L’histoire est sans cesse réécrite à mesure que de nouveaux éléments de preuve sont mis au jour, ce qui signifie que même les historiens les plus respectés commettent parfois des erreurs. Certains historiens se sont néanmoins forgé une réputation durable, car leurs méthodes, leurs sources et leurs conclusions se sont révélées remarquablement fiables. À l’inverse, d’autres se sont fait connaître pour des théories ou des affirmations qui se sont par la suite avérées profondément erronées. L’examen de ces deux groupes nous rappelle utilement qu’une bonne histoire ne repose pas seulement sur la narration, mais aussi sur des recherches minutieuses et la volonté de suivre les preuves où qu’elles mènent. Voici 10 grands historiens qui ont vu juste et 10 qui se sont complètement trompés.
1. Hérodote
Souvent surnommé le « père de l’histoire », Hérodote a recueilli des informations auprès de multiples sources plutôt que de se fier uniquement aux mythes. Si certains de ses récits étaient exagérés ou reposaient sur des témoignages de seconde main, bon nombre de ses descriptions des guerres médiques ont été corroborées par des preuves ultérieures. Ses efforts pour enquêter sur les causes et comparer les récits ont contribué à faire de l’histoire une discipline scientifique à part entière.
2. Thucydide
Thucydide a établi une nouvelle référence en matière d’exactitude historique dans son récit de la guerre du Péloponnèse. Il s’est concentré sur les témoignages oculaires, les motivations politiques et les réalités militaires plutôt que sur l’intervention divine. Les historiens modernes admirent encore aujourd’hui son attachement aux preuves et à l’analyse critique.
3. Ibn Khaldoun
Au XIVe siècle, Ibn Khaldoun a étudié les mécanismes qui régissent l’essor et le déclin des sociétés sous l’influence des forces économiques, politiques et sociales. Il a remis en question les sources peu fiables et a insisté sur la nécessité d’évaluer les affirmations avec un esprit critique. De nombreux chercheurs le considèrent comme un pionnier de l’analyse historique et sociale.
4. Leopold von Ranke
Ranke a révolutionné la recherche historique en insistant sur l’utilisation de sources primaires chaque fois que cela était possible. Son objectif, désormais célèbre, était de montrer le passé « tel qu’il s’est réellement déroulé » grâce à un examen minutieux des documents. Bien que les historiens reconnaissent aujourd’hui qu’une objectivité totale est impossible, ses méthodes ont considérablement amélioré la discipline.
5. Barbara Tuchman
Barbara Tuchman s’est fait connaître pour avoir su allier une recherche rigoureuse à une écriture captivante. Ses études sur la Première Guerre mondiale et l’Europe médiévale ont, dans l’ensemble, bien résisté à l’épreuve du temps. Elle a démontré qu’une histoire fidèle aux faits pouvait également séduire un large public.
6. Sir Steven Runciman
Les travaux de Runciman sur les croisades ont contribué à faire évoluer la perception de ce sujet, dépassant les récits simplistes opposant héros et méchants. Il a examiné les points de vue de différentes parties et s’est largement appuyé sur les sources disponibles. Bien que certaines de ses interprétations aient fait l’objet de débats, son travail de recherche reste très respecté.
7. Richard J. Evans
Richard Evans est largement reconnu pour ses études approfondies sur l’Allemagne moderne et le régime nazi. Son utilisation rigoureuse des sources a permis de corriger de nombreuses déformations et idées fausses en matière d’histoire. Il a également beaucoup écrit sur la manière dont les historiens évaluent les sources et parviennent à des conclusions fiables.
8. David McCullough
McCullough a été salué pour avoir rendu l’histoire américaine accessible sans pour autant sacrifier l’exactitude des faits. Ses biographies et ses études sur les grands événements s’appuyaient sur des recherches archivistiques approfondies. Grâce à son œuvre, de nombreux lecteurs ont acquis une meilleure compréhension de l’histoire.
