Skip to content

Une raffinerie, 40 armateurs, un réseau invisible

La raffinerie sanctionnée traite du pétrole iranien acheminé via des circuits de contournement — des navires qui coupent leurs transpondeurs AIS au large d’Oman, qui transbordent leur cargaison en haute mer, qui arrivent en Chine sous des pavillons de complaisance avec des manifestes de chargement falsifiés. Ce n’est pas nouveau. C’est le commerce international de l’ère des sanctions. En 2025, la Chine a importé en moyenne 1,5 million de barils de pétrole iranien par jour — soit l’essentiel des exportations de Téhéran — malgré l’existence formelle des sanctions américaines depuis 2018.

Les 40 entités maritimes visées ce 24 avril représentent une fraction de ce réseau. Pour chaque société sanctionnée, trois autres existent déjà, créées la semaine précédente sous d’autres noms, dans d’autres juridictions, avec d’autres directeurs nominaux. C’est un jeu de taupe que Washington joue depuis sept ans sans jamais gagner — et sans jamais cesser d’y jouer, parce que le jeu lui-même est le message, pas le résultat.

La « pression maximale » contre l’Iran, c’est une expression qui sonne bien dans une conférence de presse. Dans la réalité, c’est une passoire que tout le monde finance en faisant semblant de la réparer.

Qui paie vraiment le prix des sanctions

Les actionnaires de la raffinerie sanctionnée — dont certains sont des fonds d’investissement qui ne savent probablement pas exactement ce qu’ils possèdent — vont perdre de l’argent. Les marins des 40 sociétés maritimes frappées, dont beaucoup sont des ressortissants pakistanais, bangladais ou philippins payés 800 dollars par mois pour piloter des pétroliers fantômes, vont perdre leur emploi. Les ingénieurs iraniens qui supervisent l’extraction dans les champs de Kharg, eux, continueront à travailler — parce que d’autres raffineries, d’autres armateurs, d’autres circuits prendront le relais avant la fin du mois.

Et pourtant, les sanctions ont été présentées le 24 avril comme une victoire. Un communiqué du Trésor américain les décrit comme un « coup décisif » contre le financement des activités déstabilisatrices de l’Iran. Ce communiqué a été rédigé par des fonctionnaires qui savent pertinemment que dans six semaines, le réseau sera reconstitué. Ils le savent parce qu’ils ont regardé les six dernières années se dérouler exactement de cette façon.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!

Commentaires

0 0 votes
Évaluation de l'article
Subscribe
Notify of
guest
0 Commentaires
Newest
Oldest Most Voted
Inline Feedbacks
View all comments
Plus de contenu