Imaginez-vous entrer dans une salle de classe en 1920. Au fond, une enseignante, un tableau noir recouvert de poussière de craie, et des enfants qui essaient de chuchoter sans se faire prendre ; certaines choses ne changent vraiment jamais. Mais en y regardant de plus près, vous commencerez à vous rendre compte à quel point les choses étaient différentes à l’époque. Le « nouveau » pouvait avoir quatre ans. Le « plus âgé », assis au pupitre d’à côté, pouvait approcher les 19 ans. Et si vous aviez besoin d’aller aux toilettes, vous deviez sortir, qu’il pleuve ou qu’il fasse beau. Dans l’Amérique rurale en particulier, une seule enseignante s’occupait souvent toute seule de toute l’école : tous les niveaux, toutes les matières, tous les élèves, dans une seule et même salle. Le quotidien qui en résultait tenait à la fois de la salle de classe, de la ferme et du camp d’entraînement. Voici 20 éléments qui faisaient qu’une journée d’école il y a 100 ans n’avait rien à voir avec celle d’aujourd’hui.
1. Partager une salle de classe
Oubliez les niveaux scolaires tels que nous les connaissons. Dans certaines écoles à classe unique, une fillette de quatre ans qui commençait tout juste à apprendre ses lettres était assise à quelques pieds d’un jeune de 19 ans qui travaillait sur des problèmes d’arithmétique avancée, et un seul enseignant devait veiller à ce que tous progressent en même temps. On ne séparait pas les enfants par âge ; il n’y avait que « l’école », et tout le monde y était ensemble.
2. Différents niveaux scolaires
Les bulletins scolaires n’étaient pas si simples non plus. Un élève pouvait maîtriser sans peine la lecture de niveau 3 tout en peinent encore sur les mathématiques ou l’éducation civique de niveau 1. Personne ne partait du principe que les compétences d’un enfant dans une matière permettaient de prédire ses compétences dans une autre. Chacun avançait à son propre rythme, matière par matière.
3. Concours d'orthographe par sexe
Les concours d’orthographe existaient bel et bien, mais avec une particularité : certains concours organisés en milieu rural opposaient une équipe composée uniquement de filles à une équipe composée uniquement de garçons. Il était certes important de trouver le mot correct, mais l’essentiel était de voir quelle équipe resterait en lice. Cela transformait un simple exercice de vocabulaire en quelque chose qui s’apparentait davantage à un match de rivalité.
4. Bureaux doubles et encriers
Ici, pas de chaises en plastique ni d’ordinateurs portables. Les enfants partageaient des pupitres doubles en bois équipés d’encriers en verre, disposés en rangées bien ordonnées face au professeur. Il était également courant que les garçons et les filles soient séparés par des rangées. Même le mobilier était conçu pour faire respecter l’ordre.
5. Le banc de récitation
Les cours n’étaient pas dispensés à toute la classe en même temps. Au lieu de cela, les enfants s’asseyaient sur un banc de récitation près du tableau et attendaient leur tour, ne se levant pour réciter un texte ou épeler un mot que lorsque leur classe était appelée. Tous les autres restaient à leur place et continuaient à travailler.
6. Ne parlez que lorsque vous avez la parole
Levez la main. Attendez qu’on vous donne la parole. Placez-vous debout à côté de votre pupitre. Répondez. Rassoyez-vous. Pas de bavardages, pas de raccourcis. Le protocole à respecter en classe était pour ainsi dire chorégraphié, et même une réponse d’un seul mot suivait à chaque fois le même schéma formel.
7. Mémorisation
Oubliez Google : il n’y avait rien à rechercher. Les enfants apprenaient par cœur des passages de lecture, des poèmes, des listes d’orthographe et des tables de multiplication jusqu’à ce qu’ils puissent les réciter couramment et sans hésitation. Il ne suffisait pas d’en saisir l’essentiel ; il fallait également respecter la formulation exacte.
8. Calligraphie
Les fournitures étant rares, l’ardoise et la craie faisaient office à la fois de cahier et de gomme. Lorsque l’encre et le papier faisaient enfin leur apparition, les exercices de calligraphie devenaient un véritable test de patience. Un seul tremblement de la main pouvait gâcher une page entière, et il n’y avait pas de papier de rechange.
9. Le calcul mental
Chaque problème de maths était résolu étape par étape sur papier, sur une ardoise ou au tableau noir. Il n’y avait bien sûr pas de calculatrices, mais pas non plus de raccourcis. Certaines écoles organisaient même des « concours de calcul », qui s’apparentaient en quelque sorte à des concours d’orthographe en mathématiques, où les élèves s’affrontaient pour résoudre des problèmes devant toute la classe.