9. Doris Kearns Goodwin
Les études de Goodwin sur les présidents américains sont réputées pour la rigueur de ses recherches et son approche équilibrée de personnalités complexes. Elle replace ces personnages dans le contexte plus large de leur époque plutôt que de les juger uniquement à l’aune des normes actuelles. Son travail a contribué à populariser la recherche historique sérieuse.
10. Mary Beard
Mary Beard est aujourd’hui l’une des historiennes de la Rome antique les plus respectées. Elle allie une expertise scientifique à une volonté de remettre en question les idées reçues lorsque les faits suggèrent le contraire. Ses travaux ont permis au public d’aujourd’hui de mieux comprendre les réalités du monde romain.
1. Geoffroy de Monmouth
L’histoire de la Grande-Bretagne écrite par Geoffrey au XIIe siècle a donné naissance à de nombreux récits célèbres, notamment des versions populaires du roi Arthur. Malheureusement, une grande partie de son ouvrage reposait sur des légendes plutôt que sur des preuves vérifiables. Bien qu’influente, cette œuvre n’est plus considérée aujourd’hui comme une source historique fiable.
2. Annius de Viterbe
Annius affirmait avoir découvert des documents anciens qui auraient révélé des détails tombés dans l’oubli concernant les premières civilisations. Les chercheurs ont fini par établir que ces documents étaient des faux. Son travail sert d’avertissement contre le risque d’accepter des preuves sensationnelles sans les vérifier.
3. James Macpherson
Macpherson publia ce qu’il présentait comme des traductions d’anciennes épopées écossaises écrites par un barde nommé Ossian. Des enquêtes menées par la suite ont révélé qu’il en était en grande partie l’auteur. Cette controverse est devenue l’un des canulars littéraires et historiques les plus célèbres du XVIIIe siècle.
4. Ignatius Donnelly
Donnelly affirmait que le continent perdu de l’Atlantide était à l’origine de nombreuses civilisations anciennes. Ses théories ont suscité un vif intérêt auprès du grand public, mais elles ne s’appuyaient sur aucune preuve archéologique crédible. La recherche scientifique moderne rejette ses conclusions.
5. Augustus Le Plongeon
Le Plongeon pensait que la civilisation maya était directement liée à l’Atlantide et à l’Égypte antique. Il fondait bon nombre de ses affirmations sur des interprétations fantaisistes plutôt que sur des preuves tangibles. Les découvertes archéologiques ont complètement réfuté ses théories.
6. Les théories historiques de Percy Fawcett
Bien que célèbre en tant qu’explorateur, Fawcett a défendu des croyances sans fondement concernant des civilisations avancées disparues, cachées en Amazonie. Ses théories ont captivé l’attention du public, mais n’étaient pas étayées par les preuves disponibles à l’époque. Les recherches menées par la suite n’ont pas permis de valider ses conclusions.
7. Immanuel Velikovsky
Photographe : Donna Foster Roizen
Velikovsky affirmait que les mouvements planétaires spectaculaires expliquaient les événements majeurs de l’histoire humaine. Ses idées entraient en contradiction avec des preuves bien établies issues de l’astronomie, de la géologie et de l’histoire.
8. Charles Hapgood
Hapgood a avancé l’hypothèse selon laquelle la croûte terrestre aurait subi un déplacement spectaculaire à une époque relativement récente, remodelant ainsi la civilisation. Bien que novatrice, cette théorie manquait de fondement géologique et n’a pas été acceptée par la communauté scientifique dominante.
9. Erich von Däniken
Von Däniken a avancé que de nombreuses réalisations de l’Antiquité étaient le fruit d’une intervention extraterrestre. Les historiens et les archéologues ont démontré à maintes reprises que les civilisations dont il parlait étaient tout à fait capables d’accomplir ces exploits par elles-mêmes.
10. David Rohl
Rohl s’est fait connaître pour avoir proposé une chronologie radicalement révisée de l’Égypte antique et du Proche-Orient. La plupart des spécialistes rejettent sa reconstitution, car elle est en contradiction avec de nombreuses preuves archéologiques et documentaires.