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Un visage dans le couloir de la mort

Marcus Johnson — prénom modifié pour protéger l’identité de ses proches — attend dans une cellule du pénitencier fédéral de Terre Haute, Indiana, depuis vingt-deux ans. Il a 41 ans. Il est entré dans le couloir de la mort à 19. Il connaît l’odeur du béton froid le matin, le claquement métallique des portes à 6h15, le bruit des chariots de repas sur le sol strié. Il a appris à dessiner en prison. Ses dessins sont mauvais, disent ses gardiens. Ses gardiens ne sont pas des critiques d’art. Depuis le 27 janvier 2025, il sait que la méthode par laquelle on pourrait le tuer a changé. On lui a dit. Le règlement l’exige.

Il y a actuellement 40 condamnés dans le couloir de la mort fédéral américain. 40 hommes — presque exclusivement des hommes — dont les dossiers remontent pour certains à plus de vingt-cinq ans. Vingt-cinq ans à attendre qu’on vienne les tuer. Vingt-cinq ans de recours, d’appels, d’espoirs nés et brûlés, de dates fixées puis repoussées. Et maintenant, pour certains d’entre eux, une nouvelle variable : peut-être pas une aiguille, peut-être une balle. L’incertitude n’est pas un détail. L’incertitude est une forme de supplice autorisée par décret.

Quarante hommes. Je les compte. Je ne connais pas leurs crimes. Certains ont commis des choses que je ne veux pas imaginer. Et pourtant, ce matin, je pense à eux — non pas à ce qu’ils ont fait, mais à ce qu’on s’apprête à leur faire. Il y a deux questions distinctes ici, et on n’a pas le droit de les confondre : méritent-ils de mourir ? Et si oui, l’État a-t-il le droit de les tuer par balle ? Ce sont deux questions différentes. Le débat américain refuse de les séparer.

Les familles des victimes : le silence qu’on n’entend pas

L’argument favori des partisans de la peine de mort fédérale est celui des familles des victimes. « Elles ont besoin de clôture. » « Elles ont attendu trop longtemps. » « La justice doit être rendue. » Ce sont des phrases réelles, prononcées par des gens réels qui ont perdu des enfants, des conjoints, des parents à cause de crimes réels. Leur douleur n’est pas une abstraction. Elle est documentée, datée, permanente. Je ne vais pas la nier.

Et pourtant — et pourtant — des études menées sur plusieurs décennies par des chercheurs de l’Université du Minnesota et de la University of California Davis montrent que la peine de mort n’apporte pas la paix psychologique que ses défenseurs promettent aux familles de victimes. Robert Renny Cushing, fondateur de l’organisation « Murder Victims’ Families for Reconciliation », a perdu son père dans un meurtre brutal en 1988. Il passe sa vie à s’opposer à la peine de mort. « On nous utilise comme justification », dit-il. « On ne nous demande pas ce qu’on veut vraiment. On nous montre comme preuve. » Les familles des victimes ne parlent pas d’une seule voix. On n’entend qu’une partie d’entre elles — la partie utile à la démonstration.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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