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Islamabad, 24 avril : deux hommes sans mandat officiel

Jared Kushner, 45 ans, n’est ni secrétaire d’État, ni envoyé spécial nommé par le Sénat, ni titulaire d’un quelconque poste gouvernemental depuis le 20 janvier 2025. Il dirige Affinity Partners, un fonds d’investissement qui a levé 2 milliards de dollars auprès du Fonds d’investissement public saoudien en 2021 — soit dix-huit mois après que Kushner avait supervisé la politique américaine au Proche-Orient depuis le Bureau ovale. Steve Witkoff, 68 ans, est promoteur immobilier à New York, ami personnel de Trump depuis les années 1990, sans formation diplomatique documentée. Ces deux hommes atterrissent à Islamabad le 24 avril pour des entretiens dont la nature exacte n’a pas été communiquée au Département d’État.

Ce détail n’est pas administratif. Il est constitutionnel. La loi Logan interdit aux citoyens privés de mener des négociations avec des gouvernements étrangers sur des questions relevant de la politique américaine. Kushner et Witkoff ne sont pas des diplomates. Ils sont des intermédiaires privés dotés d’un accès présidentiel — ce qui est exactement la combinaison que les systèmes démocratiques ont appris, au prix de scandales répétés, à rendre impossible. Ici, elle est réactivée comme si les leçons n’avaient jamais existé.

Il y a quelque chose d’obscène dans l’image : pendant que des négociateurs iraniens formés à l’école de Khamenei, rompus à quarante ans de guérilla diplomatique, préparent leurs positions centimètre par centimètre — Trump envoie son gendre et son copain de golf. Pas par incompétence. Par conviction que les relations personnelles achètent ce que les institutions ne peuvent pas obtenir. Parfois ils ont raison. C’est ça le plus inquiétant.

Le Pakistan comme pivot : pourquoi Islamabad maintenant

Le Pakistan entretient des relations avec l’Iran qui n’ont aucun équivalent dans la région. Les deux pays partagent 900 kilomètres de frontière, une histoire d’échanges économiques souterrains que les sanctions américaines n’ont jamais totalement interrompus, et des canaux de communication discrets que ni Washington ni Téhéran ne reconnaissent officiellement. Islamabad a servi de messagerie informelle entre Washington et Téhéran au moins trois fois depuis 2015, selon des sources citées par Reuters en février 2024. Kushner et Witkoff ne vont pas au Pakistan pour négocier avec le Pakistan. Ils vont au Pakistan pour faire passer un message à l’Iran sans que le message soit traçable.

Et pourtant, ce détour géographique dit quelque chose que les communiqués officiels ne disent pas : les Américains ne croient plus à un accord direct avec Téhéran dans les semaines qui viennent. On passe par Islamabad parce qu’on sait que la porte frontale est condamnée. On cherche une fenêtre. Et quand on cherche une fenêtre sur un dossier nucléaire, la marge d’erreur est exactement zéro.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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