Plus de 1,4 milliard de dollars issus des cryptomonnaies
Le poste le plus spectaculaire de cette divulgation reste, sans conteste, les revenus liés aux cryptomonnaies: Donald Trump a déclaré plus de 1,4 milliard de dollars de revenus provenant de ses ventures numériques en 2025, selon Reuters. Ce chiffre inclut environ 580 millions de dollars liés à World Liberty Financial, l’entreprise cofondée par les fils du président, qui émet le jeton de gouvernance WLFI et le stablecoin USD1.
Le président a également déclaré avoir touché 635 millions de dollars en redevances liées aux « Celebration Coins », une entité rattachée à CIC Digital LLC, la structure d’affaires derrière son memecoin $TRUMP, selon NBC News. Au total, les revenus cryptographiques du président ont presque triplé ceux générés par l’ensemble de son empire de golfs et de resorts.
Une entreprise familiale qui échappe à tout contrôle indépendant
Aucun représentant de la Trump Organization n’a répondu aux demandes de commentaires concernant l’entité « Celebration Coins », dont NBC News rapporte n’avoir trouvé aucune trace numérique publique. Une lettre de sénateurs démocrates évoque par ailleurs une société baptisée « Celebration Cards », enregistrée dans le Wyoming, devenu un pôle majeur pour l’industrie des cryptomonnaies, qui aurait facilité une conférence crypto tenue à Mar-a-Lago en avril 2026.
Cette opacité structurelle, documentée noir sur blanc dans le rapport officiel, illustre un problème plus vaste: la régulation des cryptomonnaies, assouplie sous l’impulsion même de Donald Trump depuis son retour au pouvoir, profite directement et de manière disproportionnée à ses propres entreprises familiales.
Je trouve proprement vertigineux qu’un président puisse à la fois façonner la politique réglementaire des cryptomonnaies et empocher plus d’un milliard de dollars grâce à cette même industrie, sans qu’aucun mécanisme de contrôle indépendant ne vienne sérieusement questionner cette convergence d’intérêts.
Mar-a-Lago, vitrine dorée d'un pouvoir monétisé
Une cotisation d’un million de dollars pour entrer dans le cercle
Selon une analyse détaillée de CNN présentée par la journaliste Alayna Treene, les frais d’adhésion à Mar-a-Lago ont grimpé jusqu’à 1 million de dollars, un montant qui transforme littéralement l’accès au président en produit commercial monnayable pour quiconque dispose des moyens financiers nécessaires. Le club, que Donald Trump a lui-même surnommé la « Maison-Blanche d’hiver », continue formellement de lui appartenir alors même qu’il y exerce des fonctions présidentielles.
Cette situation, unique dans l’histoire moderne de la présidence américaine, signifie concrètement que des lobbyistes, des dirigeants d’entreprise ou des gouvernements étrangers peuvent, moyennant finance, obtenir un accès privilégié à l’entourage immédiat du chef de l’exécutif américain.
Un gala crypto qui symbolise la fusion des genres
En avril 2026, Donald Trump a personnellement animé un gala à Mar-a-Lago destiné aux plus gros acheteurs de son memecoin $TRUMP, prononçant un discours principal et participant à un toast au champagne, selon les informations rapportées par CNN. Cet événement, organisé dans sa propre résidence officielle partielle, brouille davantage encore la frontière entre commerce privé, promotion personnelle et fonction présidentielle.
Le Comité national républicain (RNC) a par ailleurs dépensé plus d’un million de dollars à Mar-a-Lago et à Doral en 2025 et 2026 combinés, un détail qui illustre à quel point l’appareil politique du parti lui-même contribue, directement, à alimenter les revenus personnels du président.
Je juge qu’un gala présidentiel organisé pour célébrer les plus gros acheteurs d’un memecoin portant le nom du président lui-même dépasse largement le simple mauvais goût: c’est la marchandisation pure et simple de la fonction présidentielle américaine.
Doral, le G20 et une coïncidence qui interroge
Un sommet mondial qui tombe, comme par hasard, chez Trump
Le Trump National Doral Golf Club doit accueillir en décembre 2026 le sommet du G20, réunissant les dirigeants des plus grandes puissances économiques mondiales, selon le Palm Beach Post. Cette décision, prise sous l’autorité de l’administration présidentielle elle-même, signifie que les gouvernements étrangers participants devront directement louer des espaces et des services dans une propriété appartenant personnellement au président américain qu’ils viendront rencontrer.
