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Le verbatim qu’on n’arrive pas à oublier

Voici ce qu’a dit Donald Trump, selon les transcriptions confirmées par plusieurs agences présentes dans la salle : il a évoqué la guerre Iran-Irak comme « la pire » qu’il ait connue. Il a dit qu’il avait vu des photos. Il a dit que les corps étaient « déchirés en morceaux ». Il a parlé de « jambes ici, bras là-bas ». Il a fait le geste avec ses mains. Le geste qui montre la dispersion. Le geste qu’on ne fait pas devant un enfant de huit ans.

Et il a continué. Parce que ce n’est jamais une phrase isolée avec lui. C’est une spirale d’images. Il a comparé la situation au Moyen-Orient actuel. Il a dit que ce qu’il avait évité était pire que ce qui s’était passé entre l’Iran et l’Irak. Il a parlé de millions de morts potentiels. Et la petite fille au premier rang continuait de tenir son seau à bonbons en plastique orange.

Il y a une chose que les chroniqueurs hésitent à écrire parce qu’elle paraît trop simple. La voici quand même : un président normal ne fait pas ça. Un président normal, même en pleine pulsion narrative, voit les enfants devant lui et adapte son propos. Cette adaptation s’appelle l’empathie de base. C’est le minimum. Le seuil sous lequel on cesse d’être un adulte responsable. Et pourtant ce seuil a été franchi, en direct, devant des caméras, sans que rien ne se passe.

Pourquoi ces mots ne s’oublient pas

Les psychologues spécialisés en traumatisme infantile sont unanimes sur un point : les enfants de huit ans n’ont pas les outils cognitifs pour filtrer une description de violence extrême. Leur cerveau enregistre. Il stocke. Il revient la nuit. Bruce Perry, neuropsychiatre américain spécialiste de l’enfance traumatisée, l’a documenté dans des dizaines de publications : ce qu’on dit devant un enfant à cet âge devient matière à cauchemars pendant des semaines, parfois des mois.

La petite fille au premier rang ne va pas oublier. Elle va peut-être faire un cauchemar ce soir. Demain. La semaine prochaine. Elle va peut-être demander à sa mère, à un moment, ce que ça veut dire « bras éparpillés sur des kilomètres ». Et sa mère devra trouver une réponse. Une réponse qu’aucune mère n’a envie de fabriquer pour son enfant de huit ans.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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