Un héritage préhistorique qui façonne nos relations sociales actuelles

Bien avant l’invention des sorties en ville, des discussions de groupe sur smartphone ou des balades dans les centres commerciaux, l’amitié répondait à des impératifs vitaux. Les amis étaient simplement les personnes avec lesquelles on chassait, on cueillait et on coopérait quotidiennement afin de survivre au cœur d’une nature hostile.
Selon une étude publiée dans la revue scientifique Evolution and Human Behavior, les êtres humains modernes conserveraient ces préférences évolutives développées durant l’Âge de pierre. Nous serions ainsi automatiquement attirés par des personnes qui semblent posséder les qualités requises pour être de bons compagnons de caverne.
Si les amitiés véritables se consolident évidemment au fil du temps sous l’influence de la chimie personnelle, des centres d’intérêt partagés et des expériences communes, les auteurs de l’étude ont émis l’hypothèse que nos premières impressions restent profondément façonnées par nos besoins ancestraux.
Une expérience en tête-à-tête pour mesurer l’attraction sociale initiale

Pour vérifier l’idée selon laquelle nous conservons une attraction innée pour des individus compétents, forts et coopératifs, les chercheurs ont mis en place un protocole expérimental réunissant 156 étudiants universitaires. Ces derniers ont été associés par paires de même sexe avec des inconnus pour une interaction en tête-à-tête d’une durée de 30 minutes.
À l’issue de cet entretien, chaque participant a dû indiquer à quel point il souhaitait devenir ami avec l’autre personne. En parallèle, ils ont évalué leur interlocuteur sur plusieurs critères précis, tels que la prosocialité, la dominance physique et d’autres traits qui auraient été particulièrement bénéfiques à des chasseurs-cueilleurs de la Préhistoire.
Dans l’ensemble, les participants étaient nettement plus inclinés à se lier d’amitié avec des personnes perçues comme coopératives, dominantes, attirantes et jouissant d’un statut social élevé. Cela suggère que nos choix amicaux initiaux restent guidés par un besoin inné d’alliés susceptibles de nous aider à survivre dans un contexte préhistorique.
Des comportements distincts entre hommes et femmes face aux nouvelles rencontres

L’étude met également en lumière une différence intéressante entre les sexes lors des premières interactions sociales. Les résultats indiquent que les hommes étaient plus enclins que les femmes à vouloir partager leurs coordonnées avec leur nouvelle connaissance à la suite de la rencontre.
Selon les analyses des chercheurs, cette tendance pourrait refléter une socialité masculine renforcée au cours de l’évolution. Ce mécanisme aurait émergé pour faciliter la création de liens rapides avec des partenaires de chasse ou des compagnons de combat lors de conflits.
Cette prédisposition à nouer rapidement des alliances d’entraide montre à quel point les nécessités pratiques et sécuritaires du passé préhistorique continuent d’imprimer leur marque sur les comportements sociaux contemporains.
L’impact mesuré des stéréotypes préhistoriques face aux objectifs modernes

Dans le cadre d’une seconde expérience, les auteurs ont demandé à 444 personnes d’indiquer leur objectif de vie principal. Ensuite, ces participants ont évalué des photographies d’individus inconnus du même sexe en tant qu’amis potentiels. Un second groupe indépendant a quant à lui évalué ces mêmes clichés sur la base de caractéristiques liées à la productivité ancestrale.
Une fois de plus, les données ont révélé que les gens étaient davantage attirés par des amitiés avec des personnes semblant faire de bons chasseurs-cueilleurs. Ce constat s’est vérifié même lorsque ces qualités préhistoriques n’avaient aucun rapport avec les objectifs de vie réels déclarés par les sujets.
Une telle découverte indique que notre désir de nous lier avec quelqu’un n’est pas directement influencé par nos besoins actuels concrêts, mais bien par une attirance ancestrale envers des personnes taillées pour prospérer à l’Âge de pierre.
Un décalage flagrant entre nos esprits évolués et le monde moderne

De nos jours, le quotidien exige un ensemble de compétences totalement différent de celui de la Préhistoire. Une personne experte en programmation informatique peut s’avérer être un compagnon bien plus utile au quotidien qu’un individu doté d’une grande force musculaire.
En analysant ces observations, les chercheurs concluent que notre attirance continue pour des profils de type chasseur-cueilleur illustre un « décalage significatif entre nos esprits évolués et nos écologies actuelles ».
Ainsi, bien que nos modes de vie se soient profondément modernisés, notre cerveau continue de chercher des alliés capables de faire face aux périls de l’environnement préhistorique.
Selon la source : iflscience.com
Les gens sont plus enclins à devenir vos amis si vous semblez être un bon chasseur-cueilleur