Un tel arrangement aurait, dans n’importe quelle autre démocratie occidentale, déclenché une enquête déontologique immédiate; aux États-Unis, il est présenté par la Maison-Blanche comme une simple décision logistique parmi d’autres.
Des revenus qui ont déjà bondi avant même l’annonce du sommet
Le club de Doral a également accueilli en mars 2026 une retraite des élus républicains de la Chambre des représentants, ainsi que le tournoi de la Cadillac Championship du circuit PGA Tour en mai, deux événements qui ont contribué à la hausse de revenus déjà enregistrée avant même la confirmation officielle du sommet du G20. Le club de golf voisin de West Palm Beach, propriété également du président, a vu ses revenus bondir de 27 % sur la même période.
Cette accumulation d’événements officiels et quasi officiels dans des propriétés appartenant personnellement au président dessine un schéma répétitif difficile à qualifier autrement que de monétisation systématique de la proximité présidentielle.
Je considère que faire coïncider un sommet du G20 avec sa propre propriété privée n’est pas une coïncidence malheureuse: c’est un choix, assumé, qui transforme une rencontre diplomatique mondiale en source de revenus personnels pour le président hôte.
La Maison-Blanche balaie les critiques d'un revers de main
« Ce sont d’autres personnes qui gèrent mon argent »
Face aux questions soulevées par cette divulgation, Donald Trump a répondu que des fonds extérieurs « gèrent son argent », une défense reprise par CNBC qui vise à établir une distance formelle entre le président et la gestion quotidienne de ses actifs. Cette explication n’a toutefois convaincu ni les experts en éthique gouvernementale ni les élus démocrates qui suivent ce dossier depuis le début du second mandat.
La Maison-Blanche a par ailleurs nié systématiquement tout conflit d’intérêts, une position qu’elle avait déjà défendue lors de la publication du précédent rapport de divulgation partiel en mai 2026, qui couvrait uniquement les trois premiers mois de l’année et avait déjà soulevé des inquiétudes similaires.
Un précédent de mai 2026 qui annonçait déjà la tendance
Le rapport partiel publié en mai avait déjà mis en lumière une progression rapide des revenus cryptographiques du président, une tendance que la divulgation complète de juin confirme et amplifie considérablement. Cette continuité dans la trajectoire financière présidentielle démontre qu’il ne s’agit pas d’un phénomène ponctuel, mais d’une stratégie d’enrichissement structurée et soutenue tout au long du mandat.
Le Centre for American Progress, groupe de réflexion progressiste, tient d’ailleurs à jour un dossier intitulé « Trump’s Take » qui documente systématiquement chacun de ces développements financiers depuis le début du second mandat présidentiel.
Je note que la défense présidentielle consistant à dire que « d’autres gèrent son argent » ne résiste pas longtemps à l’examen: le président continue de fréquenter, promouvoir et animer personnellement des événements directement liés à ses propres sources de revenus.
Des sources de revenus tout aussi surprenantes que révélatrices
Montres, Bibles et parfums: le petit commerce présidentiel
Au-delà des cryptomonnaies et des golfs, la divulgation révèle une mosaïque étonnante de revenus accessoires: 4,7 millions de dollars issus de montres de marque Trump vendues jusqu’à 2 999 dollars pièce, 208 000 dollars provenant de Bibles commercialisées en partenariat avec le chanteur Lee Greenwood, et 67 631 dollars combinés issus de baskets et de parfums de marque présidentielle, selon le Palm Beach Post.
Ces montants, modestes comparés aux revenus cryptographiques ou immobiliers, n’en demeurent pas moins révélateurs d’une stratégie globale de marchandisation systématique du nom présidentiel, appliquée à pratiquement toutes les catégories de produits imaginables.
Près de 100 millions issus de règlements judiciaires contre les médias
Le président a également déclaré avoir empoché près de 100 millions de dollars provenant de règlements de poursuites judiciaires intentées contre des entreprises médiatiques et technologiques, incluant ABC, l’animateur George Stephanopoulos, CBS, Meta, YouTube et son dirigeant Sundar Pichai, selon NBC News. Ces règlements soulèvent une question distincte mais tout aussi préoccupante: celle de la capacité d’un président en exercice à extraire des compensations financières substantielles de géants technologiques et médiatiques qu’il régule simultanément par voie exécutive.
