Skip to content

Les OFZ, thermomètre financier de la guerre

Les Obligations Fédérales Russes (OFZ) sont l’équivalent russe des bons du Trésor américains ou des OAT françaises. En temps normal, leur rendement reflète un taux sans risque majoré d’une légère prime pour le risque pays. Mais depuis juin 2026, ce rendement a explosé pour atteindre et dépasser 15 %. Pour mettre ce chiffre en perspective : un rendement de 15 % signifie que l’État russe doit promettre un intérêt de 150 roubles pour chaque 1000 roubles empruntés, chaque année. C’est le prix de la défiance.

La Moscow Times (édition russophone, dont les journalistes travaillent en exil) a documenté comment ces chutes d’obligations ont coïncidé précisément avec les annonces de hausse des dépenses militaires. Autrement dit : chaque fois que le Kremlin a signalé vouloir dépenser encore plus pour sa guerre, le marché a sanctionné immédiatement, vendant des titres et faisant monter les rendements. C’est un mécanisme de rétroaction dévastateur pour les finances publiques russes.

La spirale dette-guerre-inflation

Pour financer un déficit de 80 milliards de dollars et des dépenses militaires en hausse de plusieurs trillions de roubles, la Russie n’a que trois options : augmenter les impôts (politiquement suicidaire), imprimer de la monnaie (inflationniste) ou emprunter (de plus en plus coûteux). Elle fait les trois simultanément, avec les effets que l’on peut imaginer sur l’inflation intérieure, déjà supérieure à 9 % en 2025 selon le Fonds Monétaire International.

Le Kiel Institute, l’un des centres de recherche économique les plus respectés d’Europe, parle désormais d’«épuisement structurel» de l’économie russe. Le PIB du premier trimestre 2026 a reculé de 0,2 %, confirmant une contraction qui aurait été impensable dans les projections optimistes de Moscou. Le FMI a lui-même révisé sa prévision de croissance russe pour 2026 à seulement 0,8 %, contre des projections bien plus optimistes il y a un an.


Il y a quelque chose de profondément ironique dans la situation : l’économie russe avait résisté au choc initial des sanctions de 2022 précisément parce que les prix du pétrole étaient hauts. Mais en 2026, avec des prix plus bas et des dépenses militaires qui s’emballent, le modèle se fissure de l’intérieur. Poutine a construit une forteresse avec des murs en papier.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!

Commentaires

0 0 votes
Évaluation de l'article
Subscribe
Notify of
guest
0 Commentaires
Nouveaux
Anciens Les plus votés
Plus de contenu