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La Sibérie et l’Oural : les grandes oubliées

Les régions les plus touchées par cet endettement forcé sont aussi, sans surprise, celles qui sont les plus éloignées géographiquement et politiquement du centre de pouvoir moscovite. La Sibérie orientale — Irkoutsk, Omsk, Tomsk — et les régions de l’Oural — Tcheliabinsk, Ekaterinbourg, Perm — connaissent une dégradation de leurs services publics que des observateurs locaux décrivent comme la plus sévère depuis les années 1990. Des hôpitaux reportent des travaux de maintenance urgents. Des routes ne sont plus entretenues. Des projets d’infrastructure promis avant la guerre ont été silencieusement annulés.

Ces régions partagent un trait commun : elles ont fourni une proportion disproportionnée de recrues militaires pour la guerre en Ukraine. Les villes mono-industrielles de Sibérie, celles dont l’économie entière repose sur une seule usine ou une seule mine, sont aussi celles dont les jeunes hommes sont partis en masse — parfois volontairement pour les primes militaires, souvent sous la pression d’une mobilisation informelle exercée par les employeurs. Cette double ponction — humaine et financière — crée une combinaison explosive.

Le Caucase du Nord : une bombe à retardement différente

Le Caucase du Nord — Tchétchénie, Daguestan, Ossétie du Nord — présente un profil particulier. Ces républiques reçoivent depuis longtemps des subventions fédérales disproportionnées par rapport à leur contribution économique. Elles fonctionnaient comme des protectorats dont le loyalisme était acheté à prix fort. Mais la guerre a distordu même cet équilibre : la Tchétchénie de Ramzan Kadyrov continue de recevoir des fonds spéciaux pour l’effort de guerre, tandis que le Daguestan, secouée par des émeutes anti-mobilisation en 2022, reste sous surveillance étroite du FSB.

Ces régions illustrent un paradoxe russe : certaines entités sont trop dangereuses politiquement pour être soumises aux mêmes coupes que le reste du pays. Elles reçoivent donc un traitement préférentiel qui ne dépend pas de leur performance économique mais de leur potentiel de déstabilisation. Cette logique de gestion par la crainte, caractéristique du régime poutinien, survit à la guerre — mais elle coûte de plus en plus cher.


Il y a quelque chose de profondément symbolique dans le cas du Daguestan. C’est une région qui a protesté contre la mobilisation en 2022, qui a payé un tribut humain effroyable, et qui voit maintenant ses services publics se dégrader. Si un jour la résistance intérieure au régime prend une forme organisée, elle viendra probablement de ces régions-là, pas de l’opposition libérale moscovite.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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