La première dame Melania Trump a, de son côté, déclaré plus de 10 millions de dollars issus de la vente des droits d’un documentaire consacré à sa vie, ajoutant une dimension familiale supplémentaire à cette accumulation de revenus liés à la notoriété présidentielle.
Je trouve significatif que même les règlements judiciaires contre des géants technologiques et médiatiques finissent par grossir la fortune personnelle du président: la ligne entre pouvoir exécutif et enrichissement privé n’a jamais semblé aussi ténue.
Ce que cela signifie pour la confiance démocratique américaine
Un dépassement historique jugé sans précédent
Selon le New York Times, Donald Trump a engrangé au moins 2 milliards de dollars depuis son retour à la Maison-Blanche, un chiffre qui dépasse largement tout ce qu’un président américain en exercice a jamais officiellement déclaré. Ce dépassement n’est pas simplement une anomalie statistique: il traduit une transformation structurelle de la manière dont la fonction présidentielle américaine peut désormais être exploitée à des fins financières personnelles.
Les experts en éthique gouvernementale, cités par plusieurs médias américains, s’accordent à dire que les mécanismes de contrôle existants, conçus pour une époque où les présidents séparaient clairement leurs intérêts d’affaires de leurs fonctions officielles, sont aujourd’hui manifestement inadaptés à cette nouvelle réalité.
Une érosion de la confiance qui dépasse le seul cas Trump
Cette situation, si elle demeure sans conséquence institutionnelle durable, pourrait établir un précédent dangereux pour les futurs occupants de la Maison-Blanche, quel que soit leur parti politique. La normalisation de la confusion entre intérêts privés et fonction publique au sommet de l’État américain fragilise la crédibilité même du système démocratique que les États-Unis prétendent incarner face à ses rivaux autoritaires.
Or, c’est précisément cette crédibilité démocratique occidentale que la Chine, la Russie et l’Iran exploitent activement dans leur propagande respective, présentant les démocraties occidentales comme tout aussi corrompues, sinon davantage, que leurs propres régimes autoritaires.
Je crains que chaque nouvelle révélation de ce type n’offre un argument gratuit aux régimes autoritaires rivaux de l’Occident, qui n’attendent que ces occasions pour relativiser leurs propres dérives en pointant du doigt les contradictions démocratiques américaines.
Une administration prise entre défense et déni
Aucune enquête indépendante sérieuse à l’horizon
Malgré l’ampleur des révélations, aucune enquête indépendante contraignante n’a été annoncée par les autorités fédérales américaines compétentes, un silence institutionnel qui contraste fortement avec l’intensité médiatique suscitée par cette divulgation financière. Le Congrès, actuellement sous contrôle largement favorable à l’administration, ne semble pas disposé à ouvrir une enquête formelle sur ces conflits d’intérêts documentés.
Cette absence de contre-pouvoir institutionnel effectif illustre une fragilisation plus large des mécanismes de responsabilisation présidentielle aux États-Unis, un phénomène que plusieurs constitutionnalistes américains dénoncent depuis le début du second mandat de Donald Trump.
Des élus démocrates qui multiplient les lettres sans effet
Des sénateurs démocrates ont adressé plusieurs lettres formelles concernant l’entité « Celebration Cards » et la conférence crypto tenue à Mar-a-Lago, sans toutefois obtenir de réponse substantielle de la part de l’administration ou de la Trump Organization. Cette absence de réponse, documentée par NBC News, illustre les limites structurelles du pouvoir de surveillance parlementaire lorsque la majorité politique protège activement l’exécutif en place.
Le Public Citizen, organisme de surveillance gouvernementale, a également documenté séparément l’ampleur des gains tirés par la famille présidentielle de World Liberty Financial, évoquant un « Conflict Coin » dont les ramifications financières et réglementaires demeurent largement sous-explorées par les institutions officielles.
Je considère que l’absence totale d’enquête institutionnelle sérieuse face à des révélations aussi documentées constitue, en soi, une défaillance démocratique presque aussi grave que les conflits d’intérêts qu’elle laisse prospérer sans contrôle.