10. Différentes matières
La journée scolaire ne se résumait pas à la lecture, à l’écriture et au calcul. Des cours de géographie, d’histoire, d’éducation civique, d’agriculture, de physiologie et d’hygiène faisaient également partie du programme. Dans de nombreuses écoles, on enseignait également aux enfants un rituel matinal composé d’exercices patriotiques et du serment d’allégeance, sans les mots « sous Dieu », qui n’avaient pas encore été ajoutés.
11. Toilettes extérieures
Pas de couloirs chauffés, pas de sanitaires intérieurs. Dans de nombreuses écoles rurales, aller aux toilettes impliquait de se rendre à des latrines extérieures séparées — une pour les garçons, une pour les filles — quel que soit le temps qu’il faisait dehors. Même une tempête de neige n’empêchait pas les élèves de faire ce trajet.
12. Approvisionnement en eau
Il n’y avait pas de fontaine où aller se désaltérer entre les cours. L’eau potable provenait d’un puits, d’une citerne ou d’un seau commun, et c’était souvent aux élèves qu’il incombait d’aller chercher des seaux d’eau dans une ferme voisine ou à un puits pour que la classe ait de quoi boire pendant la journée.
13. Balayer, ranger et entretenir le chauffage
La plupart des écoles à classe unique ne disposaient pas de personnel d’entretien, ce qui représentait un véritable luxe. Les élèves devaient donc mettre la main à la pâte : balayer les sols, ranger, transporter du bois de chauffage et alimenter le poêle ou la chaudière lorsque la température baissait. Assurer le bon fonctionnement de l’école était littéralement l’affaire de tous.
14. Ressources limitées
Pas d’électricité. Pas de plomberie intérieure. Pas de téléphone. Pas de bibliothèque bien fournie. Les salles de classe ne disposaient que de la lumière du jour qui filtrait par les fenêtres ouvertes, d’un tableau noir et de la poignée de livres que l’école possédait par hasard.
15. Trouver de quoi s'amuser pendant la récréation
La récréation ne se résumait pas aux balançoires et aux structures d’escalade. De nombreuses cours d’école ne disposaient que de très peu, voire d’aucun équipement de jeux. Les enfants inventaient alors leurs propres divertissements, avec des jeux comme « Suis le chef », qui transformaient un terrain vide en une après-midi de divertissement. C’était l’imagination qui faisait tout le travail.
16. Prenez la discipline au sérieux
Avec plusieurs niveaux scolaires entassés dans une même salle, l’ordre était une nécessité absolue. Les enseignants exigeaient le silence et l’obéissance, et certains faisaient respecter ces règles par des châtiments corporels, notamment à l’aide de baguettes ou de fessées. Les enfants savaient parfaitement ce que leur coûterait le non-respect des règles.
17. Concilier les études et le travail à la ferme
C’était le calendrier scolaire qui s’adaptait à celui de la ferme, et non l’inverse. Les périodes de semailles et de récoltes pouvaient raccourcir la durée de l’année scolaire, tandis que les corvées, les maladies et les routes impraticables rendaient l’assiduité scolaire imprévisible d’une semaine à l’autre. L’école devait tout simplement passer après les activités qui assuraient la subsistance de la famille.
18. « Boîtes » à déjeuner
À cette époque, les boîtes à repas n’étaient pas encore très répandues. Les enfants emportaient leur déjeuner dans n’importe quel récipient qui leur tombait sous la main, souvent un vieux seau à saindoux ou une boîte de sirop. Ce qui servait de repas à la maison un jour devenait le repas d’école du lendemain.
19. De 9 h à 16 h
La journée d’école était longue : de neuf heures du matin à quatre heures de l’après-midi, entrecoupée de deux récréations et d’une heure de pause déjeuner. Chaque niveau disposait de son propre créneau d’enseignement, tandis que les autres élèves travaillaient en silence ou attendaient leur tour.
20. Tenue scolaire
La mode était avant tout une question de fonctionnalité. Les garçons portaient généralement des salopettes à bretelles, des chemises en coton ou en flanelle, des casquettes et de solides chaussures de travail en cuir. Les filles portaient des robes en coton ou en laine qui s’arrêtaient juste en dessous du genou, associées à des collants en coton et à des chaussures en cuir à une seule bride.