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Des soldats, des munitions, de la légitimité

Du côté russe, le bilan de deux ans de traité est concret et documenté. En matière de ressources humaines, la Russie a reçu entre 10 000 et 15 000 soldats nord-coréens — une force qui a compensé en partie les pertes considérables de l’armée russe en Ukraine et permis de maintenir des effectifs sur des fronts multiples. Ces soldats ne sont pas une armée de substitution : ce sont des forces d’appui qui ont pris en charge certaines positions tout en libérant des unités russes pour d’autres missions.

Sur le plan des munitions, la Corée du Nord a fourni des millions d’obus d’artillerie de 152 mm et d’autres calibres compatibles avec les systèmes soviétiques hérités de l’armée russe. Cette fourniture a été significative à des moments où les lignes d’approvisionnement russes en munitions montraient des signes d’étirement. Les sanctions occidentales sur les exportations de munitions vers la Russie ont rendu ces alternatives nord-coréennes stratégiquement précieuses.

Une légitimité internationale inversée

Moins visible mais tout aussi réel : le traité a offert à Poutine une forme de légitimité internationale inversée. Face à l’isolement croissant de la Russie dans les forums occidentaux, la capacité de Moscou à construire et à maintenir des alliances avec d’autres États — même des États parias — démontre que la Russie n’est pas seule. Ce n’est pas de la reconnaissance des démocraties que Poutine cherche. C’est la preuve qu’un bloc alternatif existe, fonctionnel, capable d’agir. L’alliance avec Pyongyang, avec Téhéran (qui fournit des drones), avec Pékin (qui maintient ses exportations commerciales) — toutes ces relations forment un réseau que Moscou peut présenter comme son propre système d’alliances.

Pour la propagande intérieure russe, ce réseau est essentiel. Il permet à Poutine de présenter la guerre en Ukraine non comme une aventure isolée d’un État paria, mais comme la résistance d’un grand pays contre l’hégémonie occidentale, soutenue par d’autres «grands pays» qui refusent eux aussi de s’incliner. La Corée du Nord joue ce rôle rhétorique avec enthousiasme.


Poutine a besoin de la Corée du Nord autant pour la propagande que pour les munitions. Un dictateur isolé est un dictateur affaibli — pas militairement, mais politiquement. Avoir Kim Jong-un à ses côtés, c’est dire à ses compatriotes : «Voyez, le monde n’est pas entièrement contre nous. Les grandes puissances alternatives nous soutiennent.» C’est du récit. Et le récit, dans les autocraties, c’est la moitié du pouvoir.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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