Le précédent historique: comment Trump a changé les règles du jeu
Du premier mandat au second: une trajectoire d’accélération
Lors de son premier mandat, entre 2017 et 2020, Mar-a-Lago générait des revenus oscillant entre 20 et 25 millions de dollars annuellement, avant de chuter à 23 millions en raison de la pandémie de coronavirus. Le contraste avec les 77,5 millions déclarés pour 2025 illustre une accélération spectaculaire qui dépasse largement la simple inflation ou la reprise post-pandémique du secteur du tourisme de luxe.
Cette trajectoire ascendante démontre que le second mandat présidentiel a permis une monétisation nettement plus agressive et systématique de la marque personnelle du président, facilitée notamment par l’essor concomitant de l’industrie des cryptomonnaies qu’il a lui-même contribué à dérégler.
Une dérégulation crypto taillée sur mesure
Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a fait de l’assouplissement réglementaire des cryptomonnaies l’une des pierres angulaires de sa présidence, selon NBC News. Cette politique, présentée publiquement comme favorable à l’innovation technologique américaine face à la concurrence internationale, coïncide de façon troublante avec l’explosion des revenus personnels tirés par le président de ses propres ventures cryptographiques familiales.
Une enquête antérieure de Reuters avait par ailleurs révélé que l’empire cryptographique de la famille Trump avait déjà encaissé 2,3 milliards de dollars tout en infligeant des pertes quasiment équivalentes à des investisseurs particuliers, un déséquilibre qui alimente les accusations de conflit d’intérêts structurel.
Je pense que réguler une industrie tout en s’enrichissant personnellement et massivement grâce à elle constitue l’un des conflits d’intérêts les plus flagrants et les mieux documentés de l’histoire présidentielle américaine récente.
Ce que l'opposition démocrate peut réellement faire
Des outils juridiques limités mais pas inexistants
Malgré le contrôle républicain du Congrès, l’opposition démocrate conserve certains leviers, notamment le pouvoir de solliciter des auditions publiques, de multiplier les lettres formelles aux agences fédérales compétentes et de porter ce dossier devant l’opinion publique à l’approche des échéances électorales de mi-mandat. Ces outils, bien que limités dans leur portée immédiate, permettent de maintenir une pression politique constante sur l’administration.
Certains constitutionnalistes évoquent également la possibilité de recours devant les tribunaux fondés sur la clause d’incompatibilité (Emoluments Clause) de la Constitution américaine, bien que la jurisprudence récente rende ce type de recours juridiquement incertain et politiquement complexe à mener à terme.
Une bataille qui se jouera aussi dans l’opinion publique
Au-delà des recours institutionnels, cette divulgation financière pourrait peser dans le débat public américain, particulièrement si les prix à la consommation ou les difficultés économiques ordinaires des ménages continuent de contraster avec l’enrichissement spectaculaire documenté du président. Cette dissonance entre le discours populiste présidentiel et la réalité de son propre enrichissement personnel constitue un angle d’attaque politique évident pour ses adversaires.
Les sondages à venir permettront de mesurer si cette révélation entame réellement la confiance d’une partie de l’électorat qui avait initialement soutenu Donald Trump sur la base d’un discours anti-élites et anti-corruption institutionnelle.
Je crois que la véritable sanction de cette affaire, faute de contre-pouvoir institutionnel efficace, se jouera avant tout dans l’opinion publique américaine, particulièrement si le contraste entre discours populiste et enrichissement personnel devient trop criant pour être ignoré.
Le regard des alliés occidentaux sur ce dossier
Une image écornée qui complique la diplomatie
Les partenaires européens des États-Unis, déjà confrontés à un climat transatlantique tendu sur plusieurs dossiers commerciaux et sécuritaires, observent ces révélations avec un embarras certain. Une telle exposition médiatique de conflits d’intérêts présidentiels complique la capacité de Washington à se positionner en modèle de gouvernance transparente face aux régimes autoritaires que l’Occident cherche collectivement à contenir.
Cette situation n’est cependant pas nouvelle: plusieurs dirigeants occidentaux ont appris, depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, à compartimenter leurs relations diplomatiques stratégiques des controverses internes américaines, une adaptation pragmatique dictée par la nécessité de maintenir la cohésion transatlantique face aux menaces communes.
