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Le déclin alarmant de la biodiversité nocturne

credit : saviezvousque.net (image IA)

À l’échelle mondiale, environ 40 % des espèces d’insectes sont actuellement considérées comme en déclin et menacées d’extinction. Parmi les facteurs principaux de ce phénomène figurent la perte d’habitat naturel, la pollution ainsi que le changement climatique. L’éclairage artificiel issu des réverbères et des lampes de sécurité constitue également une menace majeure pour ces populations.

Les sources lumineuses artificielles posent un problème considérable aux insectes nocturnes tels que les papillons de nuit, les mouches et les coléoptères. Attirés par la lumière, beaucoup d’entre eux finissent par mourir d’épuisement après avoir tournoyé pendant des heures. De plus, ces éclairages désorientent les insectes volants et les détournent d’activités vitales comme la recherche de nourriture, la reproduction ou leurs déplacements naturels.

Une récente étude menée par une équipe du Leibniz Institute for the Analysis of Biodiversity Change en Allemagne et publiée dans la revue Biological Conservation par Carmen Ludreschl et ses collègues démontre qu’une modification simple des systèmes d’éclairage extérieur pourrait réduire l’impact de cette menace.

Une expérimentation grandeur nature en Allemagne

credit : saviezvousque.net (image IA)

Les scientifiques savaient déjà que certaines longueurs d’onde lumineuses s’avèrent moins attractives pour la faune insectoïde. Pour approfondir cette piste, les chercheurs ont testé trois types d’éclairages extérieurs afin d’évaluer précisément ceux qui attirent le moins d’insectes.

L’expérimentation s’est déroulée dans six gares ferroviaires rurales situées au cœur d’une réserve de ciel étoilé en Allemagne (German Dark Sky Reserve), une zone protégée où la lumière artificielle est minimisée afin de préserver l’obscurité naturelle. Les essais se sont étalés sur les saisons de terrain des années 2023 et 2024.

Au cours de cette recherche, différentes options d’éclairage commercial ont été comparées entre elles et confrontées à des sites témoins non éclairés. Afin de mesurer l’impact réel des installations, l’équipe a utilisé des pièges pour suivre le nombre d’insectes capturés, leur biomasse globale et la diversité des espèces observées.

Les LED ambrées révèlent une efficacité remarquable

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Les conclusions des travaux montrent un résultat incontestable. Selon les scientifiques de l’étude, « Les LED ambrées à 1800 K disponibles dans le commerce ont constamment attiré moins d’individus et d’espèces que les lampes à vapeur de sodium haute pression et les LED à 4000 K dans des conditions in situ tout au long de la période d’étude ».

En comparaison avec les lampes à vapeur de sodium à haute pression (HPS) et les LED blanc froid de 4000 K, les lumières ambrées chaudes de 1800 K ont permis de réduire le nombre total d’insectes capturés d’environ 39 % à 51 %.

De manière tout aussi significative, la biomasse totale des insectes piégés a diminué de 51 % à 77 % sous ces ampoules ambrées, confirmant la baisse drastique de la fréquentation des insectes autour des installations éclairées avec cette température de couleur.

Remise en question des idées reçues sur la lumière chaude

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L’étude a également révélé un point inattendu : les lampes à vapeur de sodium à haute pression se sont révélées tout aussi attractives pour les insectes que les LED blanc froid de 4000 K.

Ce constat remet directement en cause la croyance populaire selon laquelle n’importe quelle lumière d’apparence chaude serait automatiquement plus sûre pour la biodiversité nocturne. La nuance réside spécifiquement dans le spectre émis par les LED ambrées à 1800 K.

La distinction précise de la longueur d’onde s’avère donc essentielle pour concevoir des équipements d’éclairage public réellement adaptés à la préservation des espèces de faune nocturne.

Des compromis nécessaires pour la sauvegarde des espèces

credit : saviezvousque.net (image IA)

Bien que les LED à 1800 K représentent une nette amélioration, les chercheurs rappellent dans leur rapport qu’une source lumineuse conserve toujours un impact négatif comparé à l’absence totale de lumière. Comme l’indique l’article paru dans Biological Conservation, « Bien que la LED de 1800 K ait été la source lumineuse la moins attractive dans notre étude, elle a tout de même attiré plus d’arthropodes individuels et de total d’espèces que le témoin non éclairé ».

Cette solution constitue néanmoins un progrès concret. À la suite des conclusions apportées par ce travail de recherche, l’éclairage des quais de l’ensemble des six gares ferroviaires étudiées dans la réserve de ciel étoilé a été intégralement converti en LED ambrées à 1800 K.

Ce changement d’équipement apporte une réponse pragmatique pour concilier la sécurité des installations humaines et la réduction des nuisances sur les populations d’insectes.

Selon la source : phys.org

De simples lumières ambrées pourraient rendre les nuits plus sûres pour les insectes

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