La médecine du XIVe siècle peut nous paraître très étrange aujourd’hui, mais ceux qui ont rédigé ces recettes cherchaient à aider les malades et les blessés avec les connaissances dont ils disposaient. Ils pensaient que la douleur, le poison, la fertilité, le sommeil et la maladie étaient liés à des forces présentes à l’intérieur et autour du corps ; leurs traitements faisaient donc appel aux herbes, à l’alimentation, aux animaux, à la prière et à la chirurgie manuelle. Ces recettes ont été reprises dans des ouvrages médicaux de la fin du Moyen Âge en tant que conseils utiles, même si on ignore à quelle fréquence elles étaient mises en pratique. Voici 20 traitements qui montrent jusqu’où les guérisseurs étaient prêts à aller lorsqu’une personne avait besoin d’aide.
1. Des coqs vivants pour soigner les morsures de serpent
Ce remède contre les morsures de serpent ne faisait appel ni à une potion ni à un pansement. On pressait un coq vivant contre la morsure d’un homme, tandis qu’une poule vivante était utilisée pour une femme. Une variante de cette méthode consistait à laisser l’oiseau en place jusqu’à ce qu’il meure, censé emporter le poison avec lui.
2. De la bouse de taureau chaude pour soigner les morsures de singe
En cas de morsure de singe, on conseillait aux guérisseurs d’appliquer directement sur la plaie de la bouse de taureau tiède, en espérant que cela aiderait. Les instructions n’expliquent pas pourquoi, mais on ne peut que deviner à quel point cette méthode était inefficace.
3. Pansements à base de bouse de chèvre pour traiter les tumeurs
La bouse de chèvre était utilisée dans les traitements contre les tumeurs cancéreuses. Une recette consistait à la mélanger à du blanc d’œuf, tandis qu’une autre prévoyait de l’associer à de la farine d’orge et du vin rouge avant de faire bouillir le tout pour obtenir une pâte épaisse. Ce cataplasme était destiné à traiter une excroissance impossible à retirer.
4. La moelle de renard contre la teigne
La teigne était traitée à l’aide de sève de lierre, de moelle de renard et de résine blanche. Le mélange était appliqué sur la peau, ce qui évitait aux patients d’avoir à l’avaler. Les produits d’origine animale étaient courants dans les remèdes médiévaux, en particulier lorsque les guérisseurs estimaient qu’ils pouvaient aider l’organisme à lutter contre une affection.
5. Le vin et l'urine contre les vers
Les vers pouvaient donner lieu à des conseils peu ragoûtants. Un traitement consistait à faire boire au patient du vin mélangé à de l’urine à jeun. D’autres recettes faisaient appel à de l’écorce et à des plantes amères, ce qui semble préférable à la première option.
6. Une bougie à la jusquiame contre les vers dentaires
On attribuait parfois les maux de dents à de minuscules vers vivant à l’intérieur des dents abîmées ou cariées. On faisait brûler près de la bouche, au-dessus d’un bol d’eau froide, une bougie fabriquée à partir de suif de mouton et de graines de jusquiame. La chaleur était censée faire descendre les vers dans le bol.
7. Urine de bélier et bile d'anguille contre la surdité
Un problème auditif pouvait donner lieu à un traitement à base d’urine de bélier, de bile d’anguille et de sève de frêne. Ce mélange était appliqué dans l’oreille et sous les dents, et on pratiquait une cautérisation près de l’oreille et de la mâchoire. Ce n’était certainement pas une approche douce, même selon les normes de l’époque.
8. Des mouches écrasées pour soigner les morsures d'araignées
Les morsures d’araignées n’ont pas toujours été considérées comme dangereuses. Une recette indiquait qu’elles n’étaient venimeuses qu’à une certaine période de l’année, et l’on appliquait des mouches écrasées sur la morsure lorsqu’on soupçonnait la présence de venin. Ces mouches étaient censées extraire le mal de la plaie.
9. Graines de pavot cuites dans du vin pour lutter contre l'insomnie
Pour lutter contre l’insomnie, on conseillait à un patient de faire bouillir des graines de pavot dans du vin et de boire ce mélange. La recette promettait de favoriser le sommeil, mais elle ne précisait ni la quantité à boire ni la concentration souhaitée.
10. Les Sept Dormants sur la poignée d'un couteau
Une autre méthode pour favoriser le sommeil ne faisait appel ni à la nourriture ni à la boisson. Un guérisseur devait écrire les noms des Sept Dormants, des enfants issus d’une légende chrétienne et islamique, sur le manche d’un couteau, puis le placer sous la tête du patient à son insu. Il s’agissait d’un rituel intime destiné à apporter le repos.