Le sommet du G20 à Doral, un symbole à double tranchant
La tenue du sommet du G20 à Doral en décembre 2026 place les dirigeants du monde entier dans une position délicate: participer à un événement diplomatique majeur organisé dans une propriété privée du président américain, tout en sachant que cette décision alimente directement l’enrichissement personnel de leur hôte. Plusieurs délégations pourraient chercher à minimiser leur exposition médiatique sur ce point précis, sans pour autant remettre en question leur participation au sommet lui-même.
Ce dilemme diplomatique illustre, une fois de plus, la manière dont les intérêts commerciaux personnels du président américain s’immiscent désormais jusque dans l’agencement des grands rendez-vous multilatéraux mondiaux.
Je pense que forcer des dirigeants étrangers à composer diplomatiquement avec les intérêts commerciaux personnels de leur hôte présidentiel américain est révélateur d’une dérive que l’Occident, gardien historique de la gouvernance transparente, ne peut pas se permettre de normaliser durablement.
Pourquoi ce dossier restera un test pour la démocratie américaine
Un précédent qui dépassera largement Donald Trump
Indépendamment du jugement politique que l’on porte sur Donald Trump personnellement, ce dossier soulève une question institutionnelle fondamentale: les États-Unis disposent-ils encore de mécanismes suffisamment robustes pour empêcher qu’un futur président, de n’importe quel parti politique, ne reproduise ou n’amplifie ce modèle de monétisation présidentielle systématique?
Cette question dépasse largement le cadre partisan habituel: elle touche directement à la crédibilité structurelle du système démocratique américain, à un moment où cette crédibilité constitue justement l’un des principaux arguments de l’Occident face à la propagande des régimes autoritaires rivaux.
Une vigilance citoyenne et journalistique plus nécessaire que jamais
Face à l’inertie institutionnelle documentée dans ce dossier, la vigilance citoyenne, journalistique et associative apparaît comme le principal rempart restant contre une normalisation durable de ces pratiques. Les organismes de surveillance comme le Centre for American Progress ou Public Citizen jouent, à cet égard, un rôle de contre-pouvoir informel devenu indispensable en l’absence d’action parlementaire ou judiciaire décisive.
Cette vigilance, aussi imparfaite soit-elle comparée à un véritable contrôle institutionnel contraignant, demeure la meilleure garantie actuelle que ce dossier ne sombre pas purement et simplement dans l’oubli médiatique au fil des prochains cycles d’actualité.
Je reste convaincu que la pression journalistique et citoyenne, bien qu’imparfaite face à l’inertie institutionnelle actuelle, demeure notre meilleur outil collectif pour empêcher que ce type de conflit d’intérêts présidentiel ne devienne la nouvelle norme silencieuse de la gouvernance américaine.
Le silence embarrassé des grandes plateformes technologiques
Des géants du numérique qui préfèrent regarder ailleurs
Les grandes entreprises technologiques américaines, dont plusieurs ont directement versé des règlements financiers substantiels au président dans le cadre de poursuites judiciaires, se gardent bien de commenter publiquement cette divulgation financière. Meta, YouTube et sa maison mère Google ont préféré le silence plutôt que d’attirer davantage l’attention sur des règlements dont le bien-fondé juridique demeure contesté par plusieurs observateurs indépendants du secteur.
Ce silence collectif, documenté par l’absence de réaction publique substantielle de ces entreprises, illustre la prudence calculée d’acteurs économiques qui préfèrent éviter tout affrontement frontal avec une administration disposant d’un pouvoir réglementaire considérable sur leurs activités futures.
Une dépendance mutuelle qui inquiète les défenseurs de la concurrence
Plusieurs analystes spécialisés en droit de la concurrence estiment que cette dynamique de règlements financiers, combinée au pouvoir réglementaire présidentiel sur les mêmes entreprises, crée une forme de dépendance mutuelle malsaine entre Washington et la Silicon Valley. Cette dépendance risque, à terme, de fragiliser davantage encore l’indépendance réglementaire nécessaire à une concurrence économique saine aux États-Unis.
Le précédent ainsi établi pourrait inciter de futures administrations, indépendamment de leur couleur politique, à reproduire ce modèle de pression financière informelle sur les grandes entreprises technologiques du pays.
