’hélicoptère présentait un impact de balle dans son moteur, rendant impossible toute tentative de le faire voler par ses propres moyens. Cette avarie technique majeure a contraint les stratèges militaires à imaginer une opération de récupération particulièrement complexe, sous le nez des forces ennemies toujours présentes dans la région.

Le « char du diable », un appareil sans équivalent en Occident

credit : saviezvousque.net (image IA)

Pour comprendre l’obsession américaine, il faut remonter à la fin des années 1960. À cette époque, les concepteurs soviétiques étudient de près les tactiques américaines employées au Vietnam avec des appareils de l’OTAN comme le Bell UH-1 Huey, dédié au transport, et le Bell AH-1 Cobra, axé sur l’attaque. L’ingénierie soviétique décide alors de fusionner ces deux rôles distincts au sein d’une seule et même structure aérienne.

Le résultat de ces recherches est le Mi-24. Cet appareil hybride, mi-canonnière blindée mi-transport de troupes, est capable de larguer une escouade de huit soldats prêts au combat tout en déclenchant une puissance de feu dévastatrice. Il pèse 18 000 livres et dispose d’un canon rotatif de type Gatling de 12,7 mm à quatre canons logé dans son nez, de roquettes et de missiles antichars. Son blindage épais peut absorber sans difficulté les tirs de balles de 12,7 mm venant du sol.

Face à sa capacité à insérer des troupes, supprimer les positions ennemies et extraire ses hommes en une seule sortie, les moudjahidines afghans l’ont surnommé le « char du diable ». Les Soviétiques ont construit 2 500 exemplaires de ces « chars volants » et les ont massivement exportés à travers le monde, renforçant ainsi leur redoutable réputation.

Des performances de vol défiant toute concurrence

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Outre sa puissance de frappe et son blindage, le Mi-24 possédait un atout majeur qui déroutait les analystes occidentaux : sa vitesse fulgurante. Malgré son poids imposant et sa charge militaire, l’hélicoptère était capable de prouesses aérodynamiques exceptionnelles pour un appareil de sa catégorie.

En 1978, une version modifiée du Mi-24 a établi le record du monde de vitesse pour un hélicoptère en atteignant 228,9 miles par heure. Cette performance technique impressionnante est restée inégalée pendant près d’une décennie, prouvant l’avance technologique des ingénieurs soviétiques dans ce domaine précis.

Même dans sa configuration de combat standard, l’appareil pouvait allègrement dépasser les 200 miles par heure. Cette célérité lui permettait de distancer n’importe quel hélicoptère occidental envoyé pour l’intercepter, justifiant pleinement la volonté farouche de l’armée américaine de capturer un spécimen pour l’étudier de fond en comble.

De la Libye au Tchad : l’héritage de la « guerre des Toyota »

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La présence de cet hélicoptère soviétique sur le sol africain découle d’un conflit géopolitique majeur. L’Union soviétique avait exporté plusieurs dizaines de ces appareils vers la Libye, alors dirigée par le colonel Mouammar Kadhafi. Ce dernier a ensuite lancé une invasion du Tchad, un pays d’Afrique centrale, dans le but de conquérir des territoires riches en pétrole.

Ce conflit, qui s’est étalé de 1978 à 1987, a été baptisé la « guerre des Toyota ». Cette appellation singulière provient de l’utilisation intensive par les Forces armées nationales tchadiennes de pick-up Toyota, modifiés pour résister au sable et équipés de missiles guidés antichars, offrant une mobilité redoutable face aux forces libyennes.

À l’issue des combats, les forces tchadiennes, bénéficiant de l’aide de la France, ont réussi à repousser l’invasion. Dans leur retraite, les troupes libyennes ont abandonné quelques exemplaires d’exportation de l’appareil, officiellement désignés sous le nom de Mi-25, sur la base aérienne reculée de Ouadi Doum, dans le nord du Tchad. L’hélicoptère restait toutefois parfaitement visible par les forces de Kadhafi, compliquant toute tentative de récupération.

L’Opération Mount Hope III : logistique et préparation minutieuse

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C’est dans ce contexte tendu que l’Opération Mount Hope III a vu le jour. L’armée américaine a conclu un accord confidentiel avec le Tchad et la France pour exfiltrer discrètement un Mi-25 de la base abandonnée. La mission, classée top secrète, a été confiée au 160e régiment d’opérations spéciales aériennes de l’armée américaine, judicieusement surnommé les « Traqueurs de la nuit ».

La principale contrainte résidait dans le fait que les troupes libyennes, dotées d’une puissance de feu suffisante pour détruire l’hélicoptère et l’équipe de récupération, ne devaient rien remarquer. Les préparatifs ont débuté dans le désert du Nouveau-Mexique. Les militaires américains ont équipé deux hélicoptères lourds Boeing MH-47 Chinook, modifiant l’un d’eux pour qu’il reproduise très exactement le poids de la machine soviétique à soulever.

Après trois mois d’un entraînement logistique intensif, l’opération a été lancée en juin 1988. Soixante soldats ont embarqué à bord d’un avion de transport géant Lockheed C-5 Galaxy depuis la base de Fort Campbell, dans le Kentucky. Les deux imposants hélicoptères MH-47 ont été chargés dans la soute de l’avion, direction le continent africain.

Un vol à l’aveugle et une exfiltration couronnée de succès

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L’avion s’est posé à l’aéroport international de N’Djamena, au Tchad, où les MH-47 ont été déchargés. Profitant de l’obscurité, les appareils ont parcouru 550 miles en direction de Ouadi Doum. Les équipages volaient uniquement équipés de lunettes de vision nocturne, sans aucune aide de navigation extérieure. Sur place, les troupes au sol avaient déjà sécurisé et préparé la prise pour son transport aérien.

L’hélicoptère soviétique a été rapidement élingué sous l’un des MH-47, tandis que le second appareil américain embarquait diverses pièces détachées supplémentaires. Lors du vol de retour vers la capitale et l’avion de transport, une violente tempête de sable s’est levée, réduisant la visibilité à presque zéro. Malgré ces conditions extrêmes, les pilotes ont maintenu leurs appareils en vol et ont réussi à atterrir en toute sécurité. Aucun coup de feu n’a été tiré, aucun homme n’a été perdu, et les forces libyennes n’ont apparemment rien soupçonné.

Les « Traqueurs de la nuit » ont ensuite chargé le précieux butin dans le C-5. Seulement 70 heures après le début de cette opération secrète, l’appareil se posait à Fort Rucker (aujourd’hui Fort Novosel) en Alabama. Les aviateurs de l’armée américaine ont remis l’hélicoptère en état, l’ont minutieusement étudié et l’ont même utilisé lors d’exercices d’entraînement, avant qu’il ne rejoigne finalement les collections du Southern Museum of Flight en 2012.

Selon la source : popularmechanics.com

Le « char du diable » était abandonné dans le désert. L’armée américaine a élaboré un plan pour s’en emparer

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