11. Fumée de corne de chèvre et bile de chien contre la maladie de la chute
Pour soigner une maladie appelée « maladie des chutes », un guérisseur brûlait une corne de chèvre et faisait circuler la fumée autour de la tête du patient. On versait ensuite de la bile de chien dans la bouche de la personne avant qu’elle ne se lève. Selon cette recette, la maladie ne devait plus jamais réapparaître.
12. Des breloques en forme de pomme contre la fièvre tertiaire
Une maladie récurrente appelée « fièvre tertiaire » était traitée à l’aide de trois pommes réparties sur trois jours. Des formules sacrées différentes étaient inscrites sur chaque pomme, et le patient était censé guérir le troisième jour. La foi faisait partie intégrante des soins médicaux dans bon nombre de ces anciennes recettes.
13. Le safran, pour un bonheur durable
Le safran était recommandé aux personnes qui souhaitaient rester de bonne humeur en permanence. Ce conseil s’accompagnait d’une mise en garde : une consommation excessive de safran pouvait entraîner la mort par excès de bonheur. C’est l’une des promesses les plus étranges de ce recueil, et elle reste gravée dans les mémoires.
14. Poils de poitrine de lièvre pour traiter le prolapsus utérin
Le prolapsus utérin, décrit comme une « sortie » ou un « glissement » de l’utérus, était traité à l’aide de farine de blé, de neuf jaunes d’œufs, de miel et de fourrure provenant de la poitrine d’un lièvre. Le mélange était cuit sous la cendre, et on conseillait également à la patiente de boire le premier lait d’une vache après le vêlage. Il s’agissait d’un traitement long et minutieux destiné à une affection très grave.
15. Du cuir et du lait de chèvre pour les os du crâne d’un enfant
L’un des remèdes recommandait aux guérisseurs de faire bouillir du cuir dans du lait de chèvre jusqu’à ce qu’il fonde, puis de faire boire ce liquide à l’enfant. La bétonie était également mentionnée comme traitement destiné à redresser les os du crâne de l’enfant. L’article n’explique pas comment on était censé rendre cette boisson appétissante.
16. De l’eau de pissenlit pour le crâne d’une personne âgée
On prescrivait du pissenlit mélangé à de l’eau froide pour soigner un problème au niveau de l’os de la tête chez une personne âgée. La recette ne précise pas quelle affection elle était censée traiter ; on ignore donc la raison exacte de ce remède. Cela montre toutefois à quel point les gens faisaient confiance aux plantes communes.
17. Cautérisation du visage en cas de douleur oculaire
Les douleurs oculaires aiguës pouvaient être traitées par cautérisation autour du visage. L’une des méthodes consistait à appliquer des brûlures près du creux des sourcils, sur les joues et au niveau des tempes, tandis qu’une autre consistait à brûler la nuque pour soigner les yeux rouges et larmoyants. Les guérisseurs pensaient que les problèmes oculaires pouvaient être traités en agissant sur d’autres parties de la tête. Étonnamment, ils n’étaient pas loin de la vérité ; c’était plutôt la méthode qui était erronée.
18. Graisse de poulet et jus de fraise contre la cataracte
Une cataracte sèche a été traitée à l’aide de graisse de poulet, de beurre de mai et de jus de fraise. Le mélange était conservé dans une corne et appliqué sur les yeux et les paupières avant le coucher. Cela semble plus simple à mettre en œuvre que la cautérisation, même si l’on espérait tout de même obtenir une guérison complète.
19. Beurre aux champignons contre la gale
La gale, appelée « scab », était traitée à l’aide de champignons et de beurre. On pilait ces ingrédients ensemble, on les faisait bouillir, on les filtrait à travers un tissu, puis on appliquait le mélange sur la peau. C’est l’un des rares remèdes de cette liste dont les ingrédients de base se trouvent dans une cuisine ordinaire.
20. Opération des calculs vésicaux à l'aide d'un bâton, de bains et de jeûne
L’opération des calculs vésicaux était le traitement le plus brutal de cette collection. Le patient était attaché autour d’un bâton, soulevé par les hanches, incisé du côté gauche de ses parties génitales, plongé dans des bains d’eau, puis laissé sans nourriture ni boisson pendant l’examen de la plaie. Il s’agissait d’une réponse radicale à une affection pouvant provoquer une douleur intense.