Je trouve révélateur que les géants technologiques américains, pourtant habituellement prompts à défendre publiquement leurs positions, choisissent unanimement le silence face à ce dossier: cette prudence en dit long sur le rapport de force réel qui s’est installé entre Washington et la Silicon Valley.
L'ombre portée sur les prochaines élections de mi-mandat
Un dossier que les stratèges électoraux surveillent de près
À l’approche des élections de mi-mandat américaines, les stratèges des deux partis politiques surveillent attentivement l’évolution de l’opinion publique face à ce dossier financier présidentiel. Les démocrates y voient un angle d’attaque potentiellement efficace, tandis que certains stratèges républicains s’inquiètent en privé de l’impact possible sur l’électorat modéré, particulièrement sensible aux enjeux d’intégrité gouvernementale.
Cette bataille de perception, encore incertaine dans son issue, pourrait déterminer si cette divulgation financière laisse une trace politique durable ou si elle s’évapore, comme d’autres controverses avant elle, dans le cycle médiatique rapide qui caractérise le paysage informationnel américain contemporain.
Une opinion publique divisée mais attentive
Les sondages préliminaires cités par plusieurs médias américains suggèrent une opinion publique divisée selon des lignes largement partisanes préexistantes, avec toutefois un segment significatif d’électeurs indépendants qui se disent préoccupés par l’ampleur des chiffres révélés. Ce segment d’électeurs indécis pourrait s’avérer déterminant dans plusieurs circonscriptions disputées lors du prochain scrutin de mi-mandat.
La capacité de l’opposition démocrate à transformer cette préoccupation diffuse en mobilisation électorale concrète reste, à ce stade, une inconnue majeure qui déterminera largement l’impact politique réel de cette affaire financière présidentielle.
Je pense que l’issue politique de ce dossier se jouera moins sur les faits eux-mêmes, déjà solidement établis, que sur la capacité de l’opposition à transformer l’indignation diffuse en mobilisation électorale concrète avant les élections de mi-mandat.
Conclusion : un mal nécessaire dont les dérives ne doivent pas être passées sous silence
Reconnaître la fonction sans excuser les dérives
Je maintiens, comme chroniqueur attaché à la cohésion occidentale face aux régimes autoritaires rivaux, que Donald Trump demeure, sur plusieurs dossiers géopolitiques et sécuritaires majeurs, un acteur nécessaire à la fermeté occidentale face à la Chine, la Russie, l’Iran et la Corée du Nord. Mais cette reconnaissance ne saurait en aucun cas justifier un silence complaisant face à des conflits d’intérêts domestiques aussi documentés et aussi flagrants que ceux révélés par cette divulgation financière.
La fermeté géopolitique et la probité démocratique interne ne devraient jamais s’exclure mutuellement, et c’est précisément cette dissociation dangereuse que ce dossier Mar-a-Lago met crûment en lumière pour quiconque accepte de le regarder sans complaisance partisane.
Un signal d’alarme que l’Occident ne peut ignorer
Cette affaire dépasse la seule personne de Donald Trump: elle interroge la capacité structurelle des démocraties occidentales à maintenir des standards de transparence gouvernementale crédibles, au moment précis où ces standards constituent l’un de nos principaux arguments moraux face aux régimes autoritaires qui nous observent, prêts à exploiter la moindre incohérence pour justifier leurs propres dérives.
Il appartient désormais aux institutions américaines, à l’opinion publique et à la presse indépendante de déterminer si ce dossier restera un simple épisode médiatique passager, ou s’il deviendra le déclencheur d’une réforme structurelle attendue depuis trop longtemps sur l’encadrement des intérêts financiers présidentiels.
Je referme cette analyse convaincu qu’un Occident crédible face à ses rivaux autoritaires doit être capable de dénoncer ses propres dérives internes avec la même fermeté qu’il réserve aux abus étrangers, sans quoi son autorité morale finira par sonner creux.
Signé Jacques Pj Provost, chroniqueur
Sources
Sources primaires
Trump’s annual financial disclosure show millions in crypto income — CNBC, 30 juin 2026
Trump reports over $1.4 billion in income from crypto ventures — Reuters, 30 juin 2026
Sources secondaires
President Trump crypto income tops billion, financial disclosure reveals — Business Insider, 2026
Trump made $1 billion from crypto, financial disclosure shows — ABC7, 30 juin